‹ Monnaies royales de la LydieChapitre 10 sur 16 · DRACHMES · texte numérisé non relu

DRACHMES

TÉTRO- BOLBS

Toutes les fractions que nécessite la conversion des monnaies d'or

en monnaies d'argent de l'une ou de Tautre espèce, se ramènent, comme on le voit^ à des fractions duodécimales. Le rôle considérable et Tutilité du tétrobole de 3 gr. 63, au moyen duquel on établit un rapport simple et régulier entre les deux étalons de statères d*or, ressort mieux du tableau qui précède que d'explications très-développées et juslifie largement Tadoption de cette coupe monétaire anormale.

Grâce aux combinaisons adoptées pour la taille de ses différentes espèces, la monnaie royale de Lydie, après la réforme de Crésus, voyait librenrient ouverts à sa circulation les marchés de toutes les cités qui avaient adopté le système lydo-phénicien dans Télectrum et dans Targent^ le système phocaîque dans Tor et le système babylonicomédique dans Pargent. Quant aux villes dont la circulation métallique avait pour étalon fondamental le statère phocaîque d'électrum, j'ai indiqué plus haut comment les anciens statères lydiens d'électrum y avaient cours, grâce à la pièce de iOgr. 89, qui établissait un rapport exact et facile entre le statère de 14 gr. 52 et celui de 16 gr. 34. Après Crésus, par suite du cours réciproque de Toret de Télectrum, le nouveau statère de ce roi à 8 gr. 17 était au statère phocaîque d'électrum à 16 gr. 34 : : 1 : 1 Va ; par conséquent, il suffirait d'en donner 3 pour représenter exactement la valeur de 2 gros statères phocaïques d'électrum.

Toutes ces coordinations de rapports avaient été bien évidemment calculées, prévues, voulues dans la réforme monétaire de Crésus. Le dernier monarque de Lydie, qui avait achevé de soumettre à son sceptre toutes les villes grecques de lionie, de l'Eolie et de la Mysie, et les avait réduites à être ses tributaires, avait combiné son système monétaire de manière à en faire, au profit de ses finances, le lien commun entre les différents systèmes usités par chacune de ces villes pour son commerce.

Au reste, il ne faisait en cela qu'imiter Texemple donné depuis un assez long temps déjà parla première des cités ioniennes comme importance politique, comme population, comme industrie et comme négoce, par Hilet,qui, après avoir résisté victorieusexent aux efforts de Sadyatte et d'Alyatte, venait d'être contrainte de céder à la puissance de Crésus. Là, en effet, à une date notablement antérieure à celle des statères eréséens, nous voyons frappés et usités à la fois S avec toutes leurs divisions, le statère lydo-phénicien en électrum de 14 gr. 52, un statère

* Yoy. Brandit, p. 394-896:

phocalque de 46 gr. 40 ea véritable or ^ et un sicle babylonico-médique de i J gr. 02 en argent, unités étalons des trois métaux^ entre lesquelles le rapport était :

1 statère Ijdo-phénicien d'électrnm = 13 1/4 sioles d'argent

11/2=1 statère phooaïqoe d*or =20 —

Il n'existe aucune monnaie d'électrnm contemporaine des pièces d'or et d'argent de notre cinquième époque. Ceci semble indiquer que Crésus^ en créant ses nouvelles espèces^ avait mis fin au monnayage du métal d'abord seul employé par ses prédécesseurs. Hais il ne démonétisa pas pour cela les espèces frappées sous les rois antérieurs. Elles restèrent dans la circulation avec le cours indiqué au tableau dressé pins baut. Ici les faits résultant des trouvailles monétaires viennent confirmer les résultats théoriques déduits des rapports de valeur entre les métaux. Les pièces d*électrum des premières époques, même les plus antiques, se rencontrent avec les pièces d'or et d'argent de Crésus. L'unique exemplaire du n"" i que j'aie vu avait été trouvé dans la plaine de Sardes avec trois hectés d'or créséennes (n** ^3), trois sicles d'argent (n® 25) et sept demi-sicles ou drachmes (n° 26) de la même série ; cela faisait une somme précise d'une demi-mine d'argent au poids de Crésus^ ainsi décomposée :

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