‹ Monographie de l'église royale de Saint-Denis: tombeaux et figures historiquesChapitre 99 sur 102 · DR FRANCK · texte numérisé non relu

DR FRANCK

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1 29. Louis A7 ///. — La première branche des Capétiens a fini par trois frères : il en a été de même de la branche royale de Valois et de la branche aînée des Bourbons. Des trois petitsfils de Louis XV , Louis XVIll est le seul qui soit mort aux Tuileries et dont les obsèques aient été célébrées à Saint-Denis avec le cérémonial usité pour les rois ses prédécesseurs. On vient de lui élever un monument d'une mesquinerie indécente, composé de parties hétérogènes qui n'avaient jamais eu cette destination. Au soubassement , trois médaillons de marbre qui avaient été faits pour la chapelle de Saint-Louis, représentent mesdames Adélaïde et Victoire de France, flilesde Louis \V, et l'angélique sœur de Louis XVI, Ëlisabeth-Philippine-Marie-Hélène de France. Une branche de lis, d'une tres-l>elle sculpture , qui provient, dit-on, d'un des tombeaux ({ue la famille des princes de Conti avait à Saint-André-des- Arcs, couronne le socle. Plus haut, un piédestal carré attend une épitaphe , et sert de sup|K)rt à un buste du roi sculpté en marbre par M. Valois; ce buste, qui n'appartenait pas à Saint- Denis, a été tiré des magasins de la liste ci\ile. Enfin , aux

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côtés (le ce misérable tombeau , sont assises deux grosses figures do femmes qui dépendaient du cénotaphe consacré au duc de Berry ; l'une vêtue d'une peau de lion et tenant une massue, serait l'armée française ; l'autre se laisse facilement reconnaître pour la charité, entourée qu'elle est, comme à l'ordinaire, d'enfants dont elle se fait ki nourrice.

Le monument de Louis XVIII est le dernier, et la place manquerait dans la crypte pour les monuments à venir. Mais Saint-Denis ne doit plus recevoir de tombeaux ; la dynastie régnante s'est choisi une autre sépulture au milieu des ruines de l'antique château de Dreux, dans une chapelle qu'elle veut posséder sans partage. Ce qu'il faut à ses morts ce n'est plus l'éclat bruyant d'un monument national , mais le calme religieux du tombeau de famille.

Depuis douze siècles que l'abbaye de Saint-Denis a commencé d'exister, combien n'a-t-elle pas vu passer d'hommes el de choses. C'est un monument plein de vie et de souvenirs donl chaque pierre parle un merveilleux langage. Pour nous, toutes les fois qu'il nous arrive de voir célébrer les cérémonies saintes dans cette auguste basilique, l'aspect de ces débris de tous les Ages qui nous environnent, et de ces tombeaux vides qui proclament d'une façon si énergique le néant de toutes choses, le chant de ces hymnes dont l'éternelle psalmodie s'est à peine interrompue quelques jours dans la longue suite des siècles, la présence de cette croix toujours combattue et toujours triomphante, nous rappellent à la mémoire l'infaillible promesse du Sauveur : Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas !

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