‹ Monographie de l'église Notre-Dame de Noyon. Plans, coupes, élévations et détailsChapitre 116 sur 139 · DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE XXIII · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE XXIII

cintre, tandis que, dans l'église de Querqueville, les absides, beaucoup plus profondes que larges, se rapprochent déjà des données propres aux plans des églises à ogive; et cependant ces deux petites églises sont à peu près aussi anciennes l'une que l'autre, s'il en faut juger par certains détails de leur construction et particulièrement par les pierres à peine taillées et rangées en arêtes de poisson , dont se compose en grande partie leur maçonnerie. La tradition veut que ces deux petites églises soient antérieures au xi" siècle, et probablement la tradition n'a pas tort. Mais si, abstraction faite du caractère de la construction, il fallait juger de leur ancienneté relative par la lorme du plan , nous n'hésiterions pas à supposer que le droit d'aînesse appartient à foratoire de Saint- Wandrille.

Quant à Saint-Sauveur de Saint- Macaire, quoique remontant à l'époque romane, et construit entièrement à plein cintre, ce monument est de date beaucoup plus récente que les deux autres. L'église Saint-Sauveur doit avoir été construite vers la fin du xi" siècle, et peut-être même au commencement du xn*. Le plan en est admirablement pur : il est impossible de mieux réaliser l'idée d'une église à transsepts semi-circulaires. Les trois hémicycles ne sont pas seulement parfaitement semblables, mais leur largeur est à peu près égale à leur profondeur, et si leurs points de jonction laissent apercevoir quelques petites lignes rectangulaires, ces accessoires n'ont pas plus d'importance que dans les églises de Cologne, et n'altèrent en rien la pureté du plan. Mais nous devons faire remarquer un détail de construction qui ne s'est encore présenté dans aucun des plans que nous venons d'examiner : les hémicycles ne sont semi-circulaires qu'à l'intérieur, extérieurement leur forme est polygonale. Cette altération du type primitif suffirait pour indiquer que l'église n'est pas d'une construction très-ancienne. Ces absides

polygonales sont déjà un acheminement vers le style à ogive. Il paraît qu'en Grèce, où l'on voit aussi quelques églises, entre autres celles d'Aracliova et du Dochiarion, dont les transsepts sont ainsi arrondis en dedans et à pans en dehors, il est admis par la tradition que la construction en est postérieure à celle des églises dont les transsepts sont arrondis en dehors comme en dedans.

Passons à Sainte-Elisabeth de Marbourg. Ici la forme polygonale règne, non-seulement à l'extérieur, mais à l'intérieur des trois hémicyles : à la vérité, le monument est entièrement construit dans le système à ogive : les fenêtres sont divisées par des meneaux, leur largeur est égale à celle des trumeaux qui les séparent, les contre-forts sont saillants; en un mot, tout dans ce plan porte les caractères de l'architecture à ogive, et cependant le signe distinctif et essentiel des églises à transsepts semi-circulaires, c'est-à-dire l'identité de l'hémicycle central et des deux hémicycles latéraux se rencontre dans cette église sans la moindre altération. Cette identité existe aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur ; pointde groupes de chapelles autour de l'hémicycle central, point de nef collatérale l'enveloppant et lui servant de ceinture; rien de plus, rien de moins dans aucun des trois; la ressemblance ou plutôt l'identité est complète. C'est peut-être là un exemple unique, du moins nous ne connaissons pas une autre église d'un style aigu aussi prononcé où se trouvent observées avec une exactitude aussi rigoureuse les lois propres aux églises à transsepts semi-circulaires. Elle ne manque à ces lois que par la forme polygonale de ses hémicycles; mais c'est là une conséquence de son mode de construction. Il est vrai que les transsepts de Noyon et celui de Soissons, quoique bâtis dans le style à ogive, sont arrondis en dedans comme en dehors; mais, dans l'église de Noyon et

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