ORIGINE DE LA DÉCOUVERTE
Dans le courant d’octobre 1878, M. Rothmann, commandant en chef du génie, à Poitiers, maintenant attaché au dépôt des fortifications de Paris, procédait au décapement du sol destiné au parc à fourrages de l’artillerie sur les hauteurs avoisinant et dominant la ville, et ouvrait les fondations des constructions projetées. Dès les premiers coups de pioche, les ouvriers occupés à ce travail rencontrèrent des objets qu’ils jugèrent anciens et m’en prévinrent. Je me rendis aussitôt sur les lieux, et, après un léger examen, je reconnus que nous étions en présence d’une nécropole Romano-Gauloise.
D’accord avec M. le Commandant, nous cherchâmes les moyens nécessaires pour tirer le meilleur parti possible de cette découverte. De son côté, il se mit en demeure d’opérer des fouilles régulières (1); quant à moi, l’inspection de l’ensemble du terrain m’ayant fait soupçonner que la nécropole devait s’étendre au-dessus et au-dessous des champs acquis par l’État, je demandai et j’obtins l’autorisation de faire des reconnaissances dans les propriétés particulières qui la bornaient, et mes prévisions furent bientôt confirmées par les résultats que donnèrent quelques tranchées opérées en diagonale.
Je commençai aussitôt des fouilles en règle qui me permirent d’analyser }ij sépultures des quatre premiers siècles et fournirent un nombre considérable d’objets intéressants qui figurent actuellement au musée des Antiquaires de l’Ouest (2).
(1) Ces fouilles donnèrent de fort beaux résultats, comme on peut le voir par les vitrines spéciales qui se trouvent au musée de Cluny à Paris, où les objets trouvés ont été transportés, au grand regret de notre Société archéologique poitevine, et au détriment de l’ensemble de notre découverte.
(2) L’analyse de ces sépultures et de celles qui ont été découvertes par M. le commandant Rothmann, ainsi que la description des objets qui y furent trouvés, feront le sujet d’une publication ultérieure.