MONOGRAPHIE
ment où il allait mourir, repose avec son fils aîné loin de la tombe de ses pères. Mais peut-èlre sur la terre étrangère leurs cercueils, mieux respectés que sous les voûtes de Saint-Denis, n*ont-ils pas à redouter le traitement fait aux restes de Henri lY et de Louis XIV.
Au fond d*un hémicycle qui termine le caveau royal du côté de l'orient, une petite armoire en pierre , -fermée d'une mauvaise grille en fonte, et portée sur deux colonnettes à chapiteaux du xiii*^ siècle, contient quelques parcelles des corps de Henri IV, de Marie de Médicis et de Louis XIV; deux cœurs qui proviennent de Tancienne église de la maison professe des Jésuites, à Paris, et qui ont été recueillis comme ceux de Louis XIII et de Louis XIV; quelques débris dont l'origine n'est pas connue , et enfin le cœur de Louis XVIIL Ces restes, renfermés dans des boîtes de plomb et de vermeiK ont été déposés là dans les derniers jours du mois de juillet de l'année 1846.
L'aspect du caveau royal est triste et misérable. Le jour n'y pénètre jamais; Fair n'y circule point, et l'humidité couvre le sol d'une végétation fétide; la rouille ronge les tréteaux de fer ; les planches des cercueils se disjoignent et pourrissent; les enveloppes de velours et d'argent sont réduites en morceaux. L'armoire construite l'an dernier, pour les débris arrachés à la profanation de 1793 , est d'une mesquinerie indécente.
Les travaux exécutés dans ce caveau depuis le commencement de notre siècle, ont amené quelques découvertes curieuses. En 481 4 , à peu près au-dessous du maître-autel de l'église haute , on rencontra un cercueil de pierre dans lequel étaient les restes d'un cadavre qui avait été enveloppé de bandelettes et d'étoffes d'or, dont quelques lambeaux existaient encore. Ce cercueil ne fut ouvert que par un bout; on ne
chercha pas à l'extraire, daos la crainte de faire crouler le mur où il se trt)uvait engagé. Peut-être renfermait-il le corps d'un de ces anciens abbés, dont les sépultures furent découvertes, en 4683, par les ouvriers qui creusèrent la galerie souterraine. On a trouvé encore les fragments de plusieurs lombes mutilées, un morceau de marbre sculpté qui paraît avoir Cait partie d'un sarcophage antique , des poteries et des tuiles romaines , enBn une portion de muraille disposée en hémicycle qui pourrait avoir appartenu à quelqu'une des premières églises érigées en ce lieu par sainte Geneviève ou par Dagobert.
D autres caveaux voisins du caveau royal , mais dans lesquels on peut pénétrer par le collatéral de la crypte, renferment les cercueils de Louis VU , de Louise de Lorraine , fenune de Henri III, du prince de Condé, mort en 1818, du duc de Bourbon , père de l'infortuné duc d'Enghien ; les ossements qui furent retrouvés en 1817, dans les fosses de la cour des Valois, où la révolution avait jeté tous les rois; et quelques-uns de ces grands cercueils de pierre dans lesquels étaient inhumés les rois jusqu'à la fin du xiv« siècle. Nous donnerons de plus amples détails sur ces caveaux à mesure qu'ils se rencontreront sur notre passage dans le parcours de la partie de la crypte où sont rangés les monuments.
Nous suivrons , pour la description des monuments , Tordre dans lequel ils sont placés, et qui est à peu près l'ordre chronologique. C'est, comme nous l'avons dit, par une porte ouverte sur le croisillon septentrional de l'église, qu'on doit entrer dans la partie accessible de la crypte. Les quatre premières salles contiennent les monuments des rois et reines des deux premières dynasties.