Musée des Monmnenis français^ ïfi
VASE Kl C(*:iR DE FRAN^:OIS I*^^»".
tiiiiu'o vn reine , portant à lu fois, comme saint Paul, le livre ('t l'éptio, uyanl \mvs (relie la roue, instrumeut de son sup- ))li(-e, miraeiileiisemenl brisée par la foudre; sainte Barbe (pli s appuie contre une haute tour crénelée; sainte Geneviève, tenant un cierge allumé qu'un diable s'efforce d'éteindre, et dont un ange ravive la flamme ; enOn, sainte Agnès aux pieds (le lacpiello est un agneau. Les emblèmes sont bien choisis et conformes aux traditions légendaires ; mais le sculpteur, peu soucieux des anciens principes de Ticonographie sacrée, a oublié les nimbes et les chaussures. Le diablotin a corps humain, avec pattes de singe, ailes de chauve-souris et face de lion, (pii fait la guerre avec un gros sQufllet an cierge de sainte Geneviève , est posé sur le pilastre voisin de la sainte, à droite; l'ange sculpté au chapiteau menace avec un glaive l'esprit impur, et rallume le cierge avec un flambeau.
Une table de marbre noir arrondie à ses extrémités couronne le sarcophage et porte sur ses bords l'inscription suivante gravée en lettres gothiques sur trois lignes :
Cy gist trrs excellente bt noble davoiselle Bembb dor-
LRAÏ4S A SON VIUANT CtF.SSE DR DUNOYS DE TANCARUILLB DE MONTGOMBRV DaMB DK MONSTREU BRLLAT DB CHASTBAU RE- GNACLT ETC FIM.B lTMC(jrB DELAISSEE DE TRES
EX( KLLKS ET PUISS». PRNCK ET PIÎÏCKSSE FRACOYS BIf SÔ VIYAT DIO DK LÛGUBIIL. CtE FT S". DRSD. CTRS ET SBIGNORIES GOMES- TAItLE l'iKDITAL DR NORMADIB LiEUTEN. GNAL ET 60UTBRNBR POT
LK Roy en ses pays dr guyene et made
FrCOISK DALRNCON SON ESPOUSR PERE BT MRRB DB LAD*. DAMOI-
SKLLR Laquelle tspassa en lkaigr de sept ans au lieu de paris le xxiim jour de may lan mil v^ et xt : deu ait son ame: Et de to> austres: Pat. nost: Ave maria.
L'effigie do la princesse a été sculptée avec une grande finesse ; la tôle est empreinte d'une grâce enfantine ; les mains jointes sont d'un très-joli travail. Le sculpteur a répandu à
r»E SAINT-DENIS. 303
profusion les pierreries sur la couronne, sur la coiffe et le réseau qui enveloppent les cheveux , sur la double attache du manteau , sur la ceinture de la robe et sur le corsage garni cl*hermines. Une espèce de chapelet formé de dix globes assez gros, d'un gland de soie et d'un crucifix , pend à la ceinture. La chaussure est à bouts carrés et à semelles épaisses. Une licorne accroupie sous les pieds, armée d'une corne au front, portant barbe au menton , et décorée d'un collier, tient entre ses pattes un écusson de forme losangée , écartelé au 4 *^ et !• d'Orléans Longueville , aux 2* et 3' d'Alençon La licorne était au moyen âge un symbole de virginité.
Les grands pilastres posés en arrière-corps sont couverts d'arabesques d'un travail excellent et coiffés de superbes chapiteaux. Ils servent de supports à un entablement moderne sans ornements, au-dessus duquel on a rapporté un double écusson de marbre qui est accompagné de deux petits anges à genoux , et qui présente les armoiries de François !•' accolées à celles de sa femme Claude de France. Le blason de la reine Claude est écartelé de fleurs de lis et d'hermines ; on sait qu'elle était fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne»
Entre les pilastres trois figures de saintes en ronde bosse se voient sculptées dans des niches sur une même tranche d*albâtre. Ce sont sainte Marthe qui conduit enchaînée la fameuse Ta rasque, sainte Agathe liée par les mains à un poteau et présentant sa poitrine au fer du bourreau , enfin une troisième sainte qui n'a d'autre attribut qu'un livre, et dont il ne nous est pas possible de deviner le nom d'après un indico aussi peu caractéristique. Les niches , comme les pilastres, offrent une grande ressemblance avec ceux du bas-relief plac^^ en avant du sarcophage ; les saintes ont encore ici les pieds BUS et manquent de nimbes.
Nous ne pourrions réclamer assez vivement la restitution
complète du monument de Renée de Longueville ; très-facile de réunir ce qui en existe encore, et de aux parties détruites.
405. Marie de Bourbon (de l'abbaye de Notre-] Soi>sons)V — Catherine de Bourbon , abbesse de Not dc-Soissons , et Marie , sa sœur , avaient dans la i église de ce monastère un tombeau sur lequel deii d albâtre les représentaient. L'effigie de Catherine bon aurait, suivant M. Lenoir, été brisée en 4793; 1 sauvée. Marie de Bourbon est à genoux sur un cous porte une couronne , une coiffe et un collier enrichi! rorics , une double robe et un surcot garnis d'orfévr pierres précieuses , une fraise élégamment plissée , tcau à col et doublure d'hermines. Le travail de scu p;racioux et facile. Le socle de la statue se compose er partie d'un fragment de l'arcature du tombeau des • dont le style ni la forme ne pouvaient avoir cepend£ rapport avec le monument de Soissons. Les deux sœu une même épitaphe gravée sur marbre noir, qui a sorvée et encastrée dans le mur au-dessus de la figu rie de Bourbon :
Gy gisent LRS corps de TRES ILLYSTRBS PRINCESSES Mf
Marie et <
DE DOVRBON, SOEYRS, ET TaNTES DT RoT HBKRY QTAI
filles i>b tres Prince Cuarlr de Boyrbor Dyc de Yamdosub, bt dk
COISB
i. Musée des Monuments français, no 569. L'abbaye de Notre-Dai sons se composait de bAtimcnis immenses cl renfermait quatre églises. ont été renversées; les autres éilifices servent de caserne. Le musée Augusiins avait rerueilll plusieurs monuments de celte abbaye, enti tombeau de saint Drausin , sculpture du vue siècle , abandonné main une cour du Louvre.
LIUR MSRI , LA DICTE DAMB MARIE MOTRTT ESTANT FIANCEE A
IaCQFb' 8INQTIBSMB D?
XOM Rot Dbscossb, et la dicte Dame Gathbbinb a.pr£8 ayoir
ESTE SINQYANTB ET TN AN AbBBSSB DE LaBBATB DR CEANS PASSA DE CR MONDE LB
SBPTIBSaiB AVRIL 1594
Priez Dieu pour Leurs Ames
Marie de Bourbon mourut à Lafère, le 28 septembre 4538 *.
406, 407. Inscriptions, — Deux inscriptions gravées, l'une sur marbre noir, Tautre sur marbre blanc, rappellent la mémoire de Marguerite de Valois , femme de Henri IV , et celle d'Anne Geneviève de Bourbon , 611e de Henri H de Bourbon, prince de Condé , et seconde femme de Henri H d'Orléans , duc de Longueville. La première inscription fut faite aux Pelitd-Augustins pour servir à la décoration de la salle d'introduction ; les jolis vers qui la composent et qu'on attribue à la reine Marguerite, ont été extraits d'un manuscrit de la Bibliothèque royale. L'autre épilaphe provient originairement de l'abbaye de PortrRoyal-des-Champs'. Les voici toutes deux :
CBSTB brillante FLEUR DE L'aRBRB DRS YalOTS
En Qri aïoi'RUST le nom db tant db puissans Rots,
MaRGUBRITB, pour qui tant DR LAURIERS FLBURIRBNT,
«Pour qui tant db bouqubts chez les Musbr sb firent, ■
A tu fleurs rt lauriers, sur sa tète sécbfr,
Et par un coup fatal, les lts s*rn dbtacbrb.
Las! lb crrclr Royal dont l'atoit couronnbb
En tcmultb et sans ordre un trop prompt himbnbb.
Rompu du même coup devant srs pibds tombant
La laissa comme un tronc dégrade par lbs tbnts.
4. La date de 1558 indiquée dans l'inscription moderne du socle est erronée.
9. A l'époque de la destruction de cet illustre monastère» en 4741 , le cœur de ta dorbesse de Longueville, qui était inbumé soos ce marbre, fut apporté à Paris dans l'église de Sainl-Jac(|ue»Hlu-liaut-i»as. Le style élégant de l'épiUpbe appartient certainement à quelqu'un des savants latinistes de PortrRoyal.
ÈPOI'SR SANS F9PO0X, RT ROTIIB SANS ROYADllB YaINB OMBBB du PÀSSJ!, GRAND ET KOBLB FANTOSME Rl.LB TRAI8MA PBPC18 LES RESTES DE SON 80BT, Et VIST JUSQU'A SON NOM MOUBIR AYANT SA MORT '.
ANNA GENOVEFA BORBONIA
DUX LONGAVILLJSA
POST Gl'STATUM IN PRIMA iETATR GhrISTUM A MORE SOBCULI POSTMODUM ABRBPTA ET BBLL18 CIVIMBUS INF0BL1CITATB TBMPORUM IMPLICITA, DrO TANDEM ReGIQUR BBCONCI- LIATA, PORNITRNTIAM ALTO CORDE CONCEP- TAM CORPORIS AFFLICTATIONB, ANIHI DOLORB, DISTRIBITTIS IN PR0V1NCI4S QUAS BELLUM AF- FECBRAT PECUMIS, DBTRACTIS BX EO QUOD 8IBI DBERAT IN PAUPRRES IT TRMPLORUM ORNAMBNTA DONIS, INJURIARUM IBMISSIONB PER ANNOS XIVIl. PROTRACTAM, DbI UMIUS RT EcCLESliE AMORE CAPTA, JUSTITIAM RSIRIENS ET SITIENS , ATQUB b6 MISBRI- CORDI^ CERTIOR PRBTI08A MORTE GOMU- LAYIT XY. APRILIS M. DG. LXXIX.
(]0R SUUM IN CONJUNCTISSIMO 8IBI MONAS- TERIO CONDI YOLUIT.
Requieseni in pnte '.
108. f'ase du cœur de François l" (de l'abbaye de Hautes-Bruyères)' . — François I*"^ mourut au château de Ram-
4. Le vers placé entre deux guillemets a été omis sur le marbre.
J'ai vu à Saiut-Deiiis, parmi des fragments, les restes d'une longue inscription qui avait été placée dans l'église des Petits-Augustins , sur la sépulture du cœur de Marguerite. Le savant avocat général Servin l'avait, comme on disait alors, curieusement latinisée.
2. Anne de Bourbon fit achever, dans l'église des Célcstins, le niagnifl(iDe monument des Longueville qui fut sculpté par les frères Angaier, et qui aurait dû venir à Saint-Denis; il est au Louvre, où les débris s'en trouvent disperçéâ daQS trois ou quatre salles.