PAR LE PARLEMENT
quelques-uns croient, ajoute-t-il, qu'il ne Ta jamais
oublié. » On essaya aussi d'atténuer dans le public l'effet de cette malheureuse affaire : le parti indépendant fit imprimer les articles du traité de Monk avec O'Neil, en y joignant un exposé des raisons qui avaient déterminé Monk à le conclure ; mais le public soupçonnait la vérité^ et n'en fut que plus acharné à prononcer anathème contre tout partisan du parlement capable de traiter avec les ennemis exécrés des Anglais.
Vers cette époque, le frère aîné de Monk mourut d'une chute de cheval, ne laissant que des filles. Les biens de la famille échurent au major général, et sous son habile main, ils se relevèrent bientôt de leur décadence. Le pouvoir, à cette époque, jusque dans ses degrés les plus inférieurs, menait constamment à la richesse; nul service rendu au parti dominant ne demeurait sans salaire. On a beaucoup parlé de l'avidité de Monk, et surtout de son économie ; il ne paraît pas qu'on ait attaqué sa probité. Mais quand le gouvernement se charge de l'iniquité, la probité légale devient facile à ses agents ; et sans encourir aucune accusation, ni même aucun reproche, un commandant en chef de Farinée d'Irlande pouvait fort bien faire sa fortune, sinon aux dépens, du moins au milieu de soldats sans paye, sans chaussure, sans vêtements.
Cromwell, à la tête de la première armée que le parlement eût envoyée en Irlande, avait bientôt soumis