‹ MonkChapitre 80 sur 88 · RÉPUBLICAINE · texte numérisé non relu

RÉPUBLICAINE

gnation et une fermeté remarquables, il n'apaisa point l'amertume de leur cœur contre un chef qui les avait renonces avec tant d'éclat.

Après le licenciement de l'armée, Monk ne conserva plus d'autre influence que celle que lui pouvaient donner son aptitude aux affaires et un dévouement dont l'humble réserve rendait ses conseils aussi, commodes qu'ils pouvaient quelquefois être utiles. Durant les premiers temps, la connaissance qu'il avait des hommes et des choses contribua, autant que son pouvoir, à lui assurer une assez grande part dans le gouvernement ; et le secrétaire d'État Nicholas, homme d'affaires et depuis trente ans attaché à ses maîtres, disait : « Qu'indépendamment de la restauration, Monk, seu- « lement par les services qu'il avait rendus depuis, « méritait toutes les faveurs dont l'avait comblé le ce roi.» 11 ne se refusait à aucune preuve de dévouement. Mis au nombre des commissaires chargés de juger les régicides, il n'excita point, mais ne chercha point à tempérer la rigueur des poursuites, et coopéra peu de temps après à la condamnation du marquis d'Argyle, avec une odieuse abnégation de son propre honneur. Il n'aimait pas le marquis , dont l'intrigante habileté avait été constamment employée à troubler en Ecosse la paix de son administration; il l'avait plus d'une fois desservi auprès de Cromwell. Mais, entre ces deux hommes cauteleux, le soin mutuel de se nuire

paraissait rarement à découvert, et les lettres du marquis à Monk, en particulier, étaient pleines de protestations d'attachement au gouvernement du Protecteur. Lorsque après la restauration, en 1661, Argyle fat arrêté à Londres et reconduit en Ecosse pour y être jugé éomme prévenu de haute trahison, on l'accusa de participation à la mort de Charles 1er et d'une adhésion formelle et active au gouvernement de Cromwell. Les preuves ne paraissaient pas suffisantes ; le parti qui voulait perdre Argyle craignait de manquer sa victime. Les comtes de Glencairae et de Rothes se rendirent à Londres en toute diligence pour échauffer Monk et Clarendon sur cette affaire, et ôter au marquis l'appui que lui prêtait le comte de Lauderdale. Le parlement d'Ecosse était en séance pour le jugement, et sur le point de procéder aux débats, lorsqu'un coup rudement frappé à la porte annonça quelque messager important. C'était un courrier de Londres chargé d'un paquet pour le parlement. A l'empressement du messager, qui se trouvait d'ailleurs par hasard être du clan des Campbell, on crut qu'il apportait la grâce ou un sursis; mais le paquet ouvert, on y trouva les lettres d' Argyle à Monk, témoignage de l'insuffisance de la prudence humaine. Monk, sollicité de les livrer, avait voulu attendre qu'elles parussent absolument nécessaires, et a averti, dit-il, de ce qui manquait aux preu- « ves, » il s'était: hâté de les faire parvenir au parle-

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