‹ Monographie de l'église Notre-Dame de Noyon. Plans, coupes, élévations et détailsChapitre 115 sur 139 · DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE XXIII · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE XXIII

nous avons la conviction que les plus anciennes, les plus belles, les plus nobles, celles qui nous reproduiraient le plus fidèlement l'idée mère qui dut présider à la conception de ces sortes d'églises, seraient celles où les trois hémicycles se marient et se lient l'un à l'autre , à l'extérieur aussi bien qu'à l'intérieur, sans que l'interposition d'aucune forme disparate vienne troubler leur harmonieuse union.

Aussi regardons-nous les églises de Cologne, devant lesquelles iio.us voici maintenant parvenus, comme de vrais modèles de cette pureté de formes qui nous semble caractériser le type de cette famille d'églises. Ces trois beaux monuments sont d'une importance à peu près égale, quoique de dimensions diverses : comme exemple de ce genre d'architecture , l'église Saint-Martin-le-Grand, malgré ses proportions modestes, n'est pas d'un moins grand prix que la majestueuse Sainte-Marie-du-Capitole et que les Saints- Apôtres , dont le plan est à la fois si grandiose et si élégant.

Nous ne voulons pas indiquer ici les différences de détails qui distinguent ces trois églises : ^îa vue des trois plans les fait assez connaître; nous ne chercherons pas non plus à approfondir la question de savoir si , comme on le croit généralement , Sainte-Marie-du-Capitole est d'une date beaucoup plus ancienne que les deux autres. Que sa construction remonte au viii^ ou IX* siècle, ou seulement au siècle des Othon, il importe assez peu : à l'une comme à l'autre de ces deux époques, il existait entre Cologne et l'Orient des relations qui suffisent pour expliquer la présence, dans ces régions septentrionales, d'une architecture si évidemment méridionale par ses formes et par son esprit; on peut donc s'abstenir d'un débat qui, ne reposant que sur des questions de détail, nous jetterait dans les interminables minuties d'une polémique archéologique; le seul point

sur lequel il faille insister, le seul qui soit essentiel pour le sujet qui nous occupe, est celui-ci : dans ces trois églises l'hémicycle central et les deux hémicycles latéraux ont exactement la même profondeur, la même largeur, la même courbe, il y a entre eux une sorte d'identité; et, en second lieu, au lieu d'être séparés par des hgnes rectangulaires, ils se touchent et s'unissent immédiatement. Que si de petites tours rondes, octogones, ou même carrées s'élèvent aux points de jonction, ce sont de simples accessoires, qui, loin d'interrompre l'union des trois hémicycles, la rendent encore plus apparente, et donnent à l'ensemble du monument un aspect plus harmonieux.

Telles sont à nos yeux, nous le répétons, les conditions fondamentales d'une église à transsepts arrondis.

Allons-nous retrouver ces conditions exactement observées dans tous les monuments dont les plans figurent sur cette planche? Nullement; presque tous, au contraire, nous offrent des altérations plus ou moins notables des principes que nous venons déposer. Les seuls qui lui soient complètement fidèles, sont : 1'

1° Sainte-Elisabeth de Marbourg,

2° Saint-Sauveur de Saint-Macaire,

3° Saint-Germain de Querqueville,

4° Saint-Saturnin de Saint- Wandrille.

Ces deux dernières églises, véritables miniatures à côté des grands édifices qui les entourent, réalisent, chacun dans leur genre, les deux conditions que nous avons posées, savoir: identité de forme et de dimension dans les trois hémicycles, et absence de toute ligne rectangulaire aux points où ils se rencontrent. L'une de ces églises, Saint-Saturnin, est d'un type encore plus pur que l'autre, parce que les hémicycles ont une longueur égale à leur profondeur, ce qui est la loi du plein

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