‹ Monna VannaChapitre 22 sur 55 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

Il nous rendra notre meilleure armée et le seul capitaine que la victoire ait toujours couronné; et il nous permettra de rentrer dans Florence, la tête haute, au milieu de la pompe d’un triomphe qui fera de vos ennemis d’hier les plus fervents de vos admirateurs et de vos partisans...

PRINZIVALLE.

Vous avez dit tout ce que vous aviez à me dire?...

TRivhLzio.

A peu près; bien que j’aie passé sous silence l’affection très sincère qui, depuis que je vous connais, n’a fait que s’affermir en moi... Elle a su s’affermir malgré la situation difficile où nous mettent souvent des lois presque contradictoires, qui veulent que le pouvoir du général en chef soit parfois balancé, aux moments dangereux, par la mystérieuse puissance de Florence, dont je suis, en ce jour, l’humble représentant, parmi l’éclat des armes...

PRINZIVALLE.

L’ordre que voici, et que je viens de recevoir, est bien de votre main?...

Oui.

TRIVULZIO

PRINZIVALLE.

C’est bien votre écriture ?

TRIVULZIO

Incontestablement; pourquoi en doutez-vous?

PRINZIVALLE.

Et ces deux lettres-ci, les reconnaissez-vous?

TRIVULZIO

Peut-être... Je ne sais... Que contiennent-elles donc?. 11 me faudrait savoir...

PRINZIVALLE.

C’est inutile, je sais.

TRIVULZIO

Ce sont donc les deux lettres que vous avez interceptées comme je le désirais?... Je vois que l’épreuve était bonne.

PRINZIVALLE.

Vous n’avez pas affaire à un enfant. N’usons pas entre nous d’aussi misérables défaites, et ne prolongeons pas un entretien que j’ai hâte de finir, pour recevoir enfin une récompense qu’aucun triomphe dans Florence n’égalera jamais!... Vous dénoncez là tous mes actes, bassement, faussement, sans motif avouable, uniquement pour le plaisir de nuire, et pour fournir d’avance Fexcuse indispensable à l’avarice ingrate de Florence, qui craint une fois de plus que sa reconnaissance envers un niercenaire victorieux ne lui coûte

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