I. Musée des Mon. français n»* 52 et
de la couronne. Le menton et la lèvre supérieure sont imberbes ; les favoris s'arrêtent à moitié des joues. Les traits qui rappdlent ceux de Charles , comte de Valois , ont une expression triste et peu avenante. La chaussure se termine en pointe. Le lion placé sous les pieds est sculpté d'une manière remarquable.
Les entrailles de Philippe de Valois étaient inhumées aux Jacobins , dans la chapelle de Bourbon , sous un tombeau de marbre noir surmonté d'une statue en marbre blanc ; Tépitaphe donnait au prince le titre de vrai catholiqtLe , et rapportait que c'était sa veuve la reine Blanche qui lui avait fait foire ceste sépulture, La statue érigée aux Jacobins aura été détruite , à moins que ce ne soit une figure de roi qui porte à Versailles le nom de Jean II , et qui tient , en effet , dans I9 main gauche une espèce de paquet par lequel les sculpteurs de ce temps désignaient les entrailles*.
Blanche d'Evreux avait , en premier lieu , été donnée pour seconde femme , sous le nom de Clémence de Hongrie , à Louis X , son aïeul. C'était un inceste au premier chef que le classement nouveau , opéré en \ 839, a fait heureusement disparaître. Cette reine portait une couronne de métal , dont il reste encore quelques vestiges. Le costume , les attributs et la pose sont les mêmes qu'à la statue de la reine Jeanne d'Evreux , tante de la reine Blanche , bien que les deux princesses soient mortes à environ trente ans d'intervalle. Mais nous avons déjà eu lieu de constater que les effigies étaient quelquefois sculptées et placées sur les tombeaux longtemps avant la mort des personnages ; on représentait d'avance la femme sur le monument qui était érigé au mari , et il arriva plus d'une fois que l'épouse ne se montra pas exacte à venir
I. V. NiLLiN, Antiquités nationales^ tom. IV, n. 39, p. 70, pi. 6.
à ce suprême rendez-vous ; elle ne figurait qu'en marbre au tombeau conjugal.
85. Jean II K — Les détails que nous avons donnés sur la statue de Philippe de Valois sont tous exactement applicables à celle de Jean II. La seule difTérence, et encore a-l-elle bien peu d'importance , c'est que le visage est complètement rasé. Les traits sont épais , lourds , dépourvus d'expression. Les sculptures do ce temps ne soutiennent pas la comparaison avec celles qui représentent les prédécesseurs de saint Louis; il n'y a même pas de progrès dans l'exécution matérielle. Le sceptre du roi Jean n'a pas été refait. Les pieds et le lion qui les supporte , avaient été brisés ; on les a provisoirement restitués avec du plâtre *.
Jean 11 ne crut pas , comme le fit plus tard François I*', qu'il lui fût permis do racheter sa liberté perdue à Poitiers, au prix de quelques provinces du royaume , sauf à manquer de parole quand le moment de payer la rançon serait arrivé. 11 avait la simplicité de dire que si la bonne foi était bannie du reste de la terre , elle devrait se retrouver dans le cœur des rois. Ce principe , qui n'a jamais eu beaucoup de partisans dans les cours , est aujourd'hui définitivement rayé de ]a politique gouvernementale. Aussi le roi Jean mourut-il esclave de sa parole à Londres, dans l'hôtel de Savoie. C'était un prince brave et loyal.
86. Jeanne de France *. — Celle princesse est à peu près la seule dont l'effigie n'ait jamais changé de nom. Elle avait autrefois, en commun avec sa mère la reine Blanche d'Évreux , un tombeau placé au milieu de la chapelle de Saint-Hippolyte,
\. Mimée des Monuments français, n. 53.
2. V. au cabiuet des estampes de la Bibliothèque royale, à Paris, un très-intéressant portrait du roi Jean, i>eint sur bois. ^ Miusèe des Monutnents français^ n. 57.
DE SAINT^OEIflS. 283
et remarquable paries nombreuses sculpluresqui le décoraient. Vingt-quatre statuettes en marbre blanc , disposées autour du sarcophage, représentaient les ancêtres et la famille de la reine Blanche. Doublet et Germain Millet désignent, entre autres personnages, Charles d*Anjou, roi de Sicile, saint lx)uis, Philippe le Hardi, Philippe le Bel , Louis X , le roi et la reine de Navarre, Philippe d'Évreux et Jeanne de France, père et mère de Blanche , saint Louis d'Anjou , et quelques autres princes et princesses moins célèbres. Il n'est resté de ce riche monument que les deux figures couchées qui le surmontaient.
Nous avons déjà parlé de Blanche d'Évreux. Sa fille Jeanne avait aussi une couronne de métal qui a été enlevée. Elle n'a point de voile , et sa coiffure est tout à fait pareille à celle de Marie d'Espagne , comtesse d'Alençon (n<» 82). Ses mains sont jointes. Elle ne porte pas de manteau. Le corsage ajusté sur la robe de dessus se termine par deux pointes. Il est semé de petits points de marbre noir simulant les mouchetures de rhermine. Sous les pieds, deux chiens rongent des os.
L'ancienne épitaphe du tombeau de la reine Blanche et de Jeanne , sa fille , a été reproduite sur un marbre , en 4839, et se lit ainsi au-dessus delà statue de Philippe de Valois :
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