LOUIS-LE-DÉBONNA1RE
6566. HLVbOVVICVS 1MP AVG. Buste lauré 5 droite. * QVENTOVI- CVS. Vaisseau.
AR. Denier. (Conb., CataL, n* 319.) Cab. de France. — Pl. CLHI, n* 1".
6567. Variété de coin.
Vermeil. Denier.
Coll. Quandalle. — Pl. CLHI, n° 2.
6568. * HLVDOVVICVS IMP. Croix. Q. QVENTO-V1EVS en deux lignes dans le champ.
AR. Denier.
Coll. F. Mallet. — Pl. CLHI, n* 3.
6569. Mêmes légende et type. QVEN-TOVI-CVS * en trois ligue*. AR. Denier.
Coll. Asselin. — Pl. CLHI, n» 4.
6570. HVDOVVIE en deux lignes dans le champ. * QVENTOVVEO. Petite croix.
AR. Denier. (Fouc. et Conb., n*350.) Coll. Voillemier.
GIIARLES-LE-SIMPLE.
6571. * CAROLV2 REX. Croix cantonnée de trois points au 1".. et d'un point au\ 2», 3« et 4». QVENTWICV2. Temple carlovingien , accosté dun point de chaque côté; au-dessous , trois points.
AR. Denier.
Cab. de France. — Pl. CLHI, n* 5.
657i . Variété : sans les deux points d'accostemeni.
Coll. Rollin-Fcuardent. — Pl. CLIII , n* 0.
6573. Variété : la croix est cantonnée d'un point aux \" et 2% de deux points au 3', et de trois points au 4*. QVENTVVVICV2. Même type. Le portail est accosté.
AR. Denier.
Musée d'Amiens. — Pl. CLIII, n* 7.
6574. Même légende. La croix est cantonnée de trois points au !•% et d'un point aux 2», 3' et 4». XPI2TIANA REIIGIO. Temple accosté d'an point de chaque cAté ; au-dessous , deux points.
AR. Denier. (V. Poitou et Vendée, par B. Fillon et 0. de Rochebrunc, art. Saint - Cyr-cn-Talmondais.) Pl. CLIII , n* 8.
6575. * CAROLVS REX FR. Monogramme de Charles par C. * QVENTOV- VIEO. Croix cantonnée de quatre points.
AR. Denier.
Musée d'Amiens. - Pl. CLIII, d» 9.
6576. Variété avec QVANTOVVIEO. La croix sans cantonnements. AR. Denier.
Coll. F. Mallet. — Pl. CLIII, n« 10.
Je n'ai rien à dire de ces pièces, qui me semblent toutes royales (sauf le n° 6574) et devoir être attribuées à Cbarlcmagne , à Louis-le-Débonnairc et à Charles-le-Simple. Je n'en vois pas que l'on puisse donner à Cbarles-le-Chauve.
6577. * CARLVS REX FR. Monogramme par K. f$. * ... NT. WIEO. Croix avec deux points à l'extrémité de chaque branche.
AR. Denier.
Coll. Quandalle. — Pl. CLIII, n» 11.
6578. * CARLVoî REX FR. Même type. * QVANTOVVIEO. Même type. AR. Denier.
Cab. de France. — Pl. CLIII , n» 12.
6579. * GRATIA Û-I REX. Même type. * QVVENTOVVICI. Croix cantonnée d'un point aux 1" et 4«.
Cab. de France. — Pl. CLIII, n* 13.
6580. Variélé avec * GRATIA b- REX.
AR. Denier.
Coll. Rollin-Feuardenl. - Pl. CLIII, n« 14.
0581 . Mêmes légende cl lypc. La croix esl cantonnée aux 2* el 3' AR. Denier.
Coll. Rollin-Feuardent. — Pl. CLIII, n» 15.
0582. * GRAVI A . ID-REX. Mêmes type el fi. AR. Denier. ( Foi'G. et Conb.)
0583. Variété avec * GRATIA b-I REX.
AR. Denier.
Cah. de France. — Pl. CLIII, n* 16.
0584. Variélé avec * QVENTOVICI.
AR. Obole.
Cab. de France. — Pl. CLIII , n" 17.
0585. Variélé avec * QVVENTOVVIC.
AR. Denier.
Coll. Qnandalle. — Pl. CLIII, n« 18.
6586. * GRATIA D- RE. Même type. ft. * QVENTOWICI Même type. AR. Denier.
Cab. de France. — Pl. CLIII : n» 19.
6587. * GRATIA Û-I REX. Même type. ft. * QVVENTOVVICI. Même type.
Cab. de France. — Pl. CLIII , n* 20.
0588. Mêmes légendes et types. La croix est cantonnée aux I" et 4'. AR. Denier.
Cab. de France. — Pl. CLIII, n» 21
0589. * GRATIA 1)1 REX. Même lypc. ft. Même légende Cruix canluimét aux 2' et 3*.
AR. Denier.
Cab. de France. — Pl. CLIII , n* 22.
0590. Mêmes légende et type. ft. * QVVENTOVVIC. Croix canioi.née aux I" et 4».
AR. Denier.
Coll. Qnandalle. - Pl. CLIII, n' 23.
ti591. * G RATA Hl REX. Même type. Q. Même légende. Croix cantonnée aux t et 3'.
AR. Denier.
Cab. de France. — Pl. CLIII, ne 21.
0592. * GRATIA t>I REX. Même type. fi. Même légende. Croix cantonnée aux l" et 4'.
Cab. de France. — Pl. CLIII, n" 25.
6593. * GRATIA û- REX. Même type. ty. Même légende. Croix cantonnée aux ï et 3».
AR. Denier.
Coll. Robert. — Pl. CLIV, n» 1".
«594. * GRATIA Û- REX. Même type. * QVENTOVIC. Croix simple. AR. Obole.
Coll. F. Mallet. - Pl. CLIV, n« 2.
0595. * GRATIA 1)1 REX en légende rétrograde, fi. ... QVIVIWITV... Croix. AR. Obole.
Coll. F. Mallet. - Pl. CLIV, n* 3.
f.596. Mêmes légende cl type. ft. * QVENTOVVCV. Croix. AR. Obole.
Coll. F. Mallcl et Rollin-Feuardenl. — Pl. CLIV, n* 4.
C'est ici que les plus graves difficultés se présentent. A qui faut-il attribuer ces monnaies? Sont-elles royales? Je ne le crois pas. Tout au moins, parmi elles, il y en a un bon nombre qui ne peuvent pas appartenir aux rois francs. On y trouve trop de dégénérescence dans les légendes , et leur style est aussi tout particulier. Il se fait remarquer par des lettres empâtées. Nous pouvons heureusement fixer la date de leur première émission. Un exemplaire du denier faisait partie de la découverte de Cuerdale. Il a été établi d'une manière certaine que cet enfouissement avait été fait dans le premier quart du xe siècle. Puisqu'un seul exemplaire a été trouvé dans cet immense dépôt , ne doit-on pas en tirer la conséquence que ce monnayage était alors à son début? Il a dû continuer pendant une partie de ce siècle; ce qui le prouve, c'est le grand nombre des variétés et la dégradation successive du type et de la fabrique. Le plus grand embarras est de savoir a qui attribuer celte longue série de monnaies : il ne faut pas songer à Charles-le-Chauvc ni même à Cbarles-le-Simple. Nous avons accordé à ce dernier roi des monnaies qui n'ont aucun rapport avec celles-ci; quant au premier, la distance est trop grande, et, quoique l'on ait pris son type, il serait tout à fait hors de propos de les lui rapporter. Le style de ces pièces et surtout les
légendes à lettres crasses qu'elles finissent par présenter font one loi de rejeter la dernière assez avant dans le Xe siècle.
Quels sont donc les princes ou seigneurs qui ont pu émettre ces monnaies? Elles ne peuvent être revendiquées que par les comtes de Ponthieu ou par ceux de Guines. Mais là encore nous marchons dans les ténèbres. S'il s'agit des comtes de Ponthieu , qui . au commencement du xe siècle, possédaient Quenlovic, il faudrait reconnaître. •;e qui n'est guère admissible , que ces monnaies ont toutes été frappées avant 928, puisqu'à celte époque eut lieu la formation du comté de Guines. Si, au contraire, nous voulons la donner aux comtes de Guines, nous trouvons encore une difficulté. L'ori- Kine de ce comté est fixée à 928, et nous rencontrons, au trésor de Cuerdale enfoui avant celte époque, un denier à ce type. Dans celte occurrence, je ne vois qu'un moyen de nous lirer d'embarras , c'est d'établir que ce denier est royal , on plutôt que ce monnayage a été commencé par les comtes de Ponthien et cootinué par les «'omtes de Guines, lorsqu'ils devinrent possesseurs de Quenlovic.
On sait combien, en pareille matière, le moindre point de repère est utile. Ici nous avons les deux points qui cantonnent la croix du revers. Ce type , invariable dès le commencement , se fait voir jusqu'à la fin; or, nous le retrouvons sur presque toutes les monnaies des comtes de Ponthieu. Cette observation ne devra pas être négligée , et peut servir de fil conducteur dans le dédale ou nous sommes engagés.
<,507. II ENNRVAAVAIO (N et R liés). Croix. * QVVENTOWICII. Monogramme de Charles.
BILL. Denier.
Coll. Rollin-Fcuardcnt. — Pl. CL1V, n° 5.
I.Ô98. * ENNRVAAVONV (N cl R liés). Même type. i*. * QVVENTOWICI Même type.
BILL. Denier.
Coll. Rollin-Fcuardent. — Pl. CLIV, n» G.
<>r>99. XEINNRVAANONDV (N et R liés). Croix. fi. * QVVENTOVICII. Même type.
BILL. Denier.
Coll. Qoandalle. — Pl. CLIV, n» 7.
«fiOO. * ENNRVAAVODV. Mêmes type et fi. BILL. Denier.
Coll. Quandalle. - Pl. CLIV, n» 8.
Ces monnaies sont de la plus haute importance pour la question qui nous occupe. On ne niera pas qu'elles soient véritablement féodales; elles viennent évidemment à la
suite de celles qui précèdent, et leur émission ne peut être placée que vers la lin rin x« siècle. Pour leur attribution , je m'en tiens à ce que j'ai dit tout à l'heure.
Deuxième catégorie.
G601. EbENAT REX. Temple. 9. * QWENTOWCI. Croix cantonnée de quatre points.
AR. Denier. ( Découv. de Cuerdale, n° 95.) Pl. CLIV, n» 9.
Ce denier me parait devoir être rapproché de ceux que j'attribue a Charlw-le- Sirople, et que j'ai donnés sous les n" 65*71 à 6574. Quant à la légende EUE N AT REX, je crois qu'elle a été mal lue ou qu'elle est tout à Tait dégénérée. C'est une altération du Gratta Dei rex.
G602. ■•• CNVT en croix. REXI mêlé dans la légende. Croix cantonnée de quatre points, fi. * QVENTOVICI. Croix.
AR. Denier.
Coll. Robert. — Pl. CLIV, n» 10.
0603. Mêmes légendes et types. Au une croisette remplace la croix du champ. AR. Denier : 1,14. (Déc. de Cuerdale, n» 75; Revue, 1842, pl. 23, n" 3.) Pl. CLIV, n» 11.
6601. Variété avec * QIVEIITOVICI en légende rétrograde. Croix. AR. Denier : 1,14. (Déc. de Cuerdale, n» 75.) Pl. CLIV, n» 12.
6605. Variété avec QVENTOVICI en légende rétrograde. AR. Denier : 1,14. (Ibid., n« 75.)
6606. Même légende ; les lettres R E T N divisées par chacune un point. Dans le champ, croisette accompagnée de quatre points, r). * QVIglTOVICI. Croisette.
AR. Denier: 1,19. (Ibid., n» 73.) Pl. CLIV, n* 13.
6607. Variété avec QVENTOVIC.
AR. Denier : 1,19. (Ibid., n» 73.)
6608. Variété avec QVENTOIVICI.
AR. Denier : 1,19. (Ibid., n° 73.)
6609. Même légende ; sans points. Croix à pied. r$. * QVENTOVICI. Croisette. AR. Denier : 1,09. (Ibid., n* 72.)
Pl. CLIV, n» 14.
M 10 Variété avec QVIglTOVJCI.
AR. Denier : 1,09. flbid., n" 72.)
0011. Variété avec CNVT OEI. Croix simple, h- * QVIIITOVCI. Croiselle. AR. Obole. (Ibid., n* 77.) M. CUV, 15.
6012. VariéléavccQVEITOVCI. AR. Obole. (Ibid., n' 78.)
fiOlîi. Variété avec QVIIITOVICI.
AR. Obole: 0,49. (Ibid.. n« 79.)
0011. Variété avec CNT FIN. Au QEVAC* NOE. AR. Denier. (Ibid., n* 70.)
J'arrive sur un terrain qui a été un peu plus exploré, et pourtant il n"e>t pas facile d'y marcher d'un pas sûr. La découverte de Cucrdalc était trop importante pour ne pas devenir l'objet de travaux assidus. En Angleterre, MM. Hawkins rl Haihg; en Allemagne, M. de Koehne; eu France, MM. Cartier et de Longpérier s'en >onl tour à tour occupés. Si leurs savantes éludes n'ont pas tout éclairci, du moins ont-elles fixé quelques points d'une manière certaine. 11 est surtout établi, par do preuves qui ne souffrent pas de réplique , que cet enfouissement a dû être fait au plus tard en 925. C'est un point de départ et un guide qu'il ne faut pas perdre de vue.
Outre les monnaies que je viens de décrire et que , du moins par un coté , 00 ne peut pas refuser à la France, la découverte de Cucrdale en contenait un certain nombre que nous aurions peut-être aussi droit ;\ revendiquer. Quelques-unes sont au nom de Sifroi, Sifred ou Sigefroi; d'autres portent le nom de Cnut ou Canut. Ces dernières offrent une particularité bonne à noter cl qui se produit non-sculemeol sur les deniers de Quenlovic ci-dessus décrits, mais encore sur d'autres pièces avec les noms de Cuneli, Ebraice. Ac. Sur toutes ces monnaies les mots CNVT REX ou CNVT REXI sont mêlés ensemble; mais le nom du roi, placé aux branches de la croix et de manière à former aussi une croix , est disposé dans l'ordre du signe du chrétien.
C'est M. Cartier qui a déterminé ces pièces au moyen de cette ingénieuse observation. Elle a été généralement acceptée.
Ce qu'il ) a de singulier, c'est qu'à rencontre de ce qui arrive ordinairement, chaque pays qui aurait pu réclamer ces monnaies les a au contraire répudiées. Les Anglais les ont déclarées de fabrique française, et les Français veulent qu'elles soient anglaises. I.e débat n'a point été vidé. On est seulement convenu d'un fait, c'est que véritablement
il y en a donl le type est anglais et dont le style est français. On a pu en inférer que les pirates, se servant du butin qu'ils avaient amassé ça et là, auraient monnayé dan» quelque atelier d'Angleterre, en mettant sur leurs espèces des noms de ville? françaises.
Quant à l'attribution précise à des princes danois ou normands , on pensait que ces monnaies devraient être données au fameux Sigcfroi , qui s'empara de Paris en 886. Quant à Cnut, on supposait que Sigcfroi avait pu avoir un frère de ce nom. Le style, la fabrique et le type des pièces , l'examen du dépôt de Cuerdale , tout était d'accord pour rendre celte attribution très plausible.
La question était restée dans cet état depuis quelques années, lorsque M. Serrure fils, trouvant que ses devanciers s'étaient trompés, a publié en 1858 une brochure où il expose ses idées. S'appuyant sur les chroniques de Lambert d'Ardres et d'Iperius, M. Serrure établit que les monuments au nom de Quentovic appartiennent à Sifroi , prince danois, d'origine franque et issu de Waller, comte de Ponlhieu. En celte qualité, il prétendait à son héritage. Vers 928, accompagné de Cnut (Cnutut), frère de Harold, roi de Danemark, il vint fondre sur les cotes de la Horinie, s'empara de la ville de Guines, la fortifia et s'y établit. Le comte de Flandre, sur qui ce prince avait conquis une certaine étendue de pays, fil avec lui et ses successeurs un arrangement , par suite duquel Sifroi ne conserva que la ville de Guines et quelques terrains à Tenlour. Telle fut l'origine du comté de Guines.
L'idée de M. Serrure était certainement séduisante, et il n'est pas étonnant qu'il y ait cédé. Trouver, a l'époque à peu près présumée de l'émission de ces pièces , deux princes danois conquérants de la Horinie el portant justement les mêmes noms qui sont inscrits sur ces monnaies, était une vraie bonne fortune. Le numismatiste belge devait être d'autant plus heureux de sa découverte, que Ton n'était pas obligé de rpcourir aux conjectures pour trouver un compagnon à Sifroi.
M. de Coster, dans la Revue belge (3r série, tom. 3, pag. 546), par une noie courte, mais pleine d'arguments décisifs, s'est chargé de souffler sur l'édifice élevé par M. Serrure et de montrer son peu de solidité. D'abord, il fait logiquement remarquer l'anachronisme que présente l'opinion de noire collègue. Si le dépôt de Cuerdale a été confié à la terre , au plus tard en 925 (et ce point parail être établi d'une manière irrécusable), comment y trouve-l-on des monnaies que Sifroi n'a pas pu fabriquer avant 928? Quand bien même la date de cet enfouissement serait reculée d'un ou deux ans, pourquoi encore y renconlrc-l-on plusieurs variétés de monnaies de Sifroi , variétés assez nombreuses pour supposer que l'émission a été très prolongée?
Je ferai , à mon lour, à M. Serrure deux objections qui me paraissent difficiles à détruire. Sifroi, dans son expédition conlrc le pays des Morins , avait la principale autorité. Ce fut avec lui que le comle de Flandre traita. Ce fut encore lui qui devint comte de Guines el qui transmit cette seigneurie à ses descendants. Pourquoi alors.
sur les monnaies frappées à Quentovic, dont nous avons plusieurs variétés, ne trouvons-nous que le nom de Cnul? Quenlovic était la propriété de Sifroi , et pourtant nous n'avons aucune monnaie de ce prince avec le nom de cette ville.
D'un autre côté, si M. Serrure veut prouver que Sifroi et ses successeurs ont frappé monnaie à Quenlovic, dans le courant du x« siècle et après avoir formé un établissement stable dans le comté deGuincs, à quelle époque pourra-l-on placer les monnaies à la légende Gratia Dei rex et au monogramme carolin dont, ainsi que je l'ai déjà prouvé, l'émission a été prolongée bien avant dans le x« siècle?
Le système proposé par M. Serrure est donc de tout point inacceptable. 0ht s'il pouvait prouver qu'antérieurement à 925, Sifroi et Cnut sont venus faire une descente sur les côtes de la Morinic et y ont séjourné quelque temps, alors tout serait pour le mieux. Dans ce cas , il faudrait admettre ( ce qui d'ailleurs est déjà prouvé) que les pièces aux noms de Cnut et de Quenlovic sont antérieures à 925 , et que Sifroi, établi dans le comté de Guines et devenu prince français, a monnayé dans la même ville avec le type de Charlcs-le-Chauve , type qui avait peut-être déjà été employé par les comtes de Ponthieu ou autres.
Comme on le voit , la lumière est loin d'être faite, et je ne pui9 que recommander aux amateurs de ce pays d'étudier avec soin un sujet aussi intéressant. Grâces à mes recherches, ils ont toutes les pièces du procès sous les yeux. Je me trouve heureux de pouvoir faciliter leurs travaux.
Je n'en ai point fini avec la brochure do M. Serrure. Il avance une autre proposition , qui est encore bien plus difficile à accepter, en cherchant à prouver que les monnaies de Cnul, portant la légende CVNEYTI au revers, ont aussi été frappées à Quentovic. Je ne crois pas utile de combattre celte assertion. Je me contenterai de faire observer, avec M. de Coster, qu'il n'y a aucune analogie entre les deux orthographes, que l'on prétendrait avoir été employées simultanément, et qu'il ne peut pas être admissible que , dans le même atelier, on ait émis des espèces à légendes régulières et d'autres aussi énigmaliques.
Qu'on me permette une dernière observation. Si l'on trouvait que la supposition que je hasarde, au sujet du monnayage au type royal opéré à Quentovic, est trop peu solide, ne pourrait-on pas revenir, comme je l'ai déjà insinué, aux comtes de Ponthieu? On m'objectera qu'à l'époque où l'on est forcé de placer l'émission de ces monnaies, Quentovic faisait partie du comté de Guines et ne dépendait plus du Ponthieu. Mais est-on sur de l'emplacement qu'occupait cette ville, et est-il bien certain qu'elle était sur la rive droite de la Canche? Toutes ces questions sont bien obscures, et les difficultés surgissent de toutes parts. Il serait bien fâcheux que cet état de choses persistât, et j'appelle de tous mes vœux le moment où, au moyen de nouvelles recherches archéologiques , des documents d'un autre ordro surgiront et feront cesser loules nos incertitudes.