‹ Monographie de l'hypogée-martyrium de PoitiersChapitre 3 sur 43 · ASPECT, NATURE ET POSITION DU TERRAIN · texte numérisé non relu

ASPECT, NATURE ET POSITION DU TERRAIN

Avant d’exposer la marche suivie dans les fouilles, il est important de faire connaître le plateau sur lequel elles furent opérées, et sa position topographique par rapport à la ville. Poitiers, circonscrit par deux rivières, le Clain (Clennus) (i) et la Boivre (Bibera) (2) qui coulent à ses pieds, est bâti sur une hauteur, et se trouve dominé par des plateaux. Ces plateaux, qui s’élèvent presque à pic sur la rive droite du Clain et sur la gauche de la Boivre, son affluent, sont formés de calcaires jurassiques recouverts d’une couche de terre épaisse de 30 à 40 centimètres (5) ; ils sont 341"' jo au-dessus du niveau moyen des rivières, s’appellent dans le pays « Dunes (4) » et de leurs sommets laissent apercevoir toute la parLie nord, est et sud de la ville. Le plateau qui nous occupe est situé à l’est de la cité et sur la gauche de la voie romaine conduisant de Poitiers à Bourges par Argenton (5); la nécropole païenne en couvre, le long de cette même voie, une superficie de 30,000 mètres carrés, sur une longueur de 375 mètres. Pour plus de clarté, divisons ce vaste champ des morts en trois parties : la première, la plus éloignée de la ville, propriété de la Société des Antiquaires de l’Ouest, sur laquelle se voit encore un dolmen bien connu sous le nom de « Pierre-Levée », appartenant à l’État

(1) Clennus (Greg. Turon, Hist., IX, 41). Dict. topog. du département de la Vienne , par Réclet, 1881.

(2) Bibera, 923 ( Chartes de Saint-Hilaire , par Réclet, t. I, p. 18). Idem

(3) L’altitude^ au niveau moyen de la mer, du plateau des Dunes, à l’emplacement de l’Hypogée, est de 114m00, et celle du Clain, de 72m50; donc, 114m00 — 72m50= 41m50, hauteur des Dunes au dessus du Clain, à niveau moyen.

(4) DVNVM, DVNVS, DVNA, vetere Gallorum lingua montem vel collem significat. (Du Gange).

DVN, s. m. (mot celtique) signifie hauteur, montagne, élévation, colline, forteresse (Glossaire du centre de la France , par Jaubert, 1856).

(5) « D après 1 itinéraire cl Antonin, cette voie allait de Poitiers, Limonum, à Bourges, Avaricum Biturigum Cuborum, e t, » cl après la table Théodosienne, passait à Argenton, Argentomagus, en Berry. » ( Dissert . sur les voies romaines en Poitou , par dom Fonteneau. Mém. de la Société des Antiquaires de l’Ouest, t. II, 1836, p. 94.)

comme monument historique (i); la seconde, également propriété de l’État J couverte aujourd’hui parles constructions militaires; la troisième enfin, la plus rapprochée de la ville, composée de plusieurs propriétés particulières non habitées. Celle-ci est elle-même séparée de la seconde par un chemin romain qui, bien qu’appelé sur le plan cadastral Chemin de Montbernage, conserve néanmoins encore dans la tradition le nom de Chemin-des-Martyrs. C’est sur cette dernière partie que se trouve le lieu dit : Chiron-Martyrs (2) et Champ-des-Martyrs, lequel a été conservé par la tradition orale et écrite (3), et que j’ai marqué sur la planche I.

(1) La Pierre-Levée de Poitiers fut fouillée par dom Mazet; on n’y trouva que des cendres {Bulletin de la Société d' Agriculture de Poitiers , V. 1, 1818, p. 25.)

(2) « Chiron, s. m., gros tas de pierres amoncelées qui se trouvent dans les champs. Il y a, près de Chef-Boutonne, le Champ des » Chirons, qui doit son nom à la présence de quinze à vingt énormes amas de pierres. Ces chirons ayant été détruits et les pierres >> enlevées, il s’est trouvé que ces prétendus chirons étaient des tombelles qui recouvraient des squelettes et n’étaient autres que » des sépultures gauloises. Le dernier, qui existe encore en partie, a été ouvert en novembre 1857, et nous conservons divers lrag- » ments de poterie, etc., qui y ont été trouvés avec quatre squelettes. » ( Glossaire Poitevin , par Beauchet-Filleau, 1864.)

(3) Voir aux pièces de l’appendice un titre de cette propriété où elle est appelée Chiron-Martyr.

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