‹ Monographie de l'église Notre-Dame de Noyon. Plans, coupes, élévations et détailsChapitre 133 sur 139 · DEUXIEME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE

et de puissance temporelle de l'évêque, pour faire admettre les vieilles traditions dans la nouvelle église.

1 167. — Baudouin III. Doyen du chapitre. Sa mémoire était en grande vénération parmi les chanoines ; il avait confirmé et notablement amplifié leurs droits et privilèges.

1 \'jk- — Rejnold ou Ren-aud. Son origine est inconnue. Il assista au concile de Rome, tenu en la basilique de Saint-Jean de Latran, l'an I 180. C'est sous son épiscopat qu'a été frappée la monnaie gravée sur bois à la page 1 i . (Voir ci-dessus, page 228.)

I 1 98. — Etienne I". Fils de Gauthier de Villebéon, chambellan de France. Ce prélat fut en grand crédit auprès du roi Philippe- Auguste ; c'est lui qui se rendit en Danemark, à la tête d'une députation solennelle, pour demander au roi Knud VI la inain de sa sœur Ingeburge-, et, lorsque le monarque français voulut répudier sa nouvelle épouse, ce fut encore Etienne, évêque de Noyon , qu'il chargea de défendre sa cause devant le saintpère ; plus tard , il se servit de lui pour faire déclarer légitimes les deux enfants qu'il avait eus d'Agnès de Moravie.

Etienne , comblé de faveurs , répandit à son tour de nombreux bienfaits sur son chapitre et sur son église. C'est lui certainement qui a mis la dernière main à l'église Notre-Dame. Il dota largement deux de ses chapelles, celle de Saint-Maurice et celle de Notre-Dame de la Gesine. Son épiscopat est un des plus brillants dont les annales de l'église de Noyon gardent le souvenir.

Nous avons déjà vu qu'il avait obtenu du roi Philippe- Auguste la concession , ou plutôt la confirmation du droit do battre monnaie , droit dont ses devanciers avaient usé , mais sans autorisation aussi régulière.

,22 1. — GÉRARD DE Basoches. Fils de Nicolas, seigneur de Basoches, et d'Agnès de Chavisy. Les Basoches appartenaient à la maison de Chastillon et en retenaient les armes. Sous ce prélat, la bonne harmonie entre les bourgeois et le chapitre fut sérieusement troublée, à propos d'un serviteur de l'église que le maire

et les échevins avaient fait appréhender pour quelques méfaits par lui commis. Grande fut la colère du chapitre; il fulmina l'excommunication contre la "ville. L'évêque s'interposa comme arbitre , fit mettre le prisonnier en liberté , leva l'excommunication, et, profitant de la circonstance pour fortifier encore les droits de son église, rendit une sentence portant que le maire et dix des jurés noyonnais jureraient sur les saints Evangiles de ne jamais porter la main sur un chanoine , clerc ou serviteur de l'église de Noyon , et que , chaque année, ce serment serait solennellement renouvelé ^

Vainqueur dans ses démêlés avec la bourgeoisie de Noyon , Gérard de Basoches triompha également des prétentions d'un puissant seigneur du voisinage, Enguerrand, sire de Coucy, au sujet de la mouvance du château de Quiercy, ancienne résidence royale de Charles le Chauve. Il fut reconnu que l'évêque tenait le château en fief, aux droits du roi Philippe I", qui f avait donné à Radbod II , un des prédécesseurs de Gérard , et que foi et hommage lui étaient dus par Enguerrand.

Gérard de Basoches figura au nombre des prélats et sei-

' « Juramenlum luajoris et juratorum.

« llem major el jurati , el communia , « singulis annis , jurabunl episcopo quod « non miUere manum in canonicos aut « clericos de choro Noviomensis ecclesia; , (I aut servientes eorum qui sunt de maui- II pastu ipsorum , nisi forte ipsi servientes « sint decommunia Novioœensi, etc. etc. »

On voit, par ce serment que les bourgeois acceptèrent, quelle était la dépendance el la soumission de la commune vis-à-vis du pouvoir épiscopal. Celte subordination avait toujours existé, grâce à l'habileté de Baudry ; elle se perpétua dans le xui" et le xiv' siècle. On peut s'en convaincre en ouvrant un registre conservé dans les archives de la mairie de

Noyon , registre dont nous avons déjà parlé plus haut (page lit); on y trouvera parmi les serments que les maires, échevins et jurés, étaient tenus de faire chaque fois qu'ils étaient renouvelés, les mots suivants :

« Défense que le maire fait à la fenêtre de l'hôtel de ville lorsqu'il revient de prêter serment au chapitre:

« Je vous enjoins sur peine de corps et de castel,que pour discorde même contre aucun chanoine de Noïon ou leurs clercs de chœur, ou à leurs serviteurs, il ne soit aucun qui crie commune, et, s'il advenoit que aucun le feisi, il encourroit el peine de corps et de eastel. »

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