PREMIÈRE PARTIE. — IV
et de Sens à venir au secours de l’église de Noyon, et à lui procurer l’assistance de tous les évêques, abbés, clercs, barons et autres fidèles de leurs provinces.
Cet incendie de 1 1 3 1 produisit une grande sensation. Guillaume de Nangis en fait ainsi mention dans sa Chronique générale: " Anno mcxxxii 1 , tota fere civitas Noviomensium cum « ecclcsia Sanctæ Mariæ et episcopio incendio flagravit. » 11 n’est pas une chronique contemporaine , pas une histoire de Picardie, écrite postérieurement, qui ne parle de ce désastre. Il faut que les effets en aient été bien terribles pour avoir fait une si vive impression à une époque où de tels événements se renouvelaient pour ainsi dire chaque jour.
Vingt et un ans après ce premier incendie, en 1 1 5a, la ville devint de nouveau la proie des flammes : « Quo præsidente « anno 1 1 5a fuit incendium generale totius civitatis. » Ce sont les expressions de Democharès. Un autre écrivain. Desrues, dans ses Antiquités des villes de France, prétend que cette fois les églises ne furent pas atteintes par les flammes; mais cette allégation n’est appuyée par aucune autorité.
En î a 38 a , le feu dévasta, pour la troisième fois, une grande partie de la ville. La cathédrale fut-elle épargnée? Rien ne le
« præstântc Domino valeatis. Datum Cris- « piaci, v cal. jülii. ■
Levasseur nous apprend ( page 85 a ) qu'il a trouvé celte lettre dans le registre capitulaire coté B, fol. 37, privil. 36 .
1 Cette date est évidemment inexacte, puisque la lettre du pape est datée de Creapy, et que c'est seulement en n 3 i qu'innocent II séjourna chez le comte de Vermandois. Tous les autres historiens s’accordent pour placer cet incendie en 1 i 3 i. (Voyez Sigebert et Gallia chnstiana, tom. IX, col. 1001.)
* Duchesne et Desrues parlent de ce troisième incendie à l'année 1338. Mais Democharès fixe sa date en 1338 . Cette version est adoptée par Levasseur et par le Gallia chris tiana : • Anno 1338 , tertio con- « flagravit incendio tirbs Noviomensis. »
( Gallia ckristiana, tom. IX, col. 1008.) L'équivoque provient de ce que Duchesne et Desrues ont confondu la date de l'élection de l’évéque Nicolas de Roye, qui eut lieu en 1338, avec celle de l'incendie, qui n'arriva que dix ans plus tard.
prouve; mais le désastre parait avoir été moins grand qu’en
j 1 3 1 et même qu’en 115 a 1 .
En iag 3 , au contraire, on vit éclater, le ai juillet, jour de Sainte -Praxède, un incendie, plus furieux que les deux précédents, et, s'il faut en croire les écrits qui sont parvenus jusqu'à nous, sa violence fut telle, qu’une grande partie de la ville et presque toutes les églises, y compris la cathédrale, furent réduites en cendres 2 . Voici en quels termes les archives du monastère de Longpont parlent de ce quatrième incendie : « Anno incarnationis Domini 1393, mensejulio, i 3 calendas
• augusti, feria secunda, in aurora cœpit ignis in civitate No- «viomensi, et a dicta aurora usquc in meridiem feriæ tertiæ
• sequentis, ecclesia Beatæ Mariæ Noviomensis, et aliæ ecclesiæ « et quidquid infra muros civitatis continebatur, omnia com-
• busta sunt, et quasi in pulverem reducta, exceptis domibus « templariorum et hospitalariorum et excepta parvula ecclesia « B. Pétri apostoli. » Ainsi le feu dura depuis le lundi matin au point du jour jusqu’au mardi vers le milieu de la journée, et, de tous les monuments religieux, il n’y eut que les maisons des templiers et la petite église de Saint-Pierre qui échappèrent aux flammes 3 .
1 En effet, cet incendie de i?38 est rapporté purement et simplement, sans commentaire ni description, par le petit nombre d'auteurs qui en parlent, tandis que ceux de 1 1 3 1 et de 1 ag3 donnent lieu aux expressions les plus énergiques et aux amplifications les plus effrayantes. Ainsi fauteur du Gallia chrùtiana, qui se contente de dire, en ia38, • Urbs tertio con-
flagravit incendio,» s'exprime ainsi, en
iag3 : «Urbs pene universa quarto conaoiT incendio. •
* Dcmocharès rapporte cet incendie dans les quatre vers suivants :
Miilrqne ter rcntnra «eptrm minus urbs fait trsa Per varium ventum , Noviomi gens quoquç sparsa In Joli roemr, Pmxedis luemjue feaU Utius inccRMo mexnor urbu ta Deux esto.
* Du temps de Levasseur, cette petite église de Saint Pierre avait changé de nom :
on l'appelait l'église Sainte- Gode berte.
(Voyez Levasseur, pag. 84 1 .) 11 n’en reste point de trace aujourd'hui.