‹ Monographie de l'hypogée-martyrium de PoitiersChapitre 18 sur 43 · Q.V0D EA . R -DIX E. III · texte numérisé non relu

Q.V0D EA . R -DIX E. III

On le voit, les 6e, 70, 8e, 9e et 10e lignes sont la suite des cinq premières, et comme elles, remontent à l’époque de la construction du monument ; la couleur de leur fond, ainsi que celle des lignes et des lettres, sont également semblables. En voici l’analvse:

La sixième ligné et la moitié de la suivante paraissent ne former qu’un sens et pouvoir se traduire ainsi : INCRELSTO - TCORVM- HIC • E5T Ventrée des saints est ici (pour: la translation des restes des saints est ici), ET • Q.V0D ' EACIT et ce qui a été fait (formule toute mérovingienne signifiant : laquelle a été faite), DECEMBER1D1AE • III ET - XIIII - KIANVARIAf dans le troisième jour de décembre et dans le quatorzième des Calendes de janvier. Nous croyons que ce sens est très clair et qu’il fait nettement connaître qu’il y a eu deux translations de restes (reliques) des saints dont les dates sont : le j décembre et le 19 décembre. Nous pensons

(1) Ces deux mots ne figurent pas dans l’héliogravure qui a été prise sur un premier décalque opéré avant que l’on eut pu les faire revivre.

aussi que ces deux dates sont les seules auxquelles eurent lieu des introductions : INCREttIO ( translations ) ECORYM (de saints) dans le monument, et que l’une des translations fut celle de deux chefs dont il semble être question à la suite de cette même ligne : HIVEOfTA/Ofetsurle bas-relief représentant deux personnes mises en croix, et la seconde des soixante-douze QCXII , dont le nombre est fixé sur l’inscription générale de la restauration que nous avons mentionnée plus haut. Il est à remarquer, du reste, que le sens de cette phrase comprise dans la sixième ligne et dans la moitié de la septième paraît complet, puisque, après HIC ' EXT, se trouve une croix qui remplace un point.

Trois sigles, séparés chacun par un point, suivent la croix dans cette même ligne, et font croire à trois mots mis en abrégé. Nous pourrions peut-être voir alors dans le premier une f liée à un I, qui signifieraient fl lii; dans le second, un D suivi d’un I, qui seraient l’abréviation de Del; et dans le troisième, représenté par une m avec un point placé au-dessous de la jonction des deux barres transversales, la représentation du mot Martyres. Dans ce cas, nous lirions : fl/n Del Martyres. Hlfarnw • fOETANOf • INCREffAf (pour incressi ) fVHT' IN . NOMENT DNI. des fils de Dieu, les martyrs Hilaire et Sostènes, sont entrés dans le nom (pour dans le sein) du Seigneur.

11 ne reste, de la huitième ligne, que fVHT Q.VOf, et delà neuvième que MARTHE qui semble désigner une date ; mais, d’après la lecture de l’inscription prise à son début, et le commencement de la phrase fl/n Del, il paraît probable que ces lignes, malheureusement incomplètes, n’étaient que le complément de la précédente, et mentionnaient le genre de supplice qu’avaient subi Hilaire et Sostène, ainsi que la date de leur martyre. N’oublions pas qu’à côté de cette inscription devail se trouver le bas-relief représentant deux personnes attachées à des croix.

Quant à la dixième ligne, qui renfermait certainement une date puisqu’elle commence par la formule Q.V0D fACIT, il est vraiment difficile de l’expliquer d’une manière certaine, puisqu’il n’en reste que quelques lettres et que toutes les dates nécessaires semblent avoir été données dans les neuf premières lignes.

Voici ce que nous y lisons :

QVOD fAc/tyaraaR-DIX ET III

Nous l’interpréterons de la manière suivante : Q.V0D fAcù « ce qui (pour ceci) a été fait », JanuaK « de Janvier », D (pour dite) « le jour », IX neuvième », ET « et », III « le troisième », K « des Calendes » de?... tel mois. Cette restitution donnerait alors une formule de date analogue à celle de la sixième ligne : QVOD fACIT DECEMBERI DIAE III ET XIIÎI lANVARIAf ; et pour le justifier, nous ajouterons quelques observations. Remarquons d’abord que cette ligne ne fait pas suite aux précédentes, qu’elle commence au milieu de l’espace libre, sans aucune lettre en avant, et se développe irrégulièrement sur la droite, en manière de hors-d’œuvre. De plus, toutes les

dates, comme nous l’avons déjà dit, paraissent si complètes, qu’on se demande à quels faits se rapporte, même celle de MARTIVf gouvernée par les mots fVHT Q.V0f qui la précède. On comprend aussi que le peintre n’ait pu terminer les inscriptions et la décoration le même jour, surtout les translations s’étant faites à des époques différentes. Toutes ces observations nous portent donc à croire, sous toutes réserves cependant, que cette dernière ligne renferme deux dates, dont la première rappelle le jour où la découverte a été achevée, et la seconde celle où le peintre a terminé les inscriptions qu’il ne pouvait finir avant que les diverses translations eussent été faites.

En résumant cette inscription entière, elle peut, croyons-nous, donner sept dates :

i° La date du fait historique de l’exécution de LXXII martyrs;

2° Celle de la dédicace du monument;

3° et 40 Celles de deux translations des restes des martyrs;

5° Celle de l’exécution d’Hilaire et de Sostène, avec des particularités de leur supplice ;

6° Celle des faits particuliers se rapportant aux martyrs qui sont indiqués par ;VNT CfVOf et MARTIVf ;

7° Celles enfin du peintre ayant fait en deux fois ses décorations et ses inscriptions. Il ne pouvait met tre son inscription sur le mur avant que les deux translations eussent été faites (3 déc. et 19 déc.), et il ne l’a probablement inscrite qu’après l’achèvement complet des aménagements de l’intérieur de l’édifice; ceci expliquerait peut-être cette date finale de l’inscription (9 ou 10 janvier), car il ne se serait alors écoulé que 12 jours entre la seconde translation et les derniers aménagements. Mais, encore une fois, nous n’émettons ici qu’une idée que nous livrons volontiers à la sagacité de nos savants épigraphistes.

3 0 Inscription peinte sur le mur de fond, derrière l’autel, à droite du lucernaire. — De nombreuses inscriptions avaient été peintes sur de larges titulus bordés de filets qui formaient les bandes supérieures des stylobates que l’on voyait à l’intérieur de l’édifice ; leurs vestiges ne laissaient aucun doute à ce sujet, mais ils ne pouvaient malheureusement offrir aucun intérêt à l’épigraphie, parce qu’ils étaient par trop frustes. Les premiers mots des deux lignes, fort lisibles, se voyaient cependant sur le mur du fond, derrière l’autel et à droite de l’allège du lucernaire (PL XI et XI I) ; les voici :

t UÎÏ-NOM

MOKTVPHf (noster).

Il est facile de reconnaître que nous n’avons que les premiers mots des deux lignes, puisque ceux de la première ne couvrent que 30 centimètres de longueur

et ceux de la seconde } 5 centimètres, tandis que, de leur commencement à l’angle de retour du mur, il y avait 75 centimètres; il est donc impossible de préjuger avec quelque certitude quel était le sens de cette inscription, tout en y reconnaissant une formule qui se retrouve dans la plupart des autres, et un nom propre. Malgré l’insuffisance des mots qui en restent, pour en connaître le sens, il est important de faire remarquer qu’ils étaient peints avec la même couleur que la partie la plus récente de l’inscription de l’arcosolium dont nous venons de parler, et que les M sont entièrement semblables et fort distincts de ceux de la plus ancienne; ceci donnerait à penser que ce débris serait de l’époque de la reconstruction du monument.

Voilà tout ce qui reste des nombreuses inscriptions peintes de notre Martyrium. Examinons maintenant les inscriptions ciselées dans la pierre et qui, fort heureusement, sont en plus grand nombre et beaucoup mieux conservées.

Page 1