‹ Monnaies des nomes de l'EgypteChapitre 2 sur 27 · HAUTE-ÉGYPTE · texte numérisé non relu

HAUTE-ÉGYPTE

OMBITES.

Iæ nome Ombites a succédé à l'ancien nome de

To À7ieit.s,«La Nubie »,dont le chef-lieu était àÉléphantine,

1 Berlincr Bldtter für Siünzkunde. Friedlâuder (t. IV, p. 29, 1868) pour les nomes Oxyrynchiles t JUemphUes et Sebennyles.

* Abréviations employées dans notre travail : Æ. 1. = Grand bronze. — jfc. 3. = Petit-bronze de 3 e grandeur. — Æ. 4. = Petit-bronze de 4* grandeur. — = Cabinet des Médailles de la Bibliothèque.

et qui comprenait Ombos dans ses limites. La divinité principale du nome était alors Khnum, le dieu à tète de bé-

lier, le Chnouphis des (ïrecs. A l’époque romaine

Nubi, en copte JU.&UI , en grec Ombos , devint à son tour chef-lieu du nome, et le dieu d’Ombos remplaça dans son rôle protecteur celui d’Eléphantine.

Le temple d’Ombos, dont les ruines subsistent encore, semble avoir été divisé en deux parties pour le culte; l’une était consacrée à Har-uer, c’est-à-dire Jlorus-le-grand, l’^rouerû des Grecs, et l’autre à Sebel;, le dieu à tôle de crocodile. La présence simultanée de ces deux divinités avait étonné les archéologues, car le crocodile étant d’habitude l’emblème du dieu Set, l’antagoniste d’Horus, il semblait étrange que des hommages fussent rendus, dans un môme temple, à ces deux divinités rivales. Un papyrus du musée de Boulaq 1 est venu donner l'explication de ce rapprochement : ce papyrus est une sorte de description du pays, qui renfermait le fameux lac Mœris, aujourd’hui le Fayourn : il traite de la formation, de la géographie et de la religion de cette contrée, où le dieu à tète de crocodile est aussi l’objet d’un culte particulier. Or, les légendes de ce papyrus disent positivement que le dieu Sebek n’était là qu’une forme spéciale d’Horus lui-même; il y est nommé d’ailleurs Sebek-ra , c’est-à-dire Sebek-soleil, ce qui ne pouvait s’appliquer à Sel-Typhou, l’ennemi d’ilorus. Ceci nous explique pourquoi à Ombos on rendait hommage dans le temple à Har-uer et à Sebel;; il n’y avait là que deux formes d’Horus et non deux divinités distinctes, comme on l’avait cru jusqu’ici.

* Mariette, Pap. de Boulant II.

1. « Personnage en costume militaire, coiffé àuskhent', a tenant la liaste de la main droite; à ses pieds, un croco- « dile. » Trajan. Æ. 1. (Mionnet.)

2. « Personnage debout, en costume militaire, tenant « la haste de la main droite-, sur la gauche, un crocodile. » Hadrien. Æ. 3. (C.M.).V. PI. 1, n"l.

3. « Crocodile passant à droite; sur la tête, le disque du k soleil. » Hadrien. Æ. h. (C.M.)

Le personnage en costume militaire est Aroueris ou Horusle-grand, ainsi représenté en souvenir de ses campagnes victorieuses contre Set et ses partisans. Le crocodile rappelle la seconde forme sous laquelle le même dieu était vénéré à Ombos. Le disque du soleil, qui s’aperçoit sur la tête du crocodile, assure l’assimilation avec Sebek-ra, c’està-dire « Sebek -soleil » ou Horus.

APOLIOMOPOLITES.

chef -lieu : 7 tb,

devenu en copte d’où le nom moderne d’Edfou.

C’est la même ville qu’Apollonopolis magna. Edfou semble être, de toutes les localités d'Egypte, celle où le culte d’Horus était le plus en honneur. Ce dieu, assimilé à Apollon, à cause de son rôle de divinité solaire, y formait avec Hathor

Nome ancien

Tts-hor ,

1 Nous ne donnerons In description que des revers de ces monnaies, non* contentant de nommer l’empereur dont la tôte est représentée nu droit.

* Le skhenl est le double diadème ^ qui réunit les couronnes de la Haute et de la Busae-Kgyptc.

et leur fils Har-sam-to la triade en vénération. Dans ce nome, la mythologie égyptienne plaçait un de ces combats légendaires entre Horus et Set. On en retrouve, en effet, à chaque instant le souvenir dans les textes géographiques qui s’y rapportent '. •

1. « Personnage debout en costume militaire, tenant la « haste de la main gauche ; sur la droite, un épervier coiffé « du skhenl; sur sa tête, le disque du soleil entre les a cornes. » Trajan. JE. 1. (Cf. Tôchon, p. 55.)

Ilorus, le dieu d’Edfou, est ici vêtu en Mars par allusion à ses campagnes et particulièrement en souvenir de la victoire qu’il avait remportée dans ce nome sur Set et ses partisans. — L' épervier, comme on le sait, est le symbole du dieu Horus ; il est couronné du double diadème pour montrer qu’ Edfou est bien le centre de sa royauté. Comme toutes les divinités solaires, Horus porte sur sa tête le disque du soleil entre les cornes.

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