‹ Monographie de l'église Notre-Dame de Noyon. Plans, coupes, élévations et détailsChapitre 113 sur 139 · DEUXIEME PARTIE. — PLANCHE XXIII · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE. — PLANCHE XXIII

au reste du plan présente également les combinaisons les plus diverses.

Nous allons passer rapidement en revue tous ces monuments, soit pour en déterminer la date et le caractère, soit pour montrer comment dans les uns le type primitif, l'idée pure de ces sortes de plans se trouve réalisée, comment dans les autres on n'en aperçoit qu'une trace presque imperceptible.

En tête du tableau nous avons placé un édifice en ruine, longtemps connu à Rome sous le nom de temple de la Paix, mais que Nibby et tous les autres antiquaires modernes s'accordent à regarder comme les restes de la basilique de Constantin. Le temple de la Paix, bâti par Vespasien, fut incendié du temps de Commode, vers l'an igi de notre ère, et ne fut pas réédifié. Les ruines dont nous parlons sont d'une époque évidemment plus récente, ainsi que le constate le caractère de la construction. Une médaille de Maxence, trouvée en octobre 1828 dans un massif de maçonnerie détaché de la voûte, aurait au besoin dissipé tous les doutes. Ces trois grandes salles voûtées, qui ne portent aucun des caractères propres aux temples antiques, formaient une des trois subdivisions d'une vaste fabrique bâtie par Maxence pour l'usage de magasin, puis convertie, après sa mort, en église à trois nefs, et consacrée au service divin par Constantin, vainqueur et chrétien. Des fouilles exécutées en 1812 ont mis à découvert les fondations de tout l'édifice, et ont permis d'en reconnaître la disposition générale. Au fond de la nef du milieu, vis-à-vis de la porte d'entrée, il y avait une abside comme dans les basiliques ordinaires; mais ce qui donne à ce monument quelque analogie avec ceux qui nous occupent, c'est qu'au milieu de la nef latérale, qui seule a survécu aux deux autres, on voyait un enfoncement semi-circulaire qui semblait faire l'office d'un

transsept. Toutefois rien ne prouve que de l'autre côté de l'édifice, dans la nef correspondante, il y eût un semblable hémicycle. Nous ne pouvons à ce sujet faire que des conjectures, parce que cette partie du monument n'existe plus, et que les fouilles de 1812 n'ont donné de ce côté que des renseignements incomplets. On prétend même qu'il n'est pas possible de croire à l'existence de cette seconde abside latérale, parce qu'elle aurait empiété sur la voie Sacrée, qui bordait le flanc du monument. On ajoute que fabside latérale qui subsiste n'a été construite qu'après coup, et probablement à une époque où, voulant changer l'entrée de la basilique et lui ouvrir une façade sur la voie Sacrée, on aurait été amené à pratiquer, vis-à-vis de la nouvelle porte, un nouveau sanctuaire.

Si ces explications sont exactes, la basilique de Constantin ne devrait pas figurer sur notre tableau des églises à transsepts semi-circulaires; mais, dans le doute, nous avons donné le plan des constructions existantes et le dessin hypothétique des parties détruites. Après tout, lors même qu'il serait prouvé que cette basilique était flanquée de deux hémicycles latéraux, nous n'y verrions qu'une ébauche bien imparfaite d'une église à transsepts arrondis. Les trois hémicycles placés à si grande distance les uns des autres, séparés par des lignes rectangulaires si prolongées, ne jouent qu'un rôle tout à fait secondaire; ils sont à peine aperçus, et semblent troubler la régularité et fharmonie du plan, au lieu de lui imprimer un caractère de symétrie et d'originalité.

Ainsi la basilique de Constantin, lors même que son hémicycle latéral ne serait pas une construction parasite et étrangère au plan primitif, ne saurait être considérée comme une véritable église à transsepts semi-circulaires. Quant aux autres basiliques de l'ancienne Rome chrétienne, nous les visiterions

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