NOTICE HISTORIQUE
cements de ce voyage, et sur les avis ouverts par les deux architectes Dés
rgues et Jacques le Mercier.
Le Consulat insistait pour qu'il ne se fit rien sans l'avis du marquis de Villeroy et de l'abbé d’Ainay, et, en attendant d'apprendre ce qui aurait été conclu par les architectes consultés à Paris, il le priait de tenir la main à ce que cela füt résolu au plus tôt, afin que le sieur Maupin pût revenir pour le commencement des travaux.
Le 20 avril, le Consulat écrit à Chanu en réponse à celle que ce dernier lui avait adressée le 13 de ce mois, une nouvelle lettre, dans laquelle il déclare ne pouvoir rien résoudre sur les propositions de Désargues qu'il n'ait reçu son projet, déjà connu du marquis de Villeroy, puisque celui-ci avait déclaré qu’il lapprouvait, au cas qu'il ne füt pas plus cher que les autres dessins. Le Consulat ajoute, et il tient ces détails du marquis ou de Chanu, que Désargues prétend que son dessin coûtera moins cher, mais qu'il faut voir les uns et les autres, tout en prenant en considération celui de Désargues, qui lui semble fort beau (1). En terminant cette lettre, les échevins disent encore qu'ils souhaiteraient d’avoir aussi le dessin de M. Le Mercier, et l'avis en particulier de M. le marquis de Villeroy sur celui de tous qu'il estimera que l’on doit suivre.
Les dessins de Le Mercier (2), architecte du Roi, sont livrés dans cet intervalle, puisque le Consulat, dans sa lettre du 24 avril, écrit au sieur Chanu qu'il a donné l’ordre de le rembourser de la somme de 106 livres qu'il a payée, pour ce travail, à Le Mercier, d'après l'avis du marquis de Villeroy.
C’est également à la mème époque que Maupin retourna à Lyon (3) et que les dessins de Le Mercier furent expédiés; mais le Consulat ne voulut prendre aucun parti sans avoir le dessin de Désargues, et par ses lettres, du 27 avril et du 4 mai, au sieur Chanu, il rappella la promesse
ait voir son dessin au marquis de
qui en avait été faite, en ajoutant que, puisque Désargues avait Villeroy, il tenait d'autant plus à avoir l'opinion de ce personnage, que ce dernier paraissait désirer
ar ses lettres qu’on s'en tint au dessin de Le Mercier. P q
(Gi) Ceci n'est qu'une formule de politesse; le Consulat n'ayant pas encore reçu les plans de Désargues, ne pouvait en parler que par ouï-dire
(2) Jacques Le Mercier, d'après plusieurs bio, et mort à Paris en 1660, mais dans son dict
graphies, serait né à Pontois
naire critique de biographie et
d'histoire, Paris 1867, M. Jal démontre que Le Mercier d à 1f8f et qu'il était mort probablement en novembre ou en décembre de l'année
retour (1629), le cardinal de Richelieu lui
roi Louis XIII, charg
ons nouvelles et ouvr.
Le Mercier de faire les plans et de diriger l'exécution « des fortifi s du grand canal pour donner
cours à ière de Seine, devant estre faits autour de sa bonne ville de Paris, pour la seurté, commodité et embelissement d' » En même temps qu'il lui faisait construire la Sorbonne, le grand Ministre chargeait Le Mercier de l'édification de son palais (aujourd'hui palais royal). Cet
artiste, nommé bientôt premier architecte du roi, re
it, pour ses g née 1639, la somme de 3,000 livres (Jal). En 1653 il commença la cons-
truction de l'és
saint Ro!
h, dont Louis XIV posa la première pierre (Blondel architecture françoise). Le pavillon du vieux Louvre, qui
sccupé par l’Académie française, ainsi que le grand pavillon de l'hc e paroissiale et le château de Ri
étaient de lui ; il construisit encore l'é,
lieu ; il Enfin, /
travaux, et ce fut le Muet, aussi architecte des bâtiments du roi, qui fut chargé
à Tours.
t, et on lui attribue
s églises de Ruel et d:
les port
e d'Au
iche lui donna la continuation du Val-de-grâ
étaient de François Mansard; mais il mourut pendant le cours des
achèvement en 1654.
(3) Nous trouvons, aux Archives de la Ville, les trois pièces
antes
En date du 18 décembre 1646, «mandement (mar
at) de 300 livres tournois à Simon Maupin, voyer de la ville, en déduction et à bon compte des frais
la ville de F
« du voyage qu'il a fait en avec les personnes expérimentées en faict de bastimens et architectes de la dicte ville de
« Paris, 1
Le 20 décembre, « Mandement de
ris, pour consult I-de-Ville, »
plans et desseings du nouveau Hos
es tournois au sieur Ennemond Maupin, fils du sieur Simon Maupin, voyer de la dicte ville, pour
e-Ville
« recognoistre les peines qu'il a prises à faire plusieurs copies des plans, tant que d'eslévation, dressez par 1
sieur Maupin, père, de l'Hostel-
eaux,
que le Consulat fait constrt Le
et octrois de la ville, ayant ci-devant rés
e jouxte la place des Te
ême jour, nous trouvons encore la pièce suivante de
en celle de Pa
Le Prévost,
muns, dons
etc., à Monsieur Jean-Baptiste Pacquet, receveur des deniers
ire construire l'Hostel-de-Ville, jouxte la place des Terreaux, en la dicte ville, nous
ons envoyé
le sieur Maupin, voyer de la dicte
pour y consulter, avec des Maîtr ila
pense ny gratification, ains seulement lui au
srchitectes, le plan qu'il avoit dressé du dit Hostel; et
« du depuis, en ayant dressé divers plans, s Je
métriques, soit de l'eslévation, à iployé be
raisonnable de le récompe
ne récon
nes et soins, et sans qu'il en ait eu au
ent été payés le
nt jugé
nser, tant
axé et taxons la
o livres tournois, laquelle partant, nous vous mand
cines qu'il a prises durant son dit voyage, que de celles des dicts plans, nou
et ordonnons de payer et de
« somme de élivrer comptant au dit sieur Maupin, et ce des deniers
« de votre char
Ce qui prouve les préférences du Consulat pour les avis de Désargues, c’est son empressement À écrire au sieur Chanu, le 8 mai, qu'il a reçu les dessins et une lettre de Désargues, mais que n'ayant pas pu comparer ces dessins avec ceux de Le Mercier, il remet au prochain courrier pour lui répondre.
Nous croyons remarquer ce désir du Consulat dans le projet longuement médité, de demander
des conseils au premier de ces architectes. Dès le 9 mars, il est question de lui dans les pièces
que nous avons sous les yeux, et peut-être Désargues avait-il commencé à s'occuper de dessins
pour la construction de l'Hôtel-de-Ville, sur des indications officieuses, bien avant qu’il füt en quelque | | sorte officiellement chargé de le faire au moment du voyage de Maupin. Le Mercier n'avait
probablement remis qu'une esquisse et une ou deux élévations des principales façades; le prix de
ie
| 106 livres quon lui remet l'indique suffisamment, mais au retard que Désargues a mis à livrer son travail, à l'importance que le Consulat parait y attacher, nous devons penser qu’il était plus complet pk
que celui de Le Mercier, et que c'était un véritable projet.
Rien ne peut, du reste, faire mieux apprécier l'extrème intérêt que le Consulat attachait à
recevoir des dessins de Désargues, que la lettre qu'il lui écrivit le 18 mai 1646, et qu'il lui fit remettre par lentremise de l’avocat Chanu.
- Nous ne pouvons résister au désir de faire connaître cette lettre en son entier.
2 | +} FA | | « 4 Monsieur Désargues, à Paris.
\Î * hi ee) | « Monsieur, | LE. | “ | « Nous avons reçu le desseing qu'il vous a pleu prendre la peine de tracer pour l’'Hostel commun | | « de ceste ville, que nous avons délibéré de faire construire jouxte la place des Terreaux, avec | ti | « vostre lettre qui explique disertement ce que vous en avez conçeu et vous rendons grâces | x | | « très-affectionnées du soin tout particulier que vous y avez apporté. Et d’étant plus que nous y | 1 | « avons trouvé les productions ordinaires de vostre bon esprit et des lumières pour rendre cet 4 | « ouvrage plausible, et selon qu’il est à souhaiter pour l'ornement de ceste ville et la commodité k « de l'usage auquel il est destiné.
« Nous voudrions qu'il se présentat occasion en laquelle nous peussions vous témoigner notre « ressentiment de l'obligation que nous vous en avons; nous w’espargnerions rien qui dépendit de
« nous à cet effect, vous priant d'en avoir créance, comme nous essayerons tous jours de la vous
« confirmer, par tous les offices que nous aurons moyen de vous despartir et aux vostres, et ce « autant cordialement que véritablement nous sommes,
« Monsieur, « Voz bien humbles et très-affectionnéz serviteurs,
| « Les Prévot des Marchands et Eschevins de la ville de Lyon. » Tout en poursuivant l’envoi des dessins pour le nouvel Hôtel-de-Ville, le Consulat n’avait cessé
dans chacune de ses lettres au sieur Chanu, de réclamer la lettre de cachet du Roi, qui lui était néc
aire pour commencer les travaux; cette lettre est conservée aux Archives municipales, et la
| voici :