COMTÉ DE MAÇON
Les produits de cet atelier ont été sérieusement étudiés à plusieurs reprises; en 1 860, M. P.-Ch. Robert a publié dans hRevue Numismatique française y une notice sur les monnaies de Mâcon, provenant notamment de la collection Lacroix. C'est en 1862 que paraissait le tome III de l'ouvrage de Poey d'Avant, dans lequel se
(1) Documents monétaires. Tome I*', page 525.
(2) n faut lire, Tabbé de Saint-Oyen fit flaire à Moirans, près Saint-Qaade. C'est à tort que rendant compte de la trouvaille de Paris, nous avons dit que Moirans est en Mâoonnais.
trouve Tarticie relatif aux monnaies du comté de Mâcon, et dès 1866, M. Charvef, originaire de cette ville et curieux de tout ce qui s*y rapporte, publiait une nouvelle notice dans un intérêt, qui n'était pas uniquement scicntifiqne. Cependant le dernier mot est loin d'avoir été dit sur les produits de l'atelier de Mâcon. Notamment on a difTéremment interprété les diverses lettres, qui se rencontrent dans le champ de ces monnaies, soit simples, soit liées entre elles. Ces interprétations n'ont pas rallié tous les suffrages et chaque jour encore on discute sur la valeur des lettres liées 3\, VS et des lettres simples simples H, R, N et S.
On a des monnaies de Hâcon portant les noms des rois de France, Robert, Henri et Philippe I*', et l'histoire ne nous apprend pas d'une manière bien ratégorique comment ces monnaies ont été émises à Mâcon. Les plus inexplicables sont celles de Philippe P% qui sont précisément les plus nombreuses. En effet, Othon Guillaume, comte de Bourgogne, s'était emparé du comté de Mâcon après la mort d'Henri, duc de Bourgogne. La guerre allumée par la succession de ce dernier ne dura pas moins de 12 ans, de 1002 à 1014, et le traité qui la termina assura à Othon Guillaume les comtés de Bourgogne et de Mâcon. Le duché de Bourgogne revint à la couronne, mais après avoir été l'apanage d'Henri, frère d» roi Robert, et depuis roi de France sous le nom d'Henri P% il ne tarda pas à fn être détaché définitivement au profit de Robert, dit le Vieux, qui devint la tige de la première maison de Bourgogne. On ne connaît pas de monnaies d'Henri, frère du roi Robert, non plus que de Robert-Ie-Vieux, qui fut duc de Bourgogne pendant si longtemps de 1032 à 1075. On connaît au contraire, outre les monnaies des rois Rohert, Henri et Philippe, frappées à Mâcon, des monnaies de Chalon au nom des mêmes rois et une monnaie de Dijon portant ^VBVlS qu'on doit lire Robertus. Le roi Robert a pu frapper monnaie dans ces divers comtés pendant la guerre de la succession de Bourgogne. Mais pour expliquer les monnaies royales d'Henri et de Philippe 1®% il faut supposer, en l'absence de documents, que, môme après avoir consenti la cession des comtés de Mâcon et de Chalon, Robert s'était réservé le privilège monétaire ou quelque partie de ce* villes, où il a pu installer l'atelier royal.