‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 2 sur 129 · PREMIÈRE PARTIE. — I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — I

Enfin, nous interrogerons le monument lui-même, nous lui demanderons de nous achever son histoire, après avoir essayé toutefois de démontrer que ce mode d’investigation n’a rien d’arbitraire ni de chimérique, et qu’il constitue une science, encore à son début, il est vrai, mais qu’une saine méthode peut asseoir sur les bases les plus solides.

Nous aurons atteint notre but si nous prouvons par un exemple, quelque imparfait qu’il soit, qu’il ne faut pas désespérer d’établir approximativement l’âge de nos anciens monuments, lors même que les documents écrits semblent muets sur leur compte, ou, ce qui est encore pis, n’en parlent que pour accréditer de fausses et ridicules traditions.

Avant tout, il faut jeter un coup d’œil sur le monument tel qu’il est aujourd’hui.

Du haut des anciens remparts de Noyon, remparts dont il n’existe plus que d’informes débris, on voit s’élever, au-dessus des toits et des fumées de la ville, deux puissantes tours carrées, flanquées chacune à leurs quatre angles d’épais et robustes contre-forts. Ces tours ne s’élancent pas en pyramides, elles sont presque aussi larges au sommet qu’à la base; elles ne sont pas couronnées par des flèches légères, leur toiture en ardoise est courte et ramassée. Tout en elles est sombre et sévère comme la couleur des pierres dont elles sont construites; elles semblent placées là plutôt pour défendre la ville contre l’ennemi que pour renfermer les cloches qui appellent les fidèles à la prière.

Cependant, derrière ces tours, on voitso prolonger un noble et gracieux édifice, vaste corps d’église terminé parun chevet d’où rayonnent de nombreux arcs-boutants, et interrompu vers le milieu de sa longueur par deux bras ou transsepts arrondis à leur extrémité. La forme de ces transsepts produit une succession de lignes courbes et serpentantes que l’œil se plaît à suivre, et communique à tout le corps de l’église une apparence de souplesse et de grâce qui contraste admirablement avec le mâle aspect des deux clochers. Les proportions élancées du monument, la forme aiguë du toit, la riche dentelle qui se découpe en festons sur sa crête, tout concourt

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