‹ Monographie de l'église royale de Saint-Denis: tombeaux et figures historiquesChapitre 32 sur 102 · LA CRYPTE · texte numérisé non relu

LA CRYPTE

Set Gaveaoi , les Caiapelles , ses Monuments tanéralres.

Les historiens de Fabbaye de Saint-Denis font à peine men- OD de la vaste crypte qui s'étend au-dessous de toute la partie u chevet de l'église , telle que Suger l'avait réédifiée. Dans 5 livre de son administration , Suger se contente de dire que » piliers et les voûtes de la crypte inférieure sur lesquels esait la charge entière de l'abside , furent construits par lui vec un soin tout particulier. Ce n'est ni dans le livre de Doublet , ni dans celui de Millet , qu'il faut chercher quelques déails sur cette curieuse partie de l'église. Vous y verriez seuement que, sous le chevet, il y a une belle grotte environnée le plusieurs chapelles , en nombre égal à celles du chevet de 'église supérieure ; que l'entrée de celle crypte se trouve )rès du grand escalier de l'abside, à main droite ; et que dans telle église basse il existe un très-bon puits.

Félibicn ne parle de la crypte qu'à l'occasion des travaux |ue Ix>uis XIV y fait faire en 1683, pour l'agrandissement du :aveau destiné à la sépulture de la branche royale de Bourbon. Test donc au monument lui-même, et à lui seul, qu'il faut Jemander tout ce que nous en voulons connaître.

Jusqu'à l'époque où un décret impérial décida que l'églii^e ie Saint-Denis deviendrait la sépulture de la dynastie de

Napoléon , la crypie resta renfermée dans ses anciennes limites , qui étaient aussi celles que l'abbé Suger avait données à l'abside supérieure. Elle se composait d'une partie centrale correspondant au sanctuaire de l'église haute , d'un collatéral tournant, et de sept chapelles profondes. Ces chapelles avaient une étendue égale à celle des chapelles du chevet, plus la largeur de la seconde galerie du collatéral. Au lieu d'un bas-côté double, la crypte n'en avait qu'un simple. Les architectes impériaux ont défiguré le plan de cette crypte , comme ils ont fait de toute l'église , en creusant à travers les massife des murs et quelques vieux caveaux de sépulture, des passagt^ et des salles, afin de parvenir à reporter les deux entrées de l'église basse sous les anciennes chapelles de Notre-Dame-la- Blanche et de Saint-Jean-Baptiste. Le sol de ces deux dernières chapelles , qui était autrefois à peu près de niveau avec celui des croisillons, a été exhaussé sur des voûtes, et là se sont ouvertes deux portes du style gothique le plus équivoque. Le plan que nous publions mettra sous les yeux du lecteur, d'une manière plus intelligible que le texte , l'ancienne et la nouvelle disposition de la crypie. Aujourd'hui on entre par le croisillon septentrional de l'église pour aller sortir par le croisillon opposé. A chacune des deux portes il existe un escalier composé de vingt-un degrés.

Après avoir traversé quatre salles ou galeries, sombres, humides , voûtées comme les caves les plus vulgaires, on atteint l'ancien collatéral et les chapelles du rond-point.

Quelques débris d'une petite arcature à plein cintre qui se rencontrent encore çà et là appliqués aux massifs des murs , sont, comme nous l'avons dit, les témoins les plus évidents d'une reconstruction do la crypte qui fut antérieure à Suger, et que nous serions disposé à reporter au règne du roi Robert. Les coionneUes de cette arcature sont coiffées de chapiteaux

istonéâ d*un travail rude et sauvage ; quelques-uns ont été efiits par nos raccommodeurs modernes, et il est facile de les Boonnailre. En général , il faut se méfier de la sculpture d'orementation de la crypte ; elle a été retouchée presque partout, t dans quelques parties entièrement renouvelée. Ceci expliuera comment des chapiteaux , dont l'ensemble accuse l'épone de Suger, présentent dans leurs détails des larves et des igures en désaccord complet avec le style de l'architecture.

Deux colonnes de marbre rosé qui ont fait partie de Téglise le Dagobert, ou pour le moins de celle de Charlemagne, porent encore leurs chapiteaux de marbre blanc sculptés d après les traditions évidentes de Tart antique. Un troisième cha- Mteau de même espèce surmonte une colonne de pierre ^haussée d'une base en marbre blanc. Malheureusement le iseau peu respectueux de la restauration, est encore venu rariver tous les contours de la sculpture , et refouiller les détails ■ffacés par le temps.

Les voûtes du collatéral et des chapelles sont en arête; les ircs-doubleaux , et les ouvertures sont en plein cintre. Deux 'enétres laissent arriver dans chaque chapelle une lumière ibondante.

L'architecture de certaines parties de la crypte laisse voir la race de remaniements singuliers qui datent évidemment de 'époque où le sanctuaire supérieur fut agrandi par Mathieu ie Vendôme. Ainsi aux deux extrémités du collatéral, des coonnes à chapiteaux du xiii*' siècle font face à des colonnettes du \r. La construction de ces colonnes qui portent celles de la ^nde abside et qui soutiennent en même temps une portion des voûtes de la crypte a dû rencontrer de sérieuses dsfficultés.

lies salles par lesquelles on sort de la crypte, après avoir •jnillé la ligne des chapelles , sont de facture nouvelle cornmo <«*llei qui existent du côté de rentrée, à l'exception toulofois

d'une salle carrée qui se trouve au midi, sous l'ancienne chapelle de saint Louis , et dont la voûte est croisée de nervures prismatiques.

La partie centrale qui formait primitivement le sanctuaire de la crypte, est devenue, depuis Tannée 1683, le caveaa royal des Bourbons. Elle est fermée de toutes parts ; les entrecolonnements par lesquels elle communiquait avec le collatéral ont été exactement murés.

Ce sanctuaire souterrain , qui contint d'abord une grande partie des reliques de Tabbaye , et dont une portion était dédiée à saint Démètre, paraît avoir été abandonné à une époque déjà très-ancienne; depuis le xvi* siècle, nous ne trouvons aucune trace de cérémonies religieuses qui s*y seraient accomplies. Nous avons seulement la preuve qu'avant le xvii« siècle il n'avait point servi de sépulture.

a Tous les roys, reynes et autres ensépulturez à Saint-Denys « reposent dans les caveaux qui sont sous leurs tombeaax, a sans qu'il y en ait aucun ailleurs, ce que je dis pour désabuser « plusieurs personnes (mesmes des gens de qualité) qui s'i- « maginent qu'il y ait une grande cave dans laquelle sont « tous les roys, en chair et en os, et demandent qu'on la leur « monstre , dont je me suis souventefois estonné , veu mesme « que plusieurs qui vivent encores ont peu voir mettre les cinq « derniers roys décédez non en ceste cave imaginaire, mais « dans le tombeau des Vallois, sçavoir, Henry II et ses trois « fils, et Henry IV, dans le caveau commun des rois, où il est « encores. On en peut dire autant de François I"" et de « Louis XII, et de tous les autres; car quant à la grotte qui « est sous le chevet, il n'y a, ny eut jamais, corps ny sépul- « ture d'aucune personne * . »

Page 1