‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 88 sur 129 · DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE VII · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE VII

vées il deviendrait impossible de les distinguer; les derniers seraient complètement masqués, et la profondeur de la nef serait, en apparence, beaucoup ditninuée.Grâceàl’alternance, au contraire, les piliers sont assez espacés pour que la vue plonge dans l’intervalle qui les sépare, et pour qu’on les aperçoive tous jusqu’au dernier. Chaque plan de la perspective se trouvant ainsi fortement accusé, l’effet général est à la fois bien plus varié et bien plus régulier que dans la plupart des nefs d'église dont tous les supports sont semblables.

Sr nous devions chercher encore une des causes qui donnent au chœur de la cathédrale de Noyon un air moins svelte et moins dégagé qu’à la nef, nous la trouverions dans ces annelures qui, de distance en distance, coupent les grands fuseaux qui supportent les voûtes. H y a des exemples d’annelures de ce genre qui ne manquent pas d’élégance; mais celles-ci ont beaucoup trop de saillie, et elles sont si rapprochées, que les fuseaux qu elles enveloppent ressemblent à d’énormes bamboux. Heureusement, le style à ogive, en se perfectionnant, s’est débarrassé de ces annelures; en rendant entièrement lisses les fûts de ces longues colonnes qui filent tout d’un jet comme des fusées, depuis le sol jusqu’aux combles, on a décuplé les moyens d’effet dans les intérieurs d’église, on est entré franchement dans l’esprit de l’architecture verticale, on lui a donné sa véritable expression.

S’il n’était pas déjà prouvé que la construction de la nef de Noyon a dû être postérieure à celle du chœur, on s’en convaincrait par cela seul qu’il n’y a plus d’annelures dans la nef. Nous allons trop loin en disant qu’il n’y en a pas: ou en voit sur le faisceau de colonnes engagées qui sépare les deux premières travées, et, ce qui est assez remarquable, il en existe une seule dans le bas du semblable faisceau placé entre les

deux travées suivantes. C’est là probablement la dernière annelure qui aura été faite dans l'église : on aura reconnu qu’il était bien préférable de s’en passer, et tout le reste de la nef a été construit avec des colonnes lisses.

Jusqu’ici nous n’avons comparé que la nef et le cbœur; quant aux transsepts, leur décoration , comme nous l'avons dit, est entièrement distincte. Cette arcature à plein cintre, qui sépare les deux rangées d'ogives, est une combinaison d’un très-heureux effet; peut-être ne l’emploierait-on pas avec autant de succès dans une nef d’église, c’est-à-dire en perspective et sur une longue ligne plane et horizontale : cette petite galerie paraîtrait peut-être alors comme écrasée entre les deux rangs de grandes ogives. Mais dans ces hémicycles, grâce à la courbe des lignes, cette disposition est complètement heureuse, et elle a d’ailleurs l’avantage de se distinguer, par un contraste fortement accentué, de la décoration de tout le reste de l’église.

Cette coupe longitudinale nous permet de pénétrer dans l’intérieur du clocher méridional. Là encore nous trouvons le mélange de l’ogive et du plein cintre; mais le mélange s’opère tout autrement que dans les autres parties de l’édifice ; au rezde-chaussée et au dernier étage, on voit deux arcades à plein cintre, inscrites dans deux grandes ogives, et entre ces deux ogives, une petite colonnade à plein cintre d’une proportion charmante et détachée de la muraille. Nous avons déjà remarqué cette disposition sur le plan. (Voir planche 1”.)

Nous trouverons, dans les planches suivantes, des dessins sur une plus grande échelle, qui nous permettront d’apprécier certains détails qu’il serait très-difficile d’indiquer dans cette vue d’ensemble.

Nous n’avons plus à faire que quelques observations à propos de cette coupe. La première, c’est qu’il n’existe, sous la

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