‹ MonkChapitre 77 sur 88 · MÉCONTENTEMENT DE L'ARMÉE · texte numérisé non relu

MÉCONTENTEMENT DE L'ARMÉE

domaines de la couronne. Et pour le retenir plus assidûment auprès du roi, on le nomma gentilhomme de la chambre.

Charles avait senti la nécessité de s'attacher fortement le seul homme en état de contenir l'armée, toujours sur pied, et de plus en plus mécontente. A travers le bruit des acclamations, la revue des troupes à Black-Heath avait offert un aspect peu rassurant. Ces vieux soldats, ces officiers de l'ancienne armée, dont le maintien glacé n'annonçait que l'obéissance, présentaient aux regards du roi une force immobile mais irréconciliable, et qui ne pouvait sortir de sa froideur que pour se tourner contre lui. En effet, ce calme apparent cachait une profonde colère que chaque jour devait aigrir encore. Une armée toujours victorieuse, et naguère maîtresse du pays, ne cédait qu'en frémissant la place à ce parti de vaincus qui reparaissait soudainement de tous côtés pour occuper' les premiers rangs. Elle se croyait humiliée, et se sentait dédaignée. L'orgueil aristocratique de cet essaim de royalistes, transformés par la restauration en gens de cour, repoussait dans l'obscurité les hommes qui avaient naguère obtenu ou espéré quelque éclat. Les manières libres et bruyantes des Cavaliers insultaient à laroideur un peu gauche des anciens officiers, embarrassés de leur situation, contenus par leurs habitudes ; et les désordres dont se faisait gloire une jeunesse licencieuse

Page 1