‹ Monographie de l'église royale de Saint-Denis: tombeaux et figures historiquesChapitre 36 sur 102 · I. Mutée de» Mouwment» français, n · texte numérisé non relu

I. Mutée de» Mouwment» français, n

du côté gauche , à l'entrée de la crypte, a été découvert dans l'église de Saint-Germain des Prés *. La description que donne Montfaucon d'un tombeau trouvé, en 4704, dans la fouille faite pour les fondations du nouveau maître-autel de cette abbaye, s'applique parfaitement au débris que Saint-Denis en a recueilli.

Montfaucon pensait que le tombeau pouvait renfermer le corps du roi Chérebert; il demanda qu'on en fît l'ouverture, mais l'assistant du général de l'ordi-e des bénédictins, qui était présent à cette découverte , défendit de toucher au cercueil, dans la crainte qu'il ne fût dépouillé, comme l'avaient été d'autres tombeaux ouverts dans la même église en 4645. De nouvelles recherches furent faites en 4799, par le directeur du Musée des monuments français, assisté de deux anciens religieux de Saint-Germain. On retrouva le même tombeau à la place indiquée par Montfaucon, c'est-à-dire, à environ deux mètres au-dessous de l'ancien autel. C'était un cercueil en pierre de Saint-Leu, long de six pieds, et fermé par un couvercle de marbre qui devait être beaucoup plus ancien que le cercueil lui-même. Un corps réduit à l'état de squelette reposait dans ce tombeau ; il avait les pieds tournéâ vers l'orient; son vêtement, qui se composait d'un manteau et d'une tunique de laine enrichis d'ornements en broderie, existait en grande partie; sa chaussure en cuir s'était aussi conservée ; près du mort , à son côté droit , avait été déposée une espèce de crosse en bois de coudrier, presque aussi longue que le cercueil , et surmontée d'une petite traverse d'ivoire travaillée à jour. L'examen de ces précieux attributs donne la preuve que le tombeau renfermait les restes, non pas d'un

1. Nous prévenons le lectear qu'il doit regarder comme ayant apparteoo de tout temps à l'église de Saint-Denis les monuments dont rorigine n'est pa^ in* diquée on discutée par nous.

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suivant les expressions du père Dubreuil. La statue de marbre aura été brisée par les révolutionnaires ; mais la vieille effigie de pierre dont elle avait usurpé les droits, s*est retrouvée dans Tabbaye ' et tient aujourd'hui, à Saint-Denis,' le premier rang de la série de nos rois.

La figure, tous ses accessoires, et le lit qui la supporte, ont été taillés dans un seul bloc de pierre. Le travail en est lourd et dépourvu de finesse , bien que le style de la sculpture en fixe Tcxécution aux dernières années du xii*" siècle, ou au commencement du siècle suivant. 11 arrive souvent que les statues de celle époque nous paraissent d'une longueur ei, d'une maigreur excessives; celle-ci pèche par le défaut contraire , elle est épaisse et courte.

Une couronne ornée de pierreries et surmontée de fleurons qui ont été cassés, entoure la tète du roi appuyée sur un coussin. Les cheveux sont longs et tombent sur les côtés, la barbe est entière , la proportion de la tête et du visage est exagérée en grosseur. Une tunique serrée par une ceinture et attachée au cou par une large boucle ronde, couvre le corps. Une escarcelle pend au côté droit par un double cordon. Un long manteau complète le costume ; il est ouvert en avant et retenu par une attache transversale. Le sceptre posé dans la main droite est une restauration moderne. La main gauche se relève sur la poitrine et s'arrête à l'attache du manteau. La chaussure, fortement échancrée par dessus , laisse une grande partie du [)ied à découvert. Des traces de coloration existent sur diflTérentes parties du vêtement, surtout dans les plis qui ont été fouillés le plus profondément. Un lion d'un travail barbare, couché sur le flanc gauche , soutient docilement sur son dos les deux pieds de Clovis. Pour rassurer le lecteur à l'égard de

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