‹ Monographie de l'église Notre-Dame de Noyon. Plans, coupes, élévations et détailsChapitre 117 sur 139 · DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE XXIII · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE XXIII

dans les transsepts de Soissons, le style à ogive est à peine formé, tandis qu'à Marbourg il est presque complètement dégagé de tout mélange de transition.

En résumé, Sainte-Elisabeth de Marbourg au xiii'' siècle, Saint-Sauveur de Saint-Macaire au xii% Saint-Martin-le-Grand et les Saints-Apôtres de Cologne au xf, Sainte-Marie du Capitule, Saint-Germain de Querqueville, et Saint-Saturnin de Saint- Wandrille à une époque probablement antérieure à l'an 1 ooo, tels sont, parmi tous les monuments dont les plans sont réunis sur cette planche, ceux qui reproduisent de la manière la moins imparfaite le type d'une église à transsepts semi-circulaires. Nous devons ajouter à cette liste Saint-Quirin de Neuss; car si, dans cette église, la jonction des trois hémicycles se trouve interrompue à l'extérieur par une succession de petits angles rentrants et saillants, il faut reconnaître qu'à l'intérieur les trois hémicycles sont à peu près identiques, et que, sous le rapport de la symétrie et de l'harmonie ils laissent peu de chose à désirer.

Mais tous les autres monuments que nous allons maintenant passer en revue présentent des altérations , plus ou moins notables, des deux principes fondamentaux posés ci-dessus.

Toutefois, ces altérations ne sont pas toutes de même nature; elles ne proviennent pas toutes du fait du premier architecte; souvent au contraire, au lieu d'être nées avec le monument, elles ne résultent que de la réédification de quelques-unes de ses parties. Dans cette catégorie, il faut placer en première ligne la cathédrale de Tournay. Si nous ne savions, par le témoignage de l'historien de cette église, Jean Cousin \ que le

' « L'année auparavant , à sçavoir 1 1 1 o, que quatre-vingts ans après ou davantage ,

furent mis les fondements du chœur nœuf soit à cause de la grandeur et profondeur

de l'église cathédrale de No.itre-Dame de que requeroit un corps de bastiment si

Tournay, lequel n'a esté achevé et voûté grand et si haut que celuy qu'on encom-

chœur a été reconstruit au xii"" siècle, et que l'ancien chœur était beaucoup moins profond que le nouveau, il nous suffirait pour en avoir la preuve, soit de jeter les yeux sur l'architecture de ce chœur, postérieure évidemment à celle du reste de l'église, soit d'examiner sur le plan les deux hémicycles latéraux, qui se marient si bien avec la nef, si mal avec le chœur, et qui semblent attendre qu'un troisième hémicycle de même forme et de même profondeur vienne les relier, et rendre à l'ensemble du plan son harmonie et ses proportions. Si la cathédrale de Tournay n'avait pas été en partie reconstruite , si elle était aujourd'hui telle qu'elle était au xi* siècle, ce ne sont pas seulement quatre tours qui s'élèveraient au centre de l'église, nous en verrions six, car il y en avait nécessairement une de chaque côté de l'hémicycle central. Ces six tours, vues en perspective, devaient certainement produire un grand effet, car déjà les quatre qui existent donnent au monument une phy-

mençoit, ou à faute de diligence ou de «occupata memoria videns, (S. Bernar-

nioyeiis. Tant y a que j'ay remarqué que «dus) non videbat: jam quippe annum

l'an 1 1 /15 quand Henry, chanoine de Tour- » integrum exegerat in celia noviliorum,

nay, receut la révélation de la vie de Sainct- « cum exiens inde ignorarel , utrum adhuc

Eleulhere, et vit une flamme allumée ve- « desuper celata essetdomus ipsa. » Et à la

nir sur lui et entendit des voix avec une marge est annoté, que celata se prend pro

impétuosité comme d'une grande multi- testudineata , comme en ce texte tiré des

lude de gens arrivans effroiablement , registres de cette église de Tournay, où

l'édifice n'estoit pas encore fermé , car cela testudo chori et celaiura sont mis pour une

luy advint passant au soir par la fabrique mesmc chose.

nœufve du chœur. Longtemps après, sça- « Au demeurant, aucuns ont opinion que voir est environ l'an 1198, l'evesque Es- le chœur antique n'alloit pas plus avant tienne donna une bonne somme de de- qu'environ jusques où est de présent le niers, tin opus maioris ecclesiae, ad for- Moyse de cuivre auquel on chante l'epistre « mandam decenler testudinem sive cela- es jours feriaux, d'autant que de nostre • luram ipsius ecclesiae, » pour l'œuvre de temps , quand on a cuidé enterrer quella grande église, pour former proprement qu'un , l'on a trouvé un peu plus outre à la voûte ou estofferie de la mesme église. coslé une sorte de puits profond avec de On lit en la vie de saint Bernard, livre I, l'eau. » ( J. Cousin, Histoire de Tournay, chapitre iv, au tome IV de Surius : « Tota tome III, page i63.)

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