‹ Monographie de l'église royale de Saint-Denis: tombeaux et figures historiquesChapitre 4 sur 102 · DESCRIPTION · texte numérisé non relu

DESCRIPTION

et dimensions. — Nous allons indiquer sommaireicleur ce que l'église présente aujourd'hui de plus t.

construite sur un plan disposé en croix latine. Ses s principales sont les suivantes :

Mèlres. Cent.

e la façade, y compris les contre-forts

»8 latérales 33 5(K

sans CCS contre-forts 29 40

de l'église, dans œuvre 408 46

I plus grande 37 04

sous clef de vôute ^8 92

42 MONOGRAPBIE

le prieur célébra , le jour du départ , en présence de tous ses frères. L'église fut cependant conservée intacte après la retraite des religieux ; elle reçut même en dépôt les reliques de la Sainle-Chapelle de Paris , dont le chapitre cessait aussi d'exister, et, ce qui semblera plus extraordinaire , elle se vil apporter quelques tombeaux restés sans asile. Le Monittyr du 3 septembre 1791 donne à ce sujet quelques renseignements qu'il est bon de recueillir. Une commission de savants, établie depuis neuf mois à la bibliothèque des Quatre-Natioos, avait proposé à l'assemblée nationale de réunir à Saint-Denis les monuments de la famille royale placés dans des églises ou dans des couvents supprimés. Cette proposition avait été accueillie avec faveur*. Lors de l'aliénation de l'abbaye de Royaumont, qui eut lieu en 1791, deux anciens religieux bénédictins, les sieurs Poirier et Pulhod, se transportèrent dans ce monastère au nom de la commission. Ils y arrivèrent le 27 juillet, et commencèrent immédiatement l'examen des sépultures et des épitaphes. Les mausolées des princes de la

I . L'assemblée nationale « après avoir décrété qae les biens du clergé appartenaient à Û chose publique, chargea son comité d'aliénation de veiller à la conser^ vation des monuments des arts qui étaient renfermés dans ces domaines. M. de Larochefoucauld, président de ce comité, réunit quelques savants et plosieurç artistes pour procéder au choix des monuments et des livres que l'on voulait conserver. La municipalité de Paris, spécialement chargée, par l'assemblée nationale, de l'exécution du décret, nomma aussi des savants et des artistes pour les adjoindre à ceux que le comité d'aliénation avait choisis pour se faire assister par eux dans ses opérations. Ces savants, ainsi réunis, formèrent une commission nommée Commission des Monuments. Dès lors on chercha des lieux convenables pour recevoir les trésors que l'on voulait préserver de la destruction. Le comité d'aliénation affecta la maison des Petits-Augustins pour les monuments de sépulture et les tombeaux ; celles des Capucins, des Grands-Jésuites et des CordeUers pour les livres, manuscrits, etc. La commission publia une instruction savante sur les moyens de coiiserver les objets précieux qu'elle se proposait de recueillir (Alexandre Lenoir, Musée des Monuments français). M. Lenoir fut adjoint à la commission, comme conservateur des monuments, le 12 octobre 1790; un décret du I janvier 1791 le conflnna dans ses fonctions.

DK SAINT-DENIS. ^3

voQfiwire ; au tympan , le Christ vient communier lui-même saint Denis et ses deux compagnons, dans leur prison. Le tympan et \es voussures de la porte du nord appartiennent presque entièrement aux restaurations modernes ; ce sont de pitoyables caricatures. Un zodiaque, aujourd'hui incomplet, couvre les montants de cette dernière porte ; les travaux des douze mois sont représentés sur les pieds-droits de celle du midi.

Il existe une autre porte d'un travail très-remarquable à rextrémité du croisillon septentrional. Elle a conservé six grandes statues , qui sont certainement celles de quelques-uns des ancêtres de Jésus-Christ , mais auxquelles on a donné les noms des premiers rois de la dynastie capétienne. L'auteur de ce mensonge historique a réussi au delà de ses espérances ; ces figures ont été moulées, et leurs plâtres, placés au musée de Versailles , passent pour les portraits daguerréotypes de Hugues Capet, de Robert, de Henri, de Philippe, de Louis VI, et de Louis VII. Les sujets sculptés au tympan de la porte, sont la condamnation et le supplice de saint Denis.

Les chapiteaux des colonnes et les rinceaux qui complètent rornementation des quatre portes monumentales de l'église, sont d*un travail excellent, et très-supérieur à celui des figures.

Appareil polychrome, — Aux deux côtés de la rose du portail occidental , des baies en ogive sont remplies par des a«i«e9 alternées de pierre blanche et de marbre noir. Ce difiail rappelle le système suivi dans la construction de la plupart des églises italiennes du moyen âge. L'abbé Suger D'aurait-il pas voulu mettre là un souvenir de ce qu'il avait Ta dans les deux voyages qu'il fit en Italie à la suite des abbés ses prédécesseurs? 11 nous apprend lui-même, dans le ÏKn de son administration , qu'il avait apporté le plus grand

soin à la conservation d'une mosaïque placée au tympa d'une des portes de la façade ; il la fit rétablir à la porte d nord ; un détestable bas-relief en occupe aujourd'hui la plac déjà usurpée , en 4 774 , par une sculpture non moins mai vaise.

Architecture intérieure, — Nef, — Les deux première travées à la suite du portail sont un reste de l'église d Suger ; elles forment aujourd'hui un porche intérieur ; c'ei un heureux accident qui donne beaucoup de caractère l'aspect du monument. La nef que construisirent Eudes Cli ment et Mathieu de Vendôme, sous les règnes de saint Lou et de Philippe le Hardi, s'étend sur une longueur de hu travées ; elle est accompagnée de collatéraux. Jusqu'au con mencement de notre siècle, la suite des chapelles n'était con plète que du côté du nord. Au midi , il existait seulemei une chapelle double , qui ouvrait sur les deux dernières tn vées du bas-côté, et communiquait avec le croisillon. Aujou d'hui , une longue chapelle qui sert de chœur aux chanoine pendant l'hiver, et une sacristie ont été bâties sur les s autres travées, dans un style à peu près conforme à celui c l'église. Des colonnes en faisceaux soutiennent les arcs e ogive et les voûtes de la nef. Une galerie à jour très-élégan règne au-dessus des arcs latéraux de la nef centrale. De nor breuses et larges fenêtres éclairent tout l'édifice. Les jou paraissent trop multipliés ; l'exagération des vides donne l'architecture un aspect grêle et presque inquiétant. La ms tresse voûte manque de profondeur et tourne au plein cintn ce défaut , assez rare dans les constructions du xiii® siècli est devenu bien plus sensible depuis que des barbares o exhaussé tout le sol , sous prétexte de garantir le monume de l'humidité.

La petite galerie de la nef se continue dans le pourtour d

T0i8ilk>ns et du sanctuaire. Deux roses immenses illuminent e transept.

Abtide, — Le sanctuaire et l'abside, terminée en hémicycle, se divisent , dans leur circonférence , en treize travées. La première, de chaque côté, date du même temps que la nef; les autres , un peu plus anciennes , sont aussi d'une architeclare un peu différente ; des colonnes monostyles , coiffées de chapiteaux à crochets, en portent les arceaux. Le bas-côté de l*at)side devient double à partir de la troisième travée. Les ookmnes qui le partagent en deux galeries , les sept chapelles du chevet, toute l'enveloppe extérieure de l'abside, en un mot, ont appartenu à l'église de Suger. Quatre autres chapelles , dont une est changée en salle de service , ont été bâties à des époques différentes, dans le cours du xiv« siècle, sur le flanc des deux premières travées du sanctuaire.

Tout le chevet de l'église est exhaussé sur un grand nombre de marches. C'est sous cette partie de l'édifice que se trouve la grande crypte , dont nous parlerons ailleurs avec détail , en décrivant les tombeaux qu'elle contient maintenant.

DécoratUm renouvelée, — I^ décoration entière des chapelles, do roaltre-autel et de l'abside, a été renouvelée. On s'est servi presque toujours d'anciennes sculptures tirées du musée des Monuments français ; mais aussi on les a souvent dénaturées pour les adapter à leur destination actuelle. Nous indiquerons rapidement les parties les plus curieuses de cette ornementation.

Chosur d* hiver, — Sculptures^ xiv' siècle ; stalles et hoiteries, xv* siècle. — Au devant d'un autel latéral, un basrelief très-remarquable, du xiv* siècle, représente la naissance du Christ, l'adoration des Mages, le massacre des Innocents, la fuite en Egypte. Une grille du xiii* siècle ferme la partie do la chapelle réservée aux chanoines. Los stalles, du xv* siècle ,

^16 MOMOGRÂPHIE

proviennent de l'ancienne abbaye de Saint-Lucien-lez-Beauvais ; des figures bizarres , des sujets grotesques empruntés aux romans et aux fabliaux , des ouvriers , des artistes , des industriels du temps , sont sculptés sur les miséricordes. Des boiseries admirables, tirées de la chapelle du château que le cardinal d*Amboise s'était construit à Gaillon , servent de dossiers à une partie des stalles ; elles présentent un rang de sujets en marqueterie , et un autre de bas-reliefs. Un basrelief, de la fin du xiv* siècle, représentant les scènes principales de la Passion, décore l'autel majeur. Les figures d'apôtres sont des plâtres moulés sur les statues de la Sainte- Chapelle de Paris. Le grand tableau du martyre de Saint- Denis , peint par Crayer, est un don de Napoléon,

Chapelles du nord de la nef, — Chapiteaux , bas-reliefe, retables , des viii«, xiii*, xiv*, xv®, xvi* siècles.

\ ^^ chapelle. — Une statue de Henri II , sculptée en pierre par Germain Pilon, et transformée, depuis quelques années, en Christ au tombeau.

Des chapiteaux en marbre du temps de Charlemagne; une statue du Christ et une de la Madeleine, xiv** siècle ; un retable de très-grande dimension , en bois , sur lequel est sculptée la Passion du Sauveur, commencement du xvi* siècle.

2« chapelle, — Bas-relief en pierre peinte, fin du xiii® siècle, ayant pour sujet le martyre de saint Hippolyte. Les Actes des apôtres, bas-reliefs en pierre, autrefois placés au jubé de l'église abbatiale de Saint-Père, à Chartres; ils sont datés de 4543.

Retable en pierre, commencement du xiv« siècle, tout fleurdelisé ; un Christ en croix en occupe le milieu.

3* chapelle, — Au retable et au devant d'autel , quatre bas-reliefs en marbre , xiv*" siècle ; ils représentent plusieurs personnages bibliques , saint Denis évangélisant le peuple de

Paris, et le même saint communié, dans sa prison, par Jésus- Christ.

Trois bustes en pierre de saint Denis et de ses compagnons , %Pf* siècle.

!• chapelle, — La légende de saint Eustache , sculptée en pierre, au retable , commencement du xiv« siècle.

5* chapelle, — Devant de Tautel, grand bas-relief en pierre noire, xvi* siècle; le Christ et les apôtres, sculpture provenant de réglise des Mathurins , à Paris.

Au retable , la Passion , en pierre peinte , xiv'' siècle ; une élégante architecture encadre les sujets.

Au-dessus du retable, la Trinité, groupe en terre cuite qui date du xvii« siècle, et qui était autrefois à Paris, dans l'église de Saint-Benoît-le-Bientourné.

Des chapiteaux en marbre blanc de style corlovingien.

Le lieu où le Christ , venu pour consacrer l'église , guérit un lépreux.

Transept, — Crucifix, xiv* siècle. — Les chapelles du transept, en marbre et en bois sculpté , sont modernes; les précieux cruciGx en cuivre et en argent , placés sur leurs autels , datent du xiv" siècle.

Maltre-avtel, — Le maitre-autel de l'église est encore paré d*un bas-relief considérable en vermeil, dessiné par Loir, qui représente l'adoration des Bergers , et qui fut donné , en 4 682, à l'abbaye par un ancien religieux.

Châsses des martyrs. — Au fond de l'abside , les châsses des niartyrs placées dans un curieux édifice de style gothique, et le siège du primicier, composé de fragments de la boiserie du château de Gaillon.

Chapelles absidales. — Les chapelles du chevet ont été peintes il y a peu de temps. Elles possèdent, presque toutes, des sculptures très-remarquables.

manda point d'être réuni à sa femme , qui avait été inhumée en 1380, à Saint-Denis, dans la chapelle de la très-sainte Trinité (la 6- de la nef).

Guillaume du C has tel.— GmWaume du Chastel, écuyer du dauphin Louis et panetier du roi Charles VII, périt le 20 juillet 1441, pendant le siège de Pontoise, en défendant le passage de rOise contre les Anglais commandés par le duc d'Yorck. 11 plut au roi, pour sa grande vaillance et les services qui lui avait faiz en maintes manières^ que ce noble homme fût enterré à Saint-Denis. Son tombeau, ses armoiries et sa statue se voyaient contre le mur du croisillon septentrional , à l'entrée de la chapelle de Notre-Dame-la-Blanche.

Louis de Pontoise. — Louis XI ayant vu tomber à ses côtés, à l'assaut de la ville du Crotoy, le chevalier Louis de Pontoise, ordonna que le corps de ce vaillant capitaine de gendarmes fût porté à Saint-Denis. Les religieux l'inhumèrent dans la chapelle de Saint-Louis, qui était la troisième de la nef, au nord. L'assaut du Crotoy avait eu lieu le 8 août 1475.

Sépultures concédées par Louis XIV. — Enfin, Louis XIV associa aux honneurs de la sépulture royale le duc de Châtillon, le marquis de Saint-Maigrin , capitaine-lieutenant des chevau-légers de la garde et lieutenant général , et le maréchal de Turenne. Le duc de Châtillon, tué en 1649 à la prise de Charenton, fut inhumé sous une simple tombe en pierre de liais. Un monument de plomb, en forme de trophée , modelé par Slodtz, s'élevait, dans le collatéral du midi , en Thonneur de Jacques Stuer de la Caussade , marquis de Saint-Maigrin, tué le 2 juillet 1652, sous les yeux de Louis XIV, au combat du faubourg Saint-Antoine. Turenne eut un mausolée magnifique dans la chapelle de Saint-Eustache , la seconde de l'abside au nord.

Il n'est pas sans intérêt de savoir en quels termes a'expri-

mait Louis XIV dans les lettres adressées aux religieux de Saint-Denis, au sujet de la sépulture de ces trois personnages. Nous empruntons quelques lignes aux documents originaux , dont le texte se trouve tout entier dans les pièces justificatives de l'histoire de dom Félibien.

Le duc de ChàtUlon. — « Désirant faire connoistre à toute la France la sati$faction qui nous demeure des grands et considérables services rendus à cet Estât par feu nostre très-cher cousin le duc de Chastillon, et tesmoigner le ressentiment que nous avons d*une si grande perte, dans la résolution que nous avons prise de faire rendre à sa mémoire tous les honneurs que de si signalez et recommandables services luy ont fait mériter de nostre affection, voulant luy faire faire un service à nos despens et que son corps soit inhumé en vostre église, qui est le dépost de tant de rois et de tant de grands et illustres personnages qui ont si dignement servy cette monarchie, nous vous faisons cette lettre de Tavis de la reyne régente , nostre très-honorée dame et mère , pour vous dire que vous ayez à Ty recevoir et Fy faire inhumer avec toute la pompe et la cérémonie qui se pourra. »

Le marquis de Saint-Maigrin. — o Les grands et recommandables services qui nous ont esté rendus par le feu marquis de Saint-Maigrin, capitaine-lieutenant des chevau-légers de nostre garde et lieutenant général de nos armées , et les preuves continuelles qu'il a données d'une valeur extraordinaire dans toutes les occasions où il s'est trouvé, nous ayant fait ressentir avec beaucoup de douleur la perte que nous en avons faite au dernier combat qui s'est fait dans les fauxbourgs de nostre bonne ville de Paris, entre nostre armée et celle des princes qui ont pris les armes contre nostre service, nous ne pouvons mieux tesmoigner le sensible regret qui nous en demeure qu'en prenant seing de faire rendre à sa mémoire les

lages d'une délicatesse surprenante (xiv*' siècle) ; une croix en pierre qui provient du cimetière des Saints-Innocents à Paris (fin du XV* siècle) ; des boiseries du château de Gaillon ; un tableau sur bois représentant la flagellation ; une prédication de saint Jean dans le désert, sculptée en bas-relief par Germain Pilon pour la chaire de l'ancienne église des Grands- Augustins à Paris ; enfin , un Saint-Jean-Baptiste , statuette en marbre , œuvre contemporaine sortie du ciseau de M. Feuchère.

Statues^ XIII® et xiv* siècles. — Une statue de saint Denis, qui surmontait autrefois le pignon occidental de la nef de l'église; une grande Vierge en pierre coloriée; une reproduction en plâtre de la célèbre Vierge de marbre (Notre-Dame la Blanche) que la reine Jeanne d'Évreux avait donnée à Fabbaye de Saint-Denis , et qui est aujourd'hui à Saint-Germain-des- Prés, sont adossées au mur du collatéral de l'abside.

yUraux^ XII® et xiii® siècles. Arbre de Jessé. Histoire de Moïse. Vàbbé Suger, -— Il me reste à parler des vitraux peints qui garnissent à peu près la totalité des fenêtres de l'église. Je n'ai pu parvenir à savoir ce que sont devenues toutes les anciennes verrières de Saint-Denis , entassées pendant la révolution dans les magasins du Musée des Petits- Augustins. Ce qui s'en est conservé consiste dans les débris d'un arbre de Jessé, placé maintenant dans la chapelle de Saint- Eugène, et surtout dans les panneaux qui remplissent presque entièrement les deux fenêtres de la chapelle de la Vierge. Ces panneaux, qui forment onze médaillons, représentent plusieurs épisodes de la vie de Moïse , et des sujets mystiques empruntés en partie à l'Apocalypse ; ils portent encore les inscriptions que Suger y fît placer pour servir d'explication aux figures ; on y voit même cet illustre abbé prosterné devant la Vierge qui reçoit de l'ange l'annonce de sa divine mater-

nité. D'autres anciens vitraux , en petit nombre , tirés de plu« sieurs églises, existent dans quelques chapelles; on y reconnaît des fragments de la légende de saint Laurent et de celle de saint Vincent, des Bgures qui ont fait partie d'une série des viei^es sages et folles , des portions d'une suite des vingtquatre vieillards ; des panneaux en losange d'un style excellent, contiennent des griffons sur un champ tapissé de rinceaai. Des grisailles et des fragments confus ont été posés aux ouvertures du porche intérieur. Enfin , des verrières du xvr siècle , dont quelques-unes ont été achetées à Rouen , et qui ont toutes subi une pitoyable restauration , ont pris place dans les chapelles latérales de la nef au nord.

yUraux modernes. Légende, Histoire, Saint Denis, Saint Loui$, Napoléon. Louis-Philippe /«^. — La majeure partie des vitraux de SaintrDenis est donc moderne. Des sommes énormes ont été employées à la confection de ces peintures dont la présence déshonore l'église. Nous ne pensons pas que ces vitraux aient nulle part leurs pareils en laideur et en difformité. Qu'il nous suffise d'en indiquer la disposition générale.

A la petite galerie à jour, entre les arcs latéraux de la nef et les grandes fenêtres, dans la nef et dans les croisillons, plus de deux cents figures de papes, de saints et de personnages illustres de l'histoire ecclésiastique.

A la même galerie , dans l'abside , une triple série des portraits des rois et des reines de France , des abbés de Saint- Denis et de quelques autres personnages.

Aux grandes fenêtres, dans la nef, cinquante-six figures colossales de rois et de reines, depuis Clovis etClotilde jusqu'à Philippe le Hardi et Isabelle d'Aragon.

Dans le croisillon septentrional , d'un côté , des sujets pris dans l'histoire des croisades et l'établissement de l'empire latin à Constantinople ; de l'autre, la vie de saint Louis, c^-

22 MÛNOGRAPSTIE

piée tant bien que mal sur les gravures que le P. Montfaucon avait fait faire d'après des vitraux de Téglise de Saint-Denis.

Dans le croisillon du sud, la" restauration de Saint-Denis par Napoléon ; l'enterrement de Louis XVIII ; une visite du roi Louis-Philippe ; les emblèmes de toutes les dynasties que nous avons vues sur le trône depuis quarante ans.

Un arbre de Jessé se développe sur toute la rose du nord ; celle du midi représente la création , les signes du zodiaque et les travaux des mois.

La légende de saint Denis , son martyre , son ensevelissement, les reconstructions diverses de son église , depuis sainte Geneviève jusqu'à saint Louis, occupent les treize fenêtres hautes du chœur.

Nous n'aurions pas besoin d'ajouter que le système suivi dans l'ordonnance des vitraux de Saint-Denis n'a rien de commun avec l'ordre adopté par les verriers du moyen âge. Il se serait fait accepter par la noblesse des compositions, la beauté du dessin , l'éclat des couleurs , si l'exécution en eût été confiée à d'habiles mains ; mais le travail en est pire encore que l'invention.

Caractère déplorable des travaux de restauration. — Ce n'est pas dans une description sommaire comme celle dont nous avons voulu faire la préface de nos recherches sur les tombeaux des rois, qu'il était possible de donner une idée complète du monument , des vicissitudes qu'il a subies , de la manière déplorable dont les architectes restaurateurs en ont compris l'ornementation. Peut-être un jour réunirons-nous dans un autre volume tout ce que nous a appris sur ce triste sujet une longue étude du monument et des travaux qui s'y sont accomplis depuis plus de vingt ans.

Pour être complètement juste, ajoutons que cette désastreuse restauration de Saint-Denis n'est pas l'œuvre d'un ou

de plusieurs hommes, mais bien celle d'une époque tout entière. À ce titre elle mérite d'être sérieusement étudiée, et il ne iaut pas que le souvenir en périsse.

Nous pensons cependant qu'il suffit d'en constater par écrit la marche et le système ; nous ne sommes point de l'avis de ceux qui voudraient conserver avec un soin superstitieux jusqu'à la moindre trace des faits accomplis , et faire payer hu monument déshonoré l'inintelligence de la génération qui avait entrepris de le rajeunir. En poussant à l'extrême un pareil principe, on n'aurait pas même dû faire disparaître les témoignages de la violation des sépultures et de la profanation de l'^se.

Nous croyons sincèrement que les mauvais jours de Saint- Denis sont finis. Confiée maintenant aux mains d'un homme qui a fait ses preuves dans la restauration des monuments du nK)yen âge et dont la prudence n'est pas moindre que la science et le talent, cette église sortira enfin d'un état de déshonneur mille fois pire que la mort.

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