‹ Monographie de Chevreuse; étude archéologiqueChapitre 3 sur 9 · LA VILLE · texte numérisé non relu

LA VILLE

Chevreuse est aujourd’hui un chef-lieu de canton du département de Seineet-Oise, et son aspect est des plus pittoresques, des plus variés ; qu’on y arrive de Saint-Remy, de Rambouillet ou de la route de Dampierre, on est également frappé de la situation exceptionnelle de cette petite ville.

Il se faisait autrefois à Chevreuse un commerce considérable de laines et de cuirs, et l’Yvette, cette douce rivière qui fait tourner encore de nombreux moulins, voyait sur ses bords d’importants établissements de tanneries. Ces derniers se trouvaient dans l’enceinte même de la ville, en C du plan général, pl. 2. Les foires et les marchés attiraient aussi un grand nombre d’étrangers, et les hôtelleries par cette raison y étaient considérables et bien tenues. Ces industries diverses sont complètement abandonnées aujourd’hui, et Chevreuse se borne à cultiver la terre, à produire des fleurs, des fruits, des légumes. La population s’élève à 1,800 habitants environ.

Si l’on veut bien jeter les yeux sur la planche 2, où nous avons figuré un plan de la ville et des faubourgs, sans tenir compte de la topographie du terrain, on verra que la ville était autrefois parfaitement fortifiée et qu’une partie considérable des murs est encore debout. Ces murs, élevés à plusieurs époques, aboutissaient à l’enceinte du château et s’étendaient dans la plaine jusqu’au delà de l’Yvette. Les parties tracées en lignes ponctuées ont cessé d’exister; mais il nous a été facile de les retrouver exactement à l’aide de traditions, de fragments existant encore et qui nous ont servi de points de repères. Nous indiquerons notamment les deux tours, en O, près desquelles sont aussi un reste des anciens

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fossés, et en F, I et J, des parties de tours semi-cylindriques conformes à celles qui existent encore ailleurs.

Les murs de Chevreuse furent élevés à deux époques : la partie la plus ancienne, dont il reste très-peu de chose, en P, remonte au règne de Charles VI, et le reste date seulement de la seconde moitié du xvi° siècle , à l’époque des guerres de religion. Les portes de ville étaient en assez grand nombre, mais aucune ne reste debout, et leurs noms seuls nous ont été conservés. C’était d’abord, rue de Versailles, la porte Pince-Loup, en D du plan, qui, avec la porte de la Geôle, en J, appartenait à l’enceinte primitive. La porte Sainte-Barbe, en E, rue de Versailles également , fut élevée en même temps que les nouveaux murs , à la fin du xvie siècle : elle avait une tour carrée au midi. En contournant l’enceinte du côté de la plaine, on voyait ensuite , rue de Dampierre , en F, la porte Saint-Michel, dont un reste, ou tout au moins une des tours de l’enceinte , fut détruit lors de la construction de la salle d’asile élevée sur cet emplacement. En G, rue de Rambouillet, était la porte du Pont-au-Bassin. Après avoir traversé l’Yvette on arrivait, en H, à la porte de la planche Saint-Germain, composée de deux toux-s, et enfin, rue de Paris, à la porte de ce nom, en I du plan.

En A existe encoi-e une ancienne maison dont la décoration intérieure est seule intéressante, et connue sous la dénomination de fief des étuves; en B est l’ancienne auberge du Lys. La maison dite des Bannières, désignée sous ce nom dans le terrier de 1668, se voit en C; en K, et en N, existent des maisons dont nous reparlerons dans les chapitres suivants.

La place des Halles est encore le point central de la ville ; mais le vaste bâtiment qu’on y voyait autrefois n’existe plus depuis 1793 : la plupart des maisons qui l’entourent sont modernes ou tout au moins modernisées, et ce lieu autrefois si plein de vie n’offre aucune animation ni aucun caractère d’ancienneté.

On voyait encore, il y a quelques années, en L, le pressoir banal, bâtiment sans importance et sans intérêt artistique, et, du côté opposé, en M, une croix de carrefour détruite également.

Selon l’antique usage, le cimetière est voisin de l’église paroissiale; mais il existait un autre champ de repos appelé, nous ne savons trop pourquoi, cimetière des pauvres, et situé en dehors des murs de la ville : tout dernièrement encore, on y a retrouvé un certain nombre d’anciennes sépultures.

L’hospice de Chevreuse est complètement isolé de la ville et construit depuis peu : il est dû, ainsi que plusieurs autres établissements d’utilité publique, à la générosité du duc de Luynes.

Nous n’avons pu indiquer sur le plan général la chapelle de Saint-Lubm, sur

la route de Paris : elle se trouve beaucoup plus loin, à peu près à mi-chemin de Saint-Remy, et mérite à peine d’être signalée. Nous ne voulons pas nous étendre plus longuement sur la physionomie actuelle de la ville, et nous nous bornerons, en terminant ce chapitre, à nommer quelques-unes des personnes qui, par leurs travaux ou le rôle qu’elles ont joué dans notre pays, ont pu jeter quelque relief sur leur pays natal.

Parmi les personnages un peu marquants nés à Chevreuse, voici ceux qui méritent, il nous semble, d’être mentionnés.

Ce sont :

Martin le Roy, sieur de Gomberville, 1600-1674, poëte et romancier, membre de l’Académie française à sa création. Il s’essaya également à écrire l’histoire, mais son penchant le ramenait à la poésie et au roman ; quelques-unes de ses œuvres, en ce dernier genre, eurent même une grande vogue en leur temps, entre autres la Cjrthéréè (1642), qui compta jusqu’à neuf éditions;

Antoine Bruneau, avocat et écrivain du xviii6 siècle ;

Pierre Prudhomme, chirurgien, mort en 1708;

Montardier 1747-1802, membre du Corps législatif et du conseil des Cinq- Cents ; et enfin

Ambroise Gauthier, avocat, 1776-1829.

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