VINAIGRE D’OPIUM
Opium choisi. . . . 1
Vinaigre très fort. ... 6
Alcool à 80 cent. ... 4
On divise l’opium dans le vinaigre, on ajoute l’alcool, on laisse macérer pendant huit ou dix jours, on passe avec expression et l’on fdtre au papier. Cette teinture contient les principes solubles du dixième de son poids d’opium.
Les vinaigres médicinaux composés sont ordinairement des préparations antiseptiques. Les plus connues sont le vinaigre anglais et le vinaigre des quatre voleurs, dont les recettes sont si nombreuses qu’elles varient avec chaque formulaire.
Le vinaigre entre encore dans beaucoup de préparations ; il dissout les gommes-résines dont sont composées les pilules de Bontius. On l’employait autrefois pour dissoudre l’oxide rouge de mercure qui faisait partie des pilules ou dragées de Kcyser : il est également usité dans la préparation de l’onguent nutritum.
L’acide acétique fait partie de la composition de tous les acétates. Les plus fréquemment employés en médecine sont :
Les acétates d’ammoniaque,
— plomb,
— cuivre,
— mercure,
— fer,
—- zinc,
-— soude,
— potasse,
— morphine,
— quinine.
L’acétate d’ammoniaque se préparait autrefois sous le nom d’esprit de Mindererus, en faisant dissoudre le sel volatil de la distillation de la corne de cerf dans du vinaigre distillé. On emploie aujourd’hui de l’acide acétique à 3 ° que l’on fait chauffer' légèrement, et auquel on ajoute peu à peu du carbonate d’ammoniaque jusqu’à ce qu’il y en ait un faible excès reconnaissable à l’odorat. On doit conserver cette liqueur dans un flacon bien bouché.
C’est en faisant dissoudre de la litharge dans du vinaigre qu’on a longtemps préparé l’extrait de saturne ou sous-acétate de plomb liquide. On l’obtient maintenant en chauffant dans une bassine trois parties d’acétate de plomb, neuf parties d’eau distillée, une partie de litharge en poudre line, jusqu’à ce que l’oxide soit dissous et que la liqueur marque 3 o° à l f aréomètre. On pourrait faire cette préparation à froid en n’employant que huit parties d’eau.
Des deux acétates de mercure, l’acétate de protoxide seul est em-
ployé en pharmacie; on l’obtient en faisant dissoudre des cristaux de protonitrate de mercure dans de l’eau acidulée d’acide nitrique. On verse dans cette liqueur jusqu’à ce qu’il ne ae fasse plus de précipité une solution d’acétate de soude marquant i 5 ° à l’aréomètre. Il faut ajouter un faible excès d’acétate de soude pour être certain qu’il ne reste plus de sel mercuriel dans la liqueur. On lave à l’eau froide le précipité qui s’est formé, et on le fait sécher à l’abri de la lumière.
L’acétate de potasse se préparait autrefois dans les pharmacies avec le carbonate de potasse et le vinaigre distillé; mais comme dans la distillation l’acide acétique entraîne une petite quantité d’une matière organique qui lui est étrangère, on n’obtenait le sel parfaitement blanc qu’en le faisant fondre sur le feu dans une bassine d’argent, ce qui le rendait quelquefois légèrement alcalin.
La Société de Pharmacie de Paris jugea utile de mettre au concours cette question: trouver le moyen de préparer l’acétate de potasse blanc et saturé sans employer la fusion. MM. Bernouilly et Fremy conseillèrent l’emploi du charbon végétal, et plus tard M. Figuier y substitua celui du charbon animal. Avec de l’acide acétique pur on obtient un produit très blanc, et le Codex de i 83 y ne conseille pas l’usage du charbon.
Pour obtenir l’acétate de potasse on fait dissoudre dans de l’eau distillée du carbonate de potasse purifié, et l’on verse peu à peu cette dissolution dans c!e l’acide acétique à 3 ° ou L\. On fait évaporer la liqueur dans une bassine d’argent, et s’il y a lieu on la décolore par un peu de charbon animal que l’on fait bouillir pendant quelques minutes; on filtre et l’on continue l’évaporation en ayant soin de tenir constamment la liqueur légèrement acide. Quand la solution est arrivée à un certain degré de concentration , il se fait à sa surface une pellicule mince, boursoufflée que l’on repousse avec une spatule d’argent sur le côté de la bassine jusqu’à ce que tout le liquide ait été évaporé. On chauffe encore un peu l’acétate de potasse en le remuant doucement, et on l’enferme encore chaud dans des flacons que l’on bouché aussitôt hermétiquement.
Une préparation remarquable dans laquelle il entre encore du vinaigre est celle qui a porté longtemps le nom d’Onguenl Ægyptiac, à laquelle MM. Henry et Guibourt ont donné celui d’oximellite de cuivre , et que le dernier Codex désigne par celui de miel escharotique.
Voici les proportions des substances qui entrent dans sa composition :
MIEL ESCHAROTIQUE.
Miel blanc. . . . ’ l/j.
Vinaigre fort. ... 7
Verdet pulvérisé. ... 5
On mélange toutes ces matières dans une bassine de cuivre d’une grande capacité, et l’on chauffe en agitant continuellement, jusqu’à solution de l’acétate, coloration en r<>ugeet consistance de miel. Il 8 e fait un grand dégagement de gaz, qui boursouffle la matière; l’acide acétique, qui d’abord dissout l’acétate de cuivre, ne tarde pas à se volatiliser; le miel se décompose en partie, et une portion de l’oxide de cuivre est réduite à l’état métallique ; c’est ce qui donne à la préparation sa couleur rouge, de sorte qu’elle ne consiste plus qu’en un* mélange de miel caramélisé, de cuivre réduit, avec un peu d’acétate de cuivre et do vinaigre qui ont échappé à l’entière décomposition. Cette préparation attire l’humidité de l’air; quelque temps après qu’elle a été obtenue, elle se sépare en deux couches qu’il faut mélanger au moment de s’en servir; elle est surtout employée à l’extérieur dans la médecine vétérinaire.
Le Codex conseille pour la préparation de l’acétate de morphine, de délayer la morphine en poudre dans une petite quantité d’eau, d’ajouter la quantité dVide acétique nécessaire pour la dissoudre, d’évaporer à une douce chaleur, de triturer la masse avec un pilon de verre chauffé, et de renfermer la poudre dans un flacon bien sec et parfaitement bouché M. Soubeiran remarque que l’évaporation de ce sel le change en un mélange de morphine, d’acétate neutre et. d'acétate acide de morphine, mélange toujours incomplètement soluble. Il propose de réduire en poudre line deux parties de morphine, d’ajouter une partie d’acide acétique du bois à 8°, et de triturer. Le mélange se prend en masse, on l’abandonne à lui-même pendant vingtquatre heures, puis on réduit le tout en poudre et l’on conserve l’acétate de morphine dans un flacon après l’avoir séché à 1 air libre.
L’acétate de quinine s’obtient en traitant directement par l’acide acétique la quinine délayée dans un peu d’eau distillée. Ce sel cristallise facilement en aiguilles aplaties, soyeuses et nacrées.
La découverte de l’éther acétique, date de 1709, elle est dueàLauraguais. Schéele pensaitqu’il n’étaitpas possible<leproduire cet éther sans le concours d’un acide minéral. Cependant, Pelletier conseillait, pour obtenir de l’éther acétique, de distiller un mélange d’acide acétique concentré et d’alcool, et de cohober le produit à plusieurs reprises. Toutefois une petite quantité d’acide sulfurique favorise singulièrement la production de cet éther.
Lé procédé indiqué par le Codex a été donné par M. Thénard; il paraît être le plus souvent mis en usage, et présenter le plus d’avantages: