‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 74 sur 129 · DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE I. U · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE I. U

bliothèque : quelques jours après, le chapitre s’assemble et donne commission à maistres Pierre le Mard, Jean de Lespinay, Jean Gossuin et Robert Givard, chanoines, d’édifier ladite bibliothèque en tel lieu qu’ils verront bon estre ( Levasseur, p. 1026); mais rien ne prouve qu’ils se soient mis immédiatement à l’œuvre. La mort du roi et celle de l’évêque Raoul de Coucy, qui survinrent peu de temps après; les troubles et l'agitation toujours croissants dans le royaume et particulièrement dans les villes qui, comme Noyon, étaient alors au pouvoir des Anglais; enfin un grand procès entre les chanoines et leur nouvel évêque, Jean de Mailly, querelle qui, pour être moins grave que les guerres entre Français et Bourguignons, n’en absorbait pas moins toutes les pensées du chapitre : telles sont probablement les causes qui firent suspendre la construction de la bibliothèque. Elle n’était pas achevée, ni peut-être même commencée en i 5 oG, car nous lisons dans Levasseur le passage suivant, qui paraît avoir échappé à ceux qui supposent que la construction remonte à 1422. «Le 16 e jour de nov. audit an (1 5 o 6 ), l’affaire de la librairie se remet sus. Le sieur Doyen offre cent francs pour cet œuvre. Ordonné qu’il sera advisé du lieu. Et le 20 e jour de novembre, ouy le maistre de fabrique et commissaire à ce députez, fut arrestée la place le long de l’allée qui meine de l’église à la porte Corbaut; et à cet effect sera tiré le bois à ce nécessaire de nos forêts et se fera ladite librairie suivant le pourtraict ou patron exhibé au chapitre le sixiesme jour de mars i 5 ofi. Le bailly de chapitre donne cent sols pour le bastiment, à condition qu’il en aura une clef 1 . »

L’emplacement dont il est ici question est celui qu’occupe

1 Conclusions capitulaires des îG novembre i5o6 et i4 juin 1507, rapportées par Levasseur, p. 1 1 1 1.

la bibliothèque actuelle : il est donc hors de doute que rien n'aura été construit avant 1 5 o 6 , et que le bâtiment tout entier, bien que sculpté dans le goût de la fin du xv' siècle, appartient au milieu du règne de Louis XII.

A cette époque, la nécessité de cette construction devenait de plus en plus urgente, car les chanoines de Noyon possédaient déjà une belle collection de manuscrits et même d’ouvrages imprimés par les procédés nouvellement découverts. Le premier noyau de cette bibliothèque avait été formé par un chanoine nommé Guillaume de Camba, lequel, en mourant (le 12 mai 1417), laissa option au chapitre ou de cent écus d’or à prendre dans sa succession, ou de beaux exemplaires manuscrits des Décrétales, des Clémentines, de la Somme de saint Thomas, du Miroir de droit et d’autres ouvrages estimés à 200 francs. Ces messieurs, dit Levasseur, firent choix des livres. On voit, à l’admiration qu’il en éprouve, que le chapitre, de son temps, eût probablement opté pour les cent écus d’or.

On ne trouve plus aujourd’hui dans cette bibliothèque que quelques volumes dépareillés; tous les livres de prix ont disparu il y a cinquante ans.

Il nous resterait maintenant, pour achever l’étude de la première planche, à constater les mesures de tous les bâtiments dont elle nous donne le plan ; mais l’échelle placée au bas de la feuille doit nous dispenser de ce soin. Nous nous bornerons à indiquer la longueur de l’église comme terme de comparaison avec nos plus grandes cathédrales. Cette longueur est d’environ 100 mètres dans œuvre, depuis l’entrée du porche jusqu'à l’extrémité de la chapelle de la Vierge. Les cathédrales de Chartres, d’Amiens et de Reims ont de 1 3 1 à i 38 mètres de longueur : nos églises de second et de troisième ordre ne s’étendent guère au delà de 60 à 80 mètres. La cathédrale de

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