‹ Monographie de l'église royale de Saint-Denis: tombeaux et figures historiquesChapitre 38 sur 102 · ANMO DOMINI Y.IIII RB6NI SUI XXX · texte numérisé non relu

ANMO DOMINI Y.IIII RB6NI SUI XXX

« Le roi Clovis , dit Grégoire de Tours , mourut à Paris et « fut enseveli dans la basilique des saints apôtres S qu*il a avait lui-même construite avec la reine Clotilde. Or, il « quitta ce monde cinq ans après le combat de Vouillé. Le « nombre total des années de son règne fut de trente. Il a vécu a en tout quarante-cinq ans. De la mort de saint Martin à celle « du roi Clovis, qui arriva la onzième année de Tépiscopat a de Licinius, évéque de Tours, on compte cent douze ans.»

Le fameux Hincmar a&sure qu'au même moment où Clovis mourut à Paris, saint Remy, alors à Reims, fut instruit de cet événement par révélation de TEsprit saint, et rannooça aux personnes qui se trouvaient près de lui.

Clovis a été représenté très-souvent dans nos monuments, soit en sculpture , soit en peinture. Mais ce n'est pas une raison de croire que nous possédions son portrait. On le trouve plusieurs fois sculpté avec saint Remy à la cathédrale de Reims. Nous avons vu sa vie , son baptême , ses exploits peints dans plusieurs églises célèbres d'Italie.

A Rome , des fresques à la gloire de Clovis et de saint Remy couvrent tous les murs d'une chapelle de l'église de Saint- Louis des Français. Raphaël Vanni a peint à Sienne , dans réglise de la Trinité , d'un style grandiose , la victoire de

I . On sait que celle église pril dans la suite le nom de Sainte-Oenevifere dooi elle reufermait le tombeau. Elle a été détruite ; la rue Clovis passe sur son emplacement. M. Albert Lenoir donne, dans la Statistique monmnentale de Fêtu, le dessin de plusieurs tombes d'une extrême antiquité qui furent décooTertes à l'époque de la démoliiion de l'édifire.

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Clovis sur Alaric Le baptême de Jésus- Christ, celui de Constantin , et celui de Clovis , ont été même quelqtiefois sculptés ensemble; c'était une manière ingénieuse de rappeler à la fois le salut du monde entier, la défaite du paganisme impérial et la conversion de ces redoutables Francs qui sont devenus les fils aînés de FÉglise.

3 et 4. Prétendues statms de Clovis et de Clotilde '. — Au fond du premier caveau, dans les angles, s'élèvent deux statues en pierre, longues , minces, d'une exécution par faite et d'une gravité remarquable , qui proviennent de la façade principale de lancienne église de Notre-Dame, à Corbeil *. Nous ne pouvons admettre que M. Lenoir ait parlé sérieusement, quand il a dit que ces figures dataient du vi*' siècle, et qu'il s'est efforcé d'y trouver la véritable ressemblance deCIcvis et de Clotilde. Aujourd'hui, il ne |)eut être douteux pour personne qu'elles appartiennent au xii*" siècle. Des savants, de premier ordre sans doute, mais qui n'avaient étudié rarchéologie que dans des livres , et qui dissertaient sur les monuments souvent sans les avoir vus , se figuraient , il n'y a pas longtemps, que nos églises étaient remplies de statues mérovingiennes tirées des églises primitives rebâties aux xii* et xjir siècles ; ils en voyaient à Saint-Germain-d es-Prés , à la cathédrale du Mans, à Notre-Dame de Paris, à Saint-Denis, à Saint-Bénigne de Dijon , à la cathédrale de Chartres , et c'étaient toujours les portraits les plus exacts du monde de quelques rois ou empereurs français.

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