A L’AIR DONNENT
Pyrolignetn.
DonU80gr‘
le de polasse en gr.
Bouleau, lictula alba.
Hêtre, Fagus sylvalica.
Chêne, Quercus robur.
Frêne, Fraxinus cxcelsior.
Peupl er blanc, Populus alba.
Prunier sauvage, Prunus padus.
Genevrier, Junipcrus communis.
Sapin, pinus abics,
Pin, Pinus sylvcslris.
§ 3 .—La préparation du vinaigre radical est fondée sur la distilla-
tion immédiate de l’acétate de cuivre ou verdet cristallisé. On a cherché souvent à la modifier et même à y suppléer, mais on n’est parvenu par aucun des procédés indiqués à obtenir un produit qui fût identique avec l’acide retiré du verdet, et présentât l’odeur et les propriétés pour lesquelles on le recherche.
L’appareil dont on se sert pour obtenir le vinaigre radical se compose d’une cornue de grès recouverte d’un lut de terre à poterie, placée dans un fourneau à réverbère muni de son dôme, et à laquelle, au moyen d’une allonge, on adapte deux ou plusieurs ballons à tubulures opposées. Le dernier ballon est à tubulure latérale, et porte un tube de Welter à double branche, dont la plus courte part du ballon et la plus longue plonge dans un flacon contenant de l’acide acétique.
Les ballons doivent être placés dans des vases pleins d’eau et couverts de linges mouillés, de manière à pouvoir être refroidis facilement par un courant d’eau versée à la surface. On lute les jointures au lut gras, que l’on recouvre de lut de blancs d’œufs et de chaux. Les lutsétant bien sens, on chauffe d’abord doucement la cornue, et on augmente progressivement la température jusqu’à ce que les gouttes commencent à se succéder assez rapidement au col de la cornue. Le dégagement du gaz qui se fait daçj le dernier flacon sert à diriger l’opération , et indique s’il faut ralentir ou augmenter le feu.
Les premiers produits sont incolores, et contiennent beaucoup d’eau; les autres, plus riches en acide acétique, contiennent en outre de l’acétate de cuivre, qui s’est sublimé à la partie supérieure de la cornue et que les vapeurs acides ont entraîné. Il faut augmenter l’intensité du feu lorsque l’opération touche à sa fin : elle est terminée lorsqu’il ne se dégage plus rien. On ne délute la cornue que quand elle est froide. On obtient environ en acide la moitié du poids de l’acétate employé.
Pour débarrasser l’acide acétique obtenu de l’acétate de cuivre qui le colore en vert, on le rectifie par une seconde distillation qu’on ne doit pas pousser jusqu’au bout. En divisant le produit en trois portions , la première est la plus faible ; la troisième donne un acide plus concentré. On est dans l’habitude , pour l’usage de la pharmacie , de mélanger ces produits; ce qui donne un acide qui marque de 10 à v r à l’aréomètre de Baumé.
§ 4 . — Le procédé qui paraît présenter le plus d’avantages pour obtenir l’acide acétique cristallisable a été indiqué par M. Sebille Auger (1). Il est aussi fondé, comme dans les fabriques d’acide pyroligneux , sur la décomposition de l’acétate de soude par l’acide sulfurique. Ce sel doit être purifié par deux ou trois cristallisations, desséché dans une chaudière de fonte, en évitant de le fondre, pul-
(1) Journal de Chimie médicale, T. 8.
vérisé, séché de nouveau et passé dans un tamis de crin. On en introduit 3 k dans une cornue de 6 à 7 litres que l’on fixe au moyen d’un triangle dans un fourneau à réverbère ; on adapte à la cornue une allonge et un ballon tubulé à pointe, que l’on fixe également. On lute toutes les joitures avec soin, et l’on couvre le col de la cornue d’une plaque de tôle pour le préserver d’une trop forte chaleur.
On emploie 9 k , 7 d’acide sulfurique que l’on fait bouillir pendant quelques instants aîn de le dépouiller de l’acide nitrique qu’il pourrait contenir; on le laisse refroidir jusqu’à + 5 o% et on le verse dans la cornue. Use fait une vive réaction , et il se produit beaucoup de chaleur : un tiers de l’acide environ passe à la distillation. On chauffe avec précaution pour éviter les soubresauts, et l’opération est terminée quand tout le sel de la cornue est en fusion.
On rectilie le produit sur un peu d’acétate dç soude desséché, qui retient l’acide sulfurique qui a pu se trouver entraîné pendant l’opération. On met à part le premier tiers de cette distillation, qui est plus faible, et on expose dans un vase parfaitement fermé les deux derniers tiers, qui sont plus concentrés, à une température de—4° à— 5 °. Une partie de l’acide acétique se congèle ; on sépare les cristaux de la liqueur plus étendue; on les fait égoutter, puis on les liquéfie pour les congeler de nouveau, et on les égoutte encore.
M. Stbille-Auger dit avoir obtenu par ce procédé un produit qui cristallise à-f- 22 0 et qui bout à + 119°. Mais le plus souvent cet acide acétique se liquéfie à+ 17 0 et bout à + 120“.
Enfin, pour obtenir l’acide acétique aussi pur que possible, on distille avec les mêmes précautions un mélange de seize parties d’acétate de plomb cristallisé, et de neuf parties d’acide sulfurique concentré. Comme il se fait toujours un peu d’acide sulfureux, on rectifie le produit sur du peroxide de manganèse ou de plomb.
o j«r L’emploi de l’acide acétique est aussi ancien qu’universel-
lement répandu. Les soldats romains, en campagne, faisaient usage d’une boisson appelée posca, qui n’était autre chose que de l’eau vinaigrée. Hérodote, et après lui Pline, font mention d’une liqueur acide nomméè cedria , employée dans les embaumements, obtenue par la combustion de certains arbres résineux. et qui paraît être de l’acide pyroligneux.
Le vinaigre est mis en usage, dans l’économie domestique, et comme assaisonnement, et comme moyen de conservation de certains aliments
Dans l’industrie, l’acide acétique est d’un emploi journalier, et ses usages sont fort importants. Dans la fabrication du vert de gris, du verdet cristallisé et du vert de Schweinfurt, dans la fabrication du sel de saturne et du blanc de céruse, il est indispensable. Dans 1 art
de la teinture il sert à préparer l’acétate d’alumine et l’acétate de fer : quelquefois il est employé comme mordant.
§ 2. — L’acide acétique entre dans la composition d’un grand nombre de préparations pharmaceutiques. Il fait la base d’un genre de médicaments que MM. Beral et Chéreau désignent par le nom d'acétolés , MM. Henry et Guibourt par celui d’oxéolés, et auxquels le Codex de 1837 a conservé le nom de vinaigres médicinaux.
Comme la qualité des produits pharmaceutiques dépend du choix des substances employécsà h ur préparation, il est souvent important de s’assurer de la pureté du vinaigre et de la force de l’acide acétique.
L’acide retiré du bois, les vinaigres de bière, de cidre et de poiré pourraient être confondus avec le vinaigre de vin. On les reconnaît facilement à leur odeur et à leur saveur, et si l’on évapore ces derniers on n’obtient qu’un extrait mou, d’une saveur salée et peu acide dans lequel on ne trouve aucune trace de bitartrate de potasse.
Il arrive quelquefois qu’on ajoute au vinaigre des acides minéraux pour augmenter sa force, et des substances âcres et végétales pour lui donner plus de saveur piquante. Il n’est pas difficile de découvrir ces sophistications et de démasquer ces sortes de fraudes.
Suivant M. Kueline, la présence d’un acide minéral, même en petite quantité, dans du vinaigre, trouble la solution de sulfate d’antimoine et de potasse.
On retrouve l’acide sulfurique en évaporant à une douce chaleur le vinaigre suspect dans une capsule de porcelaine. On traite le résidu par cinq à six fois son volume d’alcool ; la liqueur est étendue d’eau, filtrée, chauffée pour chasser l’alcool, et additionnée de chlorure de barium; elle laisse déposer un précipité blanc de sulfate de baryte insoluble dans l’acide nitrique.
L’acide nitrique peut se reconnaître, soit au moyen de la dissolution de proto-sulfate de fer dans l’acide sulfurique concentré, soit en chauffant le vinaigre avec un peu de solution de sulfate d’indigotine. En évaporant à siccité on obtiendrait un résidu qui fuse sur les charbons. Cette altération est fort rare.
Pour démontrer la présence de l’acide chlorhydrique on distille le vinaigre à une douce chaleur, et l’on essaie le produit de la distillation par le nitrate d’argent. Il se fait un précipité blanc, cailleboté de chlorure d’argent, soluble dans l'ammoniaque., insoluble dans l’acide nitrique, et qui se colore au contact de la lumière.
La présence des substances âcres ajoutées à dessein au vinaigre se reconnaît à sa saveur, qui laisse à la dégustation un arrière goût brûlant au palais et à la gorge. Cette saveur devient encore plus apparente si l’on sature l’acide.
M. Chevallier (1), dans un mémoire où nous trouvons tous ces
(I) Journal de Chimie médicale, 2 * série, t. 2 , p. 405 .
procédés , dit avoir analysé cent vingt échantillons de vinaigre achetés dans le commerce : il en a trouvé quatre-vingt-dix-sept de vinaigre pur; dix-sept contenaient de l’acide sulfurique, trois avaient été additionnés de substances âcres, et trois indiquaient la présence de petites quantités de cuivre et de plomb provenant des vases dans lesquels ils avaient été conservés.
La saturation est le meilleur et même le seul moyen de s’assurer de la force véritable du vinaigre. M. Soubeiran a reconnu que cent parties de bon \ inaigre d’Orléans saturent dix parties de carbonate de potasse pur et sec. D’après M. Chevallier, les vinaigres de bonne qualité exigent pour leur saturation sept à huit pour cent de leur poids de carbonate de soude sec, tandis que ceux réputés de qualité médiocre n’ont besoin pour être saturés que de cinq à six pour cent du même sel.
Pour faire ces essais on met dans une capsule de porcelaine une quantité connue de vinaigre coloré par un peu de teinture de tournesol. On projette peu à peu du carbonate de soude ou de potasse sec que l’on tient renfermé dans un flacon taré. On reconnaît à la couleur bleue du vinaigre que la saturation est effectuée; alors on pèse le flacon, et la différence du poids indique la quantité de carbonate employé. M. Berzélius conseille de se servir d’ammoniaque caustique pour cette saturation.
On pourrait arriver plus exactement â cette appréciation en employant des liqueurs titrées de carbonate de potasse ou de soude. On sait par expérience que cent parties d’acide acétique hydraté à un atome d’eau saturent 114,64 de carbonate de potasse et 88, 3 i de carbonate de soude. Supposons que l’on ait une liqueur contenant vingt-cinq pour cent de carbonate soude sec. et que cent parties de vinaigre ou d’acide acétique étendu saturent $Ot parties de cette solution. On devra d’abord chercher quelle quantité de carbonate de soude contiennent quatre-vingts parties saturées de la solution : ce uue l’on trouve au moyen de la proportion suivante :
ioo : 20 : : 8o : æ x — -- [00 - = 20.
D’.m il résulte que les cent parties de la liqueur essayée ont saturé vingt parties de carbonate de soude sel. On arrive à connaître la quantité d’acide acétique pur contenu dans la liqueur par une nouvelle proportion.
88 , 3 i : 100 : : 20 : æ æ “ Hijr = 22 , 65 ,
Le nombre 22,65 représente la quantité d’acide acétique pur, c’est à dire à un atome d’eau contenu dans les Cent parties de la liqueur essayée.
§ 3 -La première préparation pharmaceutique dont nous ayons
à nous occuper est celle du vinaigre distillé. Elle se fait en mettant du vinaigre de vin dans une cornue de verre : on distille au bain de sable, de manière à ne retirer que les trois quarts de l’acide employé.
On a proposé de mélanger au vinaigre du charbon en poudre afin de pouvoir pousser plus loin l’opération. Le Codex conseille d’ajouter au résidu un volume d’eau égal au sien, et de continuer la distillation jusqu’à ce que la totalité du produit soit égale au volume du vinaigre employé. M. Soubeiran dit s’être assuré que le nouveau produit est plus faible que le premier, et d’une odeur désagréable. Il ne doit pas lui être mélangé, mais on peut le réserver pour quelque autre usage.
C’est toujours du vinaigre de vin que l’on doit employer dans la préparation des vinaigres médicinaux. L’acide acétique en contact avec les substances végétales dissout bien les huiles essentielles et les matières résineuses : souvent il modifie la nature de certaines substances. On prétend qu’il corrige l’àcreté de la scille et du colchique.
Le mode de préparation est le même pouj le plus grand nombre des vinaigres médicinaux simples. Il consiste à faire macérer pendant huit jours une partie de la substance dans douze parties de vinaigre de vin. C’est ainsi qu’on prépare les vinaigres de Roses,
Sureau,
Romarin,
Lavande,
Sauge,
Estragon,
Œillet,
Ellébore,
Ail.
On fait macérer pendant quinze jours les vinaigres de scille et de colchique.
Le vinaigre camphré se prépare en faisant dissoudre une partie de camphre en poudre‘*dans quarante parties de vinaigre fort.
Pour obtenir le vinaigre framboisé on fait macérer pendant quinze jours trois parties de framboises dans deux parties de vinaigre ; on passe avec expression et l’on filtre. Le produit sert à préparer un sirop qui se fait par simple solution du sucre.
Le vinaigre mêlé avec deux fois son poids de miel blanc et cuit en consistance de sirop constitue l’oximel simple. En employant dans les mêmes proportions les vinaigres de colchique et de scille on obtient les oximels colchique et scillitique.
Le vinaigre chalybé se prépare en mettant en contact du vinaigre de vin avec de la limaille de fer pendant le même temps et dans les mêmes proportions que les vinaigres médicinaux dans lesquels il entre clos substances végétales.
Le vinaigre employé comme véhicule des principes de l’opium peut, outre la morphine et la codéine, dissoudre la narcotine, les matières huileuses et résineuses et les matières colorantes. On croit qu’il atténue la propriété vireuse de l’opium. On trouve dans le Codex une teinture acétique d’opium dont voici les proportions :