‹ Monnaies féodales de France (volume 2)Chapitre 255 sur 283 · BOURBON · texte numérisé non relu

BOURBON

Nous avons vu précédemment , en analysant la charte par laquelle Hugues-Capet concéda le droit monétaire aux prieurs de Souvigny, que les sires de Bourbon étaient exclus de ce droit. Comme nous possédons des monnaies qui leur appartiennent, il est évident qu'ils ont empiété sur les prérogatives des prieurs. Si Ton ne trouve pas dans les chartes de mention de leur monnayage , il faut en conclure , ainsi que l'avance H. de Soultrait, qu'il était illégal. C'est à partir du xm e siècle que ce numismatiste place les premières émissions résultant de cet empiétement.

Changeant un peu l'ordre de classement adopté jusqu'ici , M. de Soultrait établit que le premier type employé par les sires de Bourbon a été l'imitation des monnaies anonymes de Nevers. Je ne partage pas son opinion et suis amené à cette scission d'idées par l'examen d'un denier que ce numismatiste n'a pas connu et qui , quoique frappé dans la dernière moitié du xiii 6 siècle, a le même type que celui des pièces que H. de Soultrait veut placer en tête du monnayage de Bourbon. Néanmoins, comme l'empreinte des rares deniers que nous possédons en dehors du type nivernais prouve jusqu'à l'évidence que ce monnayage fut tout à fait exceptionnel et de peu de durée , il devient difficile de leur donner une place certaine , et peut-être faut-il conclure de cette variation de type qu'il y a eu seulement un changement d'atelier. Rien ne s'opposerait alors à ce que l'empreinte nivernaise ait été employée par les sires de Bourbon pendant toute la durée de leur monnayage, sauf à intercaler où l'on voudra les deux types exceptionnels.

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