I. Mutée des Monuments français^ no 9 lis
S. Les babiunls de Corbeil qai , pendant la révolation , avaient va vendre la rhisse de leor patron dont le prix fut em|»loyé à l'acquisition d'une guillotine, ont laitte démolir le magniûque portail de Notre-Dame. On en peut voir des fraK- «eni» admirables dans le parc de Montgermoni , près de Pringy, sur la route di* FuataloeMeao.
L'abbé Lebeuf , dans son histoire du diocèse de Paris, n'a fait qu'une simple mention des six statues placées à la grande porte de Notre-Dame de Corbeil , entre lesquelles il remarqua surtout celle d'une reine ; il ne se doutait certainement pas de l'importance historique qu'on devait chercher à leur attribuer un jour. En leur assignant pour date la fln du xi* siècle, il n'était pas très-loin de la vérité.
Comme celles du grand portail de Chartres , ces statues étaient appliquées à des colonnes. Elles sont nimbées et richement costumées. Tous les détails de la sculpture ont été traités avec un soin extrême et une grande habileté de main. Le prétendu Clovis , coiffé d'une couronne rehaussée de pierreries, tient de la main gauche , sur un pan de son manteau, un livre garni d'une couverture historiée et d'un fermail. La figure de reine , au visage gracieux et souriant, déroule des deux mains une banderole destinée à recevoir quelque texte sacré ; ses cheveux nattés et tressés avec des rubans de la manière la plus élégante , descendent jusqu'aux genoux. Il faut examiner avec la plus grande attention l'agencement de la ceinture, le tissu gaufré et brodé de la tunique , du corsage et du manteau ; l'orfèvrerie de l'agrafe du manteau , et celle de la couronne; la disposition des manches et du voile. Gros, qui était un grand peintre, et qui d'ailleurs accepta sans contrôle cette figure pour celle de Clotilde , l'a reproduite à la covpole de Sainte-Geneviève» Que représentent donc ces deux statues? Est-co David, Salomon, Esther ou Bethsabée, ou bien la reine de Saba , ou quelques personnages de la loi nouvelle. Le lecteur peut choisir à son gré. Ce qui est bien certain , c'est qu'elles ne représentent ni Clotilde, ni Clovis.
Citons encore Grégoire de Tours, au sujet des derniers jours (le Clotilde. « La reine Chrotechilde, après la mort de son a mari , vint à Tours ; et là , servant Dieu dans la basilique de
nages ; elle a été détruite avec tous les monuments qu'elle renfermait.
Nous comprenons bien qu'on ait réuni à Saint-Denis les tombeaux et les statues des rois restés sans asile; mais nous ne pensons pas qu'il fût bien utile de rétablir, d'après les gravures assez mauvaises et assez peu fidèles de Montfaucon , des tombes de princes qui , comme Clotaire I«% n'avaient jamais eu de monument à Saint-Denis. Celte tombe , qui a été modifiée et qui ne mérite pas une description , fut exécutée en 1817 par un sculpteur nommé Germain.
8. Trois reines. — Trois tètes de fantaisie , copiées encore d'après les planches de Montfauqpn , et gravées sur une même dalle , dans des encadrements trèfles , représentent , dit-on : Ultrogothe, femme de Childebert P»"; Haregonde, femme de Clotaire V ; Ingoberge , femme de Chérebert. Ces bustes, qui paraissent de la même main que la tombe de Clotaire , ne sont d'aucun intérêt. La dalle , relevée contre le mur, est posée sous une ogive que supportent deux colonnettesdu xiii^ siècle.
Heureusement pour la mémoire d'Ultrogothe , nous lisons dans une vie très-ancienne de sainte Bathilde un éloge de sa vertu qui vaut un peu mieux que le monument de Saint-Denis : « Elle était la mère des orphelins, la consolatrice des pupilles, t la bienfaitrice des pauvres et des serviteurs de Dieu , le sea cours des moines fidèles. »
Haregonde fut la mère du roi Chilpéric l".
Ingob(Tge, veuve du roi Chérebert, mourut dans la soixantedixième année de son âge. Grégoire de Tours nous apprend qu'elle le fit appeler pour qu'il l'aidât dans ses actes de dernière volonté. Elle fit des legs à plusieurs églises et donna la liberté à beaucoup de personnes. C'était, suivant l'historien des Francs, une femme d'une grande sagesse , vouée à la vie relij:ieuse, assidue aux veilles , aux prières et aux aumônes.
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et de la droite une abside d'église qui , par la dispoaitioD de ses étages ainsi que de la tour dont elle est accompagnée, rappelle assez bien Tensemble de Tabside de Saint-Germain. Le manteau est drapé avec noblesse ; ses deux bouts supérieurs sont passés dans un anneau qui les retient sur la poitrine du personnage.
6. Bas-relief antique. — Un fragment de bas-relief en marbre blanc, trouvé en \ 806 dans les déblais du caveau central , a été placé à côté du monument de Childebert. Autant que permettent d'en juger les mutilations qu'il a souflfértes, on devine qu'il a fait partie d'un sujet de chasse ou de combat, comme on en voit sur un grand nombre de sarcophages galloromains, et par exemple, sur celui de Jovin, aujourd'hui placé dans la cathédrale de Reims. Une figure guerrière , mieux conservée que toutes les autres, est coiffée d'un casque et tient un bouclier. Ce débris est peut-être le dernier reste du tombeau de quelque prince mérovingien.
7. Clo faire I^^. — a Le roi Clotaire , la cinquante-unième (( année de son règne, tandis qu'il chasse dans la forêt de Cuise, « est saisi de la fièvre et retourne à sa maison deCompi^ine; « et là, comme le mal le tourmentait cruellement , il disait : « Ah ! que croyez-vous que soit ce roi céleste qui tue ainsi a d'aussi grands rois? C'est dans ces tristes pensées qu*il rena dit l'esprit. Ses quatre fils le transportant avec grand hon- « neur à Soissons , l'ensevelirent dans la basilique du bien- « heureux Médard '. » Montfaucon a publié deux tombes plates, gravées en creux, qui étaient placées sur la sépulture de Clotaire II et sur celle de Sigobert, son fils, à Saint-Médard; elles n'étaient pas antérieures au xiii» siècle. La même église possédait aussi deux anciennes statues des mêmes person-
\ . Gréfç. de Tours, Ilist. eccl. des Francs.
i; elle a été détruite avec tous les monuments qu'elle renfennail.
Nous comprenons bien qu'on ait réuni à Saint-Denis les tombeaux et les statues des rois restés sans asile; mais nous ne pensons pas qu'il fût bien utile de rétablir, d'après les gravures assez mauvaises et assez peu fidèles de Montfaucon , des tombes de princes qui, comme Clotaire I«% n'avaient jamais eu de monument à Saint-Denis. Celte tombe, qui a été modifiée et qui ne mérite pas une description , fut exécutée en 4847 par un sculpteur nommé Germain.
8. Trois reines. — Trois télés de fantaisie , copiées encore d'après les planches de Montfauqpn , et gravées sur une même dalle , dans des encadrements trèfles , représentent , dit-on : Ultrogotbe, femme de Childebert I*»"; Haregonde, femme de Clotaire V ; Ingoberge , femme de Chérebert. Ces bustes, qui paraissent de la même main que la tombe de Clotaire, ne sont d'aucun intérêt. La dalle , relevée contre le mur, est posée sous une ogive que supportent deux colonnettes du xiii^ siècle.
Heureusement pour la mémoire d'Ultrogothe , nous lisons dans une vie très-ancienne de sainte Bathilde un éloge de sa vertu qui vaut un peu mieux que le monument de Saint-Denis : « Elle était la mère des orphelins, la consolatrice des pupilles, t la bienfaitrice des pauvres et des serviteurs de Dieu , le seff cours des moines fidèles. »
Haregonde fut la mère du roi Chilpéric I"".
Ingoberge, veuve du roi Chérebert, mourut dans la soixantedixième année de son âge. Grégoire de Tours nous apprend qu'elle le fit appeler pour qu'il l'aidât dans ses actes de dernière volonté. Elle fit des legs à plusieurs églises et donna la liberlé à beaucoup de personnes. C'étail, suivant l'historien (les Francs, une femme d'une grande sagesse , vouée à la vie religieuse, assidue aux veilles , aux prières et aux aumônes.
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9. Chérebert. — Une colonne de pierre, surmontée d'un chapiteau de marbre, dont nous croyons le travail cariovingien, porte un buste auquel on a donné arbitrairement le nom de Chérebert. On assure que cette sculpture provient d'une des statues de rois qui garnissaient autrefois les ébrasures des portes de la façade occidentale de Saint-Denis. Les Bénédictins avaient attribué à toutes les figures de leur portail des noms de rois et de reines de la dynastie mérovingienne. En admettant même ce système de sculpture historique dont la fausseté nous paraît évidente , nous serions fort embarrassé de nommer une série de ûgures royales , tant est grande la confusion qui existe dans Iç classement de nos rois jusqu'au règne de Pépin le Bref.
1 . Chilpéric l" — C'est dans Grégoire de Tours qu'il faut lire l'histoire de ce prince bizarre, et chercher de curieux détails sur son caractère. La chronique de Verdun, écrite loin de la cour de Paris et presque en pays ennemi , nous assure que Chilpéric était pire que Néron et qu'Hérode. Il mourut assassiné , à Chclles , au retour de la chasse, par un amant de Frédégonde ou par un émissaire de Brunéhaut; les deux reines paraissent avoir à ce meurtre des titres égaux, sur lesquels les r.hroniqueurs n'ont pas prononcé. A peine Chilpéric fut-il mort que tous les siens l'abandonnèrent. Mallulphe , évèque de * Senlis, ayant appris ce qui se passait, vint laver le corps, le couvrit de ses meilleurs vêtements, puis, après avoir passé la nuit à chanter des hymnes, le mit dans une barque, et alla rinhumer à Paris, dans la basilique de Saint-Vincent '.
La tombe de Chilpéric, sculptée en relief de la même manière et dans le même temps que celle de Childebert, a été brisée pendant la révolution. On l'a remplacée par une tombe