‹ Monographie de l'Hotel-de-ville de Lyon. Restauré sous l'administration de M. M. Vaïsse et Chevreau, senateurs. Accompagnée d'un texte historique et descriptifChapitre 6 sur 43 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

par Simon Maupin, et au sujet desquels celui-ci aurait pas trouvé auprès du Consulat tout l'appui

qu'il en espérait.

D'après un de ces bruits populaires, qui, sans avoir toujours une base bien solide, ne doivent

cependant pas être repoussés sans contrôle, Simon Maupin aurait eu de grandes déceptions dans les

dernières années de sa vie et il serait mort de chagrin. On prétend que l'exiguité de la porte principale de l'Hôtel-de-Ville de Lyon lui fut vivement reprochée et qu'elle fut trouvée indigne de ce bel édifice par les contemporains. Nous ne sommes pas de cet avis, et il nous semble que si la baie en elle-même est un peu étroite, les colonnes et leur couronnement qui l’encadrent lui donnent une importance bien suffisante et parfaitement en proportion avec le monument.

À partir du 10 décembre 1661 il n'est plus nullement que

on de Maupin dans les documents

conservés aux Archives de la ville; mais on trouve, dans l'inventaire des titres du couvent des Jacobins,

par le P. Ramette la date exacte de son décès

voici ce renseignement :

« Le sieur Simon Maupin, ancien voyer de la ville de Lyon, a été inhumé le 10 octobre 1668,

ainsi qu'il est rapporté au martyrologe de l’année, folio 116, recto, où l’on voit qu'il a été enseveli

dans la sépulture de la famille des Panisset. » Maupin, d’après la même source, a t épousé Benoîte

anisset qui fut inhumée, le 27 avril 1672, dans l'église des Jacobins où sa famille avait élu sa

sépulture.

On peut donc inférer de ce qui précède que Maupin mourut le 9 octobre 1668, dans ce temps-là

es inhumations ayant lieu généralement le lendemain du déc

Nous avons dit plus haut que Maupin a fait graver sous son nom, en 162$, un plan de Lyon qui a été

conservé et qui est plein d'intérêt. D’après l'importance de ce travail, nous pouvons conjecturer que

Maupin n’était Plus un tout jeune homme lorsqu'il l'a fait, et qu'il avait dû naître à la fin du XVI° ou au commencement du XVII siècle. Sa mort, en 1668, nous donnerait ainsi approximativement la durée

de son existence, et on pourrait en conclure qu'il a vécu de 6$ à 75 ans

(1) Volume côté H. 1,007, f° 154, 4 (2) Nous devons à l'obligeance de M. Théodore de la Société historique et arché res, un renseignement très-précieux sur le lieu de naiss Simon Mau ane ee cnspu een Me

lorsque ce re ment nous est parvenu; nous sommes heureux de pouvoir les compléter, dans cette note, sur \ peu près inconnu jusqu'à ce jour

L'abbé Ci

s manuscrits et forment chacun un volume in-folio. Dans le

let, historiographe du diocèse de La sous Louis XIV, fait deux fois mention de Simon Maupin dans deux ouvrages différents, qui sont

on lit à la

ï suit : « Maupin

eau, village à deux lieu e Langres, sur le ch

n de Ville de Lyon

1647, qui fut préféré à tous les autres et fut suivi, et il le fit gra

Dans le second ouvrage, intitulé : € ue historique et chronol

jisinage de Langres, architecte très-habile, qui a basty l'Hostel de Ville de Lyon en 16ff. Il en prit le modèle sur le

rlet que Maupin s'inspira du château d'Ancy-le-Franc n'est qu'une supposition sans fondement, son ouvrage sur les plus Jacques Androuet du Cerceau donne les plans et élévations de ce château, et il est facile de reconnaître, au premier aspect, que 1 n'ont pas d'autre rapport que d'avoir l'un et l'autre de La date de 16ÿf, donnée dans le C celle de la construction de l'Hôtel us le verrons plus loin

gros travaux furent complètement achevés, de même que les principales décorat la grande salle. ge de Longeau, où est né Simon Maupin, est situé à 10 ki Langres, sui à l'extrême obligeance de M. de Saint-Forgeux, nous avons pu faire faire des recherche es registres de la parc Is ne remontaient pas jusqu'à l'époque de naissance de notre architecte, et celle-ci nous reste encore inconnue. Cependant on a trouvé dans ces registres, À dater de 1645, la naissa -neuf membres de la famille Maupin. François Maupin a des € 1645, 1649, 1652 & 1658 e a enfants en 1 656. 11 est probable que François et Grégoire appartenaient à la mêr que Simon, et qu'ils étaient ses u ses cousins, mais on la date de leu nce que celle de Simon Maupin, pui les registre ntent pas ut pour c i qu'il en soit, l'existence d'une famille Maupin à Longeau en 164ÿ est assurée, & elle concorde parfaitement avec les indications données, sur le jeu de naissance de l'architecte Simon Maupin, par l'abbé Charlet. Nous ajouterons encore qu'il existe, aux environ! u, un vilk porte le nom de Maupin, et que ce nom existe toujours dans le pays où il est porté par différentes per s. On peut conclure de to qui précè e le nom de Maupin, qui n'est pas de ceux qu'on trouve partout, est bien originaire des environs de Langres, et, comme le nombre des édifices de la Renaissance est très-nombreux dans ce pays,

Quant à Ennemond Maupin, il avait précédé de huit mois son père dans la tombe, étant décédé au mois de janvier de la même année ; il fut inhumé le 24 janvier dans l'église des Jacobins, comme

son père le fut ensuite.

que ces édifices étaient dus à des architectes de grand talent, nés à Langres ou habitant cette ville, et dont deux, Beneditti et Boillot, ont travaillé au château d'Anet et au Louvre; rien d'étonnant à ce que Simon Maupin ait eu sa vocation déterminée par de tels exemples, et qu'il ait pris à

Langres même les premières notions de l'architecture.

La lettre de cachet du Roi, autorisant la construction d

fut que

CIS LAUPIUNRIE VRIRIEIMONER

OUS venons de suivre les incidents qui ont

construction, en conduisant notre récit, dans c

e 14 juillet suivant que l'avancement des dessin

précédé la construction de l’Hôtel-de-Ville

de Lyon; il nous reste maintenant à entrer dans le vif des phases diverses de cette

e chapitre, jusqu’au moment où le Consulat

put faire ses premières assemblées dans le nouvel édifice.

u monument, était du 8 mai 1646; ce ne

s et des plans permit de faire un premier

traité avec les entrepreneurs. Mais laissant, pour le moment, de côté le détail de ce traité et de

ceux qui

quelque

ont suivi, et, pour ne pas en interrompre le récit plus tard, nous devons, en anticipant

peu sur les dates, parler ici de la cérémonie de

qui eut lieu le $ septembre 1646.

Cette

a pose de la première pierre du monument,

cérémonie se fit en grande pompe, en présence de Camille de Neufville, abbé d’Ainay,

lieutenant général pour le Roi, et depuis archevêque de Lyon, assisté de Pierre de Sève, prévôt des

marchand

s, des quatre échevins alors en fonction, et de tous les anciens consuls et personnages

importants de la ville, qui avaient été invités à y assister.

Rien ne nous paraît plus propre à faire juger cette cérémonie que de reproduire le procès-verbal que

le Consu

at en fit dresser; c’est une page du temps qui a

gâter la naïveté de son style en cherchant à la résumer.

bien son mérite, et nous ne pourrions que

« Nobles messire Pierre de Sève, seigneur et baron de Flechères, conseiller du Roy en ses conseils,

« président et lieutenant général en la sénéchaussée et siége présidial du dict Lyon, prévost des

« marchands; Jean Vidaud, sieur de la Tour; Jean de Moulceau, docteur ez droictz, secrétaire de la dicte

« ville; Remond Séverat, sergent major, et François Basset,

is, eschevins de la dicte ville.

« Les dictz sieurs ayant, quelques jours auparavant, prié M. l'abbé d’Esnay, lieutenant-général pour

« le Roy au gouvernement de la dicte ville, pays de Lyonnois, Forez et Beaujolois, de vouloir bien assister

à l’apposition de la première pierre fondamentale de l’Hostel commun de la dicte ville, que le Consulat fait construire en la place appelée du Temple, jouxte celle des Terreaux, dans la directe de la dicte ville et communauté d’icelle. Et ayant pris le temps pour ce faire à ce jourd’huy, se seroient trans-

portez en l’hostel du dict seigneur abbé, où, l'ayant trouvé, ilz luy auroient réitéré la dicte prière,

à l'effect de laquelle ant très volontiers disposé, ilz l’auroient accompagné jusques en la dicte place, en une loge préparée et joignant l'endroit où lapposition devoit estre faicte de la dicte pierre, laquelle y estoit, avecq les ingins et cordages pour la descendre dans la fondation faicte pour lun des pavillons du dict Hostel du côté de bize. Et après avoir leu Pinscription gravée sur la dicte pierre, elle auroit ésté descendue dans la dicte fondation, en l'angle et enchant faisant face

des costez de soir et bize. Et ensuite, Benoist Daurolles, maistre masson de la dicte ville et l’un

des entrepreneurs du dict bastiment, auroit présenté à M. l'abbé une truelle d'argent, ayant le manche d'ivoire, sur laquelle il y avoit du mortier que le dict seigneur auroit jetté dans la dicte

fondation. Et auroit aussi le dict Daurolles présenté la dicte truelle à chacun des dictz sieurs et

des ex-consulz de la dicte ville, qui avoient esté priez et assistoient à la dicte apposition de la dicte

pierre, et eux auroient pareillement jetté du mortier dans la dicte fondation. Ce pendant les trompettes et tambours de la dicte ville faisoient retentir leurs sons, et quantité de boëtes auroient joué; comme encores les arquebusiers de la dicte ville (auroient) faict plusieurs salves, le tout en resjouissance de ce commencement du dict bastiment, applaudy par une grande affluence des habitans de la dicte ville, qui estoient présens à ceste solennité, laquelle, par rencontre et sans préméditation, a esté faicte À pareil jour que celuy de l’heureuse naissance du Roy à présent régnant glorieusement, ce qui a esté pris par chacun à très bon augure, et fait espérer que, comme cet ouvrage a esté agréé par Sa Majesté, ainsy qu'elle la tesmoigné en ses lettres sur ce subject, que le Consulat a eu le bonheur de recevoir, que, Dieu aisdant, il s’eslèvera et parachèvera ainsy qu'il a été commencé ez prémices du règne de Sa Majesté et dans une longue félicité d’iceluy ; que ceste ville florira et sera maintenue en ses priviléges, qu’elle méritera par son inviolable fidélité et obéissance aux volontez de Sa Majesté, de mesme que celle qu'elle a rendue à ses prédécesseurs Roys, et à laquelle elle a tousjours servi d'exemple aux autres villes du royaume : ilz

l'en ont recogneu digne et les luy ont concedez et confirmez de temps en temps.

« En suit la teneur de la dicte inscription gravée sur la dicte pierre fondamentale :

QUOD FAUSTUM FORTUNATUM QUE SIT DEO OPT. MAX. AUSPICE.

Regnante felicirer Ludovico decimo-quarto, a Deo dato, magnis majoribus majore; Anna cAustriaca, prin-

« cipibus retrd fæminis longè excellentiore, PB: J 8

gis adhuc impuberis nomine regnum administrante ; ANicolao

« de SNeufville, marchione Tillaregio, lugdunensem provinciam moderante, eodemque educationi regiæ

« præposito; Camillo de Neufrille, cAthenæi abbare, pro Rege.

Perillustris vir Petrus de Sève, baro de Fléchères, in Lugdunensi curia primarius prætor, secundüm « mercatorum præfectus; nobiles, Foannes Vidaud, dominus de La Tour; Foannes de Moulceau, urbis « secretis; Remundus Severat, militum cribunus; Franciscus Basset, cives er consules, comirialis hujus « basilicæ quæ Lugdunensem deceat civitatem, partibus omnibus, tum ad ornamentum, tum ad usus

« publicos requisitis, ut parerit absolutæ idæam Proposuerunt, fundamenta jecerunt, et lapidem hunc initialem < solemniter posuerunt. »

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