‹ MonkChapitre 83 sur 88 · LA FLOTTE CONTRE LA HOLLANDE · texte numérisé non relu

LA FLOTTE CONTRE LA HOLLANDE

quelques jours secrète ; et dès qu'elle fut connue, dès qu'on le vit, avec sa tranquille et infatigable activité, surveiller les préparatifs de la campagne, agrès, vivres, munitions, les matelots vinrent s'offrir en foule, «bien « sûrs, disaient-ils, que l'honnête George prendrait soin « qu'ils fussent toujours bien nourris et exactement « payés. » La flotte mit en mer à la fin d'avril 1665, et un mois après , pendant trois jours consécutifs, Monk, d'abord seul, ensuite réuni au prince Robert, livra aux Hollandais, que commandait Ruyter, les plus violents combats que l'une et l'autre nation eussent jamais soutenus. L'issue en demeura douteuse, bien qu'à tout prendre plus défavorable aux Anglais qu'à leurs adversaires ; mais la bravoure de Monk s'y déploya avec un éclat qui saisit d'admiration, et même de quelque crainte, les spectateurs les plus rapprochés. A la première apparition de la flotte hollandaise, Monk n'avait autour de lui qu'une partie de la sienne, et quelquesuns des officiers ne semblaient pas exempts de doute sur les conséquences d'un brusque engagement : « Au « moins, dit-il, je suis sûr d'une chose, c'est que je « ne serai pas pris ; » et en le voyant charger et mettre dans sa poche un pistolet, « l'idée nous vint, dit le jeune duc de Buckingham, qui servait sur son bâti - « ment, que ce diable d'homme méditait de mettre le « feu à la soute aux poudres, s'il se trouvait en danger « de tomber entre les mains de l'ennemi : aussi nous

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« tînmes-nous constamment à ses côtés, formant entre « nous le plaisant complot de le jeter par-dessus le « bord, si nous le voyions près d'accomplir un pareil « dessein. »

Après quatre mois de campagne, il fallut pourtant se replier sur les côtes d'Angleterre, pour remettre en état la flotte délabrée, et Monk était à l'ancre dans la baie de Sainte-Hélène, près de Spithead, lorsqu'il reçut la nouvelle de l'effroyable incendie qui, le 2 septembre 1666, réduisit en cendres la Cité de Londres presque tout entière. Le roi, la cour, les magistrats, le peuple, tous étaient saisis dlépouvante et de stupeur : les plus absurdes soupçons, les bruits les plus étranges, circulaient et trouvaient créance sur les causes de ce désastre ; et au milieu des égarements d'imagination et de colère de la multitude, qui s'en prenait de tous ses maux à l'incurie ou à l'incapacité du Gouvernement, on entend ait dire : «Ah ! si le vieux George eût été ici, « la Cité ne serait pas brûlée ! » Le roi se hâta de le rappeler pour l'employer à réparer les effets de la catastrophe ; et l'année suivante, lorsque les Hollandais, qui avaient appris à mépriser, sinon le peuple anglais, du moins ses maîtres, vinrent faire à Chatham une descente, brûler dix-neuf vaisseaux et menacer Londres même, ce fut encore Monk qui partit sur-lechamp, à la tête de quelques compagnies, pour s'opposer à cette audacieuse agression. Les Hollandais se

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