‹ MonkChapitre 7 sur 88 · Â LONDRES · texte numérisé non relu

 LONDRES

Il retournait en Angleterre^ tranquille dans la confiance qu'il avait bien servi ceux dont il recevait les ordres, lorsqu'il rencontra à Bristol1 Cronrwell près de s'embarquer, et qui lui apprit le soulèvement qu'avait produit à Londres le bruit de son. accord avec O'Neil. ] La colère nationale et protestante avait éclaté avec une . énergie à laquelle il ne fallait pas même essayer de donner le change. Les Indépendants, à qui Monk avait obéi, bien loin de l'avouer, laissaient retomber sur lui l'orage, et," sans vouloir précisément le sacrifier à l'opinion, ils refusaient de s'exposer pour l'en défendre. A ces nouvelles, Monk ne s'indigna point, ne repoussa point le fardeau dont on se déchargeait sur lui, et continua sa route vers Londres, emportant, avec «quelques « sommes d'argent dont l'avait muni Cromwell, » des lettres pressantes pour les principaux meneurs.

Il les trouva peu disposés à compromettre, en l'appuyant vivement, le secret de leurs propres relations avec O'Neil. Dans le parti presbytérien, adversaire passionné des Indépendants, les hommes habiles, persuadés que Monk n'avait pas agi sans ordres, poursuivaient avec ardeur la découverte d'un fait si propre à décrier ceux qu'on pourrait convaincre d'y avoir

1 « Ainsi le racontent Gumble et Skinner, dit lord Wharncliff; mais comment cela aurait-il pu arriver ?Whitelocke (p. 415) parle de lettres (27 juillet 1649) qui disent que le colonel Mcnk a débarqué à Chester. D'autre part, Cromwell s'embarqua certainement à Milford. 11 y a probablement ici une méprise de Gumble copiée -par Skinner. »

participé. Monk, interrogé au conseil d'État et au parlement, prit tout sur lui, sans alléguer d'autre excuse que la nécessité. Les débats furent longs et violents à la chambre : quelqu'un proposa de remettre Monk à la Tour; un autre répondit qu'il serait plus sage de lui remettre la Tour. Cependant il fallait quelque satisfaction à l'opinion publique; il fallait détourner les soupçons d'alliance avec les papistes d'Irlande, leur cter du moins le droit de se produire. Le parti indépendant n'hésita point à se démentir lui-même, en laissant voter que « le gouvernement désapprouvait le « major général Monk d'avoir fait la paix avec le grand a et sanguinaire rebelle d'Irlande, Owen Row O'Neil, « et abhorrait toute participation à cet acte. » Mais, après ce petit triomphe permis à leurs adversaires, les Indépendants, soigneux aussi de ne pas décourager leurs amis, firent voter « que le parlement, persuadé « que le major général Monk n'avait eu en ceci d'autre « vue que l'avantage de la cause anglaise en Irlande, «le garantissait de toute poursuite ultérieure à cet « égard. » Monk avait compté sur des efforts plus sincères et plus décisifs; il fut vivement blessé de la tournure du débat, et des accusations qu'on avait laissé peser sur lui sans y répondre. Les hommes prudents pensèrent qu'on avait fait pour lui trop ou trop peu ; ils blâmèrent cette politique, qui avait été «de le « battre, dit Whitelocke, pour le caresser ensuite ; et

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