‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 80 sur 129 · FAÇADE MÉRIDIONALE · texte numérisé non relu

FAÇADE MÉRIDIONALE

Le clocher et le transsept du côté du sud, l'abside et les deux derniers étages de la nef sont représentés dans cette planche tels qu’ils sont aujourd’hui. Quant au rez-de-chaussée de la nef, il est rétabli tel qu’il était primitivement. En se reportant à la première planche, on verra qu’en avant de ces fenêtres à plein cintre géminées, il s’élève aujourd’hui trois chapelles (savoir, celles du Saint-Sépulcre, de Notre-Dame de Bon-Secours et de Saint-Nicolas), dont les toits, de forme et de hauteur inégales, masquent aux yeux du spectateur, non-seulement le rez-de-chaussée, mais même les fenêtres du premier étage. Ces lignes discordantes sont d’un effet désagréable, et empêchent de se rendre compte du véritable caractère du monument. Voilà pourquoi on a cru devoir faire abstraction des trois chapelles, et représenter le mur de l’église tel qu’il était avant leur construction. On ne se serait cependant pas donné cette licence, s’il avait fallu rétablir cette ancienne muraille d’après de simples hypothèses; mais deux témoins irrécusables, savoir deux des anciennes fenêtres, existant encore aux deux extrémités de la nef du côté septentrional, ont permis de marcher à coup sûr dans ce travail de restauration graphique. Nous pouvons donc affirmer, avec une complète assurance, que cette façade méridionale était, vers 1 a5o, telle quon la voit ici représentée.

Toutes les ouvertures de la nef se terminaient donc en plein

cintre : mais n’est-il pas vrai que ce sont des pleins ciDtres si sveltes, si élancés, qu’il ne faudrait presque rien pour en faire des ogives. Les fenêtres supérieures surtout sont d'une élégance, d’une légèreté qui fait oublier leur forme arrondie. On peut juger sur ce dessin , bien mieux que dans les descriptions que nous avons essayé d’en donner, combien ces arcades à jour, en formant galerie, doivent avoir un aspect brillant et pittoresque.

On peut juger aussi combien la disposition de chaque travée des transsepts est à la fois heureusement conçue et originale. Rien de plus simple et de plus vigoureux que ce grand soubassement extérieur percé d’une seule ogive; puis au-dessus viennent deux ogives plus hardies et couronnées à leur tour par ces deux arcades à jour, inscrites dans un demi-cercle surhaussé. La manière dont ces trois étages sont espacés, la puissance et la simplicité de la construction dans sa partie inférieure, sa richesse et son éclat à mesure qu elle s’élève, ce sont là des combinaisons qui annoncent la connaissance des vrais principes, l’obéissance aux lois que toutes les bonnes architectures, toutes les époques fidèles au bon goût ont eu soin de respecter.

Nous ferons remarquer ce trèfle à jour qui occupe le centre de l’arc à plein cintre des fenêtres supérieures du transsept. Le trèfle, comme on sait, est un ornement propre au style à ogive: il en est pour ainsi dire le cachet. Que, dans l’intérieur de la nef de Noyon, on voie ces grands trèfles à jour évidés dans le tympan des ogives de la tribune, rien de plus naturel; mais ce qui mérite attention et ce qui est une preuve nouvelle de cette fusion volontaire des deux styles que nous avons signalée, ce sont ces mêmes trèfles sculptés au centre de ces arcs à plein cintre.

Nous ne parlons pas ici des moulures qui se promènent sur

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