PREUVES D’UNE CONSTRUCTION SUIVIE DE RESTAURATION
D’après les nombreux enseignements fournis par plusieurs des chapitres précédents, il paraît évident que notre monument a été détruit peu de temps après sa construction, puis restauré, après un laps de temps que nous rechercherons.
On peut donc le considérer comme de deux époques distinctes ; mais les preuves que nous en avons données étant incomplètes et très éparpillées en différents endroits de cet ouvrage, il nous semble utile de les compléter ici, et de les réunir, avant de décrire l’état du monument à chacune de ces époques.
Nous avons, pour prouver ces deux époques: i° le palimpseste mural de Yarcosolium; 2° les couches primitives de peintures, recouvertes par de plus récentes, et sur lesquelles se voient de nouvelles inscriptions et décorations ;
les entailles faites, dans le jambage de droite de la porte, pour recevoir les pênes, verrous et clefs de deux serrures distinctes ; il est à remarquer que, pour placer cette seconde serrure, on a enlevé, sur le jambage et sur le battant, quelques lettres faisant partie d’inscriptions gravées antérieurement ; 40 les pierres d’un premier dallage qui furent jetées au rebut dans l’ancienne nécropole païenne voisine ; 5° les cavités faites dans l’aire, après l’enlèvement du
dallage, afin de recevoir des ossements humains ; 6° les fragments en pierre de deux châsses sculptées avec inscriptions primitives, servant de couvercles à quelques-unes de ces cavités ; 70 les objets, trouvés dans certaines de ces mêmes cavités, d’époque assurément postérieure à celle des sculptures et inscriptions primitives (V. PI. XVI II); 8° les quatre gros sarcophages décrits sur la planche XIV, dont deux ont pris, dans les arcosolium de droite, la place des
châsses sculptées qui servent de couverture aux cavités que nous venons de mentionner, et dont les deux autres sont aux deux tiers enfouis, à la place du dallage, dans la partie gauche du vestibule précédant la grande marche et l’autel; 90 enfin, le petit morceau de pierre portant les lettres DNI-HP (PI. XII), provenant d’une inscription de même date que toutes les autres, employé comme moellon dans une maçonnerie qui garnissait, dans Yarcosolium de gauche, un vide produit par la mutilation de la châsse sculpté. (PI. II. 1. II.)
Ces preuves d’une construction suivie de restauration semblent assez complètes pour qu’il n’y ail plus de doute à ce sujet et pour qu’il nous soit permis d’indiquer nettement l’aspect que présentait le monument, à chacune de ses époques.
I. Première époque. Construction. — Pour reconstituer l’Hypogée tel qu’il était lors de son achèvement, il nous a fallu examiner attentivement les détails et les objets qui apparaissaient après le déblaiement, et distinguer ceux qui n’avaient pu appartenir qu’à la construction, et non à la restauration. Nous avons d’abord constaté que les marches N, P, 0 (PI- H et III), la colonnette et le pilastre O et O’, la marche palière L, les jambages M, les colonnettes K, la grande marche J, et l’autel G, étaient dans un même bain de mortier et n’avaient changé ni de place, ni d emploi. Il était egalement visible que Yarcosolium de gauche et ses murs latéraux et de fond, de même que le sarcophage n° 15, n’avaient pas été remués, mais seulement repeints, et qu’à droite il restait le pied-droit contigu à la colonnette et les attaches des murs sur lesquels s’appuyaient les voûtes des arcosolium dont les pénétrations dans le rocher étaient encore apparentes. De plus, à première vue, les fosses nos 10, 13, 14, 9, 12, 8, 5 et 6, paraissaient avoir été pratiquées dansle rocher postérieurement à la construction ; mais, après avoir constaté que des morceaux de pierres sculptées avec inscriptions recouvraient les fosses nos 10, 9 et 8, ainsi que le petit sarcophage n°n, et que, pour placer des couvercles aux cavités nos 9 et 12, on avait coupé une partie de l’inscription supérieure de la grande marche J pour y faire une feuillure, il devenait manifeste que toutes ces fosses, ainsi que les sarcophages n°s 1, 2, 3 et 4, dont plusieurs étaient enchâssés aux deux tiers dans le sol, de même que le bas-relief mutilé 1, avaient été aménagés postérieurement à la construction. Ajoutons encore que les deux dalles (PI. XI) dont nous avons parlé plus haut étaient ornées de petiLs ronds, semblables à ceux du sarcophage n° 1 5 de première construction et faits avec le même outil, ce qui ne permet pas de mettre en .doute qu’elles aient fait partie du dallage primitif.
Il ressort de ces nombreuses et minutieuses observations qu’il reste en place une grande partie de la construction, et que plusieurs objets seulement
lui ayant appartenu ont trouvé un nouvel emploi dans la restauration. A l’aide de ces documents, nous avons cru pouvoir faire la restitution de l’édifice primitif, que l’on voit dans les planches XIX, XX, XXI, XXII et XXIII (i), et à laquelle nous ajouterons quelques explications, afin d’en rendre l'étude plus facile et de la justifier.
IL Restitution du monument avant sa restauration. — Dix marches, trois paliers et un petit plan incliné donnaient accès dans l’intérieur de l’Hypogée ; nous en avons comme preuves : i° le niveau du sol extérieur qui est indiqué parle rocher et par la hauteur du lucernaire que nous déterminerons plus loin; 2° les marches encore en place, ainsi que les paliers existants ou indiqués par les marches adjacentes; quant aux hauteurs des marches, nous les avons réglées d’après celles qui sont encore en place.
Deux murs latéraux cantonnaient les sept premières marches aboutissant au pilastre et à la colonnette, qui supportaient eux-mêmes un linteau et un fronton; ils existent encore, ainsi que deux banquettes latérales placées au niveau de la quatrième marche.
Le pilastre, la colonnette et le linteau constituaient l’entrée d’un vestibule couvert et ouvert, mais sans porte, duquel on avait vue, par la porte inférieure, dans l’intérieur de l’édifice.
La porte et ses dimensions nous sont connues, puisque les jambages n’ont jamais été enlevés de dessus leur seuil, et que nous avons retrouvé la partie principale du linteau.
L’aire avait deux niveaux différents nettement déterminés par la hauteur de la grande marche qui n’a pas été changée, et par une autre marche qui, placée en avant et en contre-bas de la première, est toujours restée telle qu’on l’avait mise primitivement, quoique faite de plusieurs morceaux. Aux extrémités de cette seconde marche existaient deux colonnettes avec bases, dés et chapiteaux (PI. VII); nous disons ci chapiteaux » parce que nous avons recueilli des débris de sculptures qui ne peuvent trouver leur emploi que de cette façon (PI. VII et XI). Mais ces colonnettes semblent n’avoir jamais supporté aucun arceau maçonné, à en juger du moins par leur petite taille et par la hauteur beaucoup plus grande des pieds-droits dans la voûte dont nous parlerons tout à l’heure ; elles ne servaient donc que de décoration.
Les deux parties de cet appartement devaient être dallées, l’une avec les dalles du petit modèle déjà signalé, et l’autre avec celles du plus grand (PI. XI); au centre aussi de la plus élevée se voyait un autel dont la hauteur avait, d’après la restitution motivée que nous en avons faite (PI. XII), un mètre dix centimètres.
(1) Nous avons aussi donné deux vues perspectives prises sur le plan horizontal et sur les coupes verticales. (PI. IV et V.)
Les murs latéraux formés de moellons et de mortiers n’avaient que vingt et vingt-cinq centimètres d’épaisseur; ils étaient mis en placages contre le rocher et ne gagnaient de plus grandes dimensions qu’en arrivant dans la couche de terre. Un enduit de chaux recouvrait leurs surfaces intérieures, et ces surfaces elles-mêmes avaient reçu une couche de peinture sur laquelle se voyaient des fdets de diverses couleurs faisant bordures, des inscriptions qui couvraient les bandes supérieures des stylobales , et peut-être des dessins ou arabesques dans l’intérieur des panneaux; nous disons « peut-être », car nous n’en avons retrouvé aucun morceau en place ou parmi les déblais. Le mur de gauche était sectionné dans le petit sanctuaire par un arcosolium dont la profondeur pénétrait dans le rocher. Les trois côtés de cet arcosolium, formés de maçonnerie, supportaient une voûte en plein cintre dont nous avons les naissances qui en font connaître l’élévation, et le fond était couvert par la belle inscription où se lisaient un grand nombre de dates, ainsi que les noms d’Hilaire et de Sostène ; on voit encore sous cet arc les restes d’une châsse sculptée, mais mutilée, qui n’a jamais été déplacée. II existe dans le mur de fond, qui est composé et décoré comme le précédent, une fenestella dont le glacis et une partie de l’allège se voient encore. En donnant à cette prise de jour une hauteur de cinquante centimètres, comptée à partir du sol extérieur jusqu’à la clef du plein cintre qui la garnit au dehors, et en reproduisant à l’intérieur et jusqu’en haut de ce cintre l’ébrasure existante encore, nous obtenons le point où arrivait le sommet intérieur de la voûte de l’édifice. Quant au mur de droite, construit et décoré comme les autres, nous affirmons qu’il était coupé par deux arcosolium, car : i° le rocher est fouillé en pénétration comme dans X arcosolium de gauche, quoiqu’à une moins grande profondeur, et cette similitude, de même que cet affouillement, ne peuvent s’expliquer que s’ils ont servi à des arcosolium; 20 un pied-droit ou pilastre placé au centre, ainsi que deux points de départ des murs extrêmes, existent et n’auraient aucune raison d’être s’ils n’avaient eu pour but de supporter des voûtes; 3" les fragments sculptés et inscrits des devantures primitives de deux châsses ou capsa ont été retrouvés et ne peuvent être placés ailleurs que dans des arcosolium. Ces deux arcosolium admis, nous avons rétabli leurs voûtes en plein cintre en ayant soin de faire monter la plus rapprochée de l’autel à la hauteur de celle de l’ arcosolium de gauche qui lui fait face, et de tenir la seconde un peu plus bas, puisque le sol est à un niveau inférieur; et nous avons alors abrité sous leurs voûtes les deux châsses ou capsa dont nous ne possédons malheureusement que les faces incomplètes.
Pour ce qui est de la grande voûte dont nous avons retrouvé bon nombre de moellons et d’enduits cintrés et peints, il nous a été facile d’en faire la
restitution à l’aide de quelques données et d’un peu de tâtonnement. Ayant pris d’abord comme rayon im4} î moitié du diamètre de 1 édifice, nous avons porté cette mesure au sommet connu de l’ébrasure de la fenestella, et il nous est resté im8$ pour arriver au sol où repose l’autel; puis, choisissant comme centre de la courbe celle hauteur de inl85 , nous avons décrit une courbe dont la naissance vient aboutir au sommet connu de la voûte de l’ arcosolium de gauche.
Il restait à trouver la place du bas-relief mutilé représentant deux personnages attachés à des croix, ainsi que le fragment de statue (PI. VIII). Ayant remarqué que la pierre avec laquelle ils avaient été faits était la même, que l’un avait pu servir de socle à l’autre, et que tous deux semblaient se rapporter à l 'arcosolium de gauche par les sujets qu’ils représentaient, ainsi que par la nature de la pierre qui est la même, nous avons pensé qu’ils avaient peut-être été placés sous cet arcosolium ; mais, après avoir constaté l’impossibilité de cette supposition, nous nous sommes décidé à les mettre ensemble, le socle servant de base à la statue, du côté où se trouvent la châsse et l’ arcosolium d’Hilaire et de Sostène.
Quant à la décoration peinte, nous l’avons fidèlement reproduite d’après ce qu’il en restait, tant en place que sur de très nombreux échantillons retrouvés dans les déblais; et nous ferons remarquer que, d’après des observations citées ailleurs, les peintures, les filets et la décoration murale de la restauration étaient partout les mêmes que ceux de la construction.
Voilà ce qui concerne la restitution de la partie intérieure du monument; disons maintenant comment nous avons établi celle de sa partie extérieure.
La hauteur des murs extérieurs fut facile à trouver, puisqu’elle devait être celle connue de la voûte intérieure, plus son épaisseur; donnant j2 centimètres à celle-ci, nous trouvions : im4j (rayon), plus im8 5 (distance du centre au sol), plus 32 centimètres (épaisseur de la voûte), c’est-à-dire 3m6o, hauteur depuis le sol où repose l’autel jusqu’à l’extrados de la voûte; et, comme le sol extérieur de la terre n’est qu’à 2n’5o au-dessus de celui du sanctuaire, les murs pouvaient sortir de terre de i”’io. Nous aurions donc pu placer la toiture à imio au-dessus de terre; mais, si nous l’eussions mise à cette hauteur, les deux frontons du vestibule et de la grande façade se . seraient confondus d’une manière désagréable à l’oeil et vraiment peu pratique; nous avons donc donné aux murs i^ode hauteur au-dessus de terre, y compris la corniche.
Cette corniche devait exister, puisque les charpentes, à cette époque, ne reposaient pas sur de simples maçonneries;, elles devaient même avoir des modifions, car nous en avons retrouvé un , avec sa queue , représentant une
tête humaine; c’est pourquoi notre restitution comporte une corniche avec modillons.
Nous avons aussi donné aux charpentes la forme la plus simple, parce que l’ensemble de l’édifice respire la simplicité et la décadence même la plus complète des arts.
Les tuiles à rebord (tegula) que nous avons retrouvées dans les déblais nous ont également guidé dans la restitution delà toiture; et, comme la tegula ne peut s’employer- sans Yimbrex, nous les avons mises en œuvre toutes deux en y joignant Yantejixa, leur complément indispensable.
Cette restitution ainsi motivée, il devient facile de décrire l’état du monument après sa restauration.
III. S econde époque. Restauration. — Malgré notre désir de ne pas nous répéter, nous nous voyons forcé de revenir sur quelques détails mentionnés dans le premier paragraphe de ce chapitre et dans le chapitre IV; autrement, il serait difficile de donner une exposition complète du monument après sa restauration; mais nous le ferons le plus brièvement possible.
Il est manifeste cjue cet édifice n’avait été que mutilé et non détruit, puisque la plus grande partie de sa construction primitive se retrouve dans sa restauration. Ainsi, toute l’entrée avec les marches, le vestibule et la porte en pierre, sont de la première époque; j’en excepte cependant la porte en bois qui fut refaite, comme semblent le prouver quelques lettres enlevées aux inscriptions du jambage et du dormant, par les trous destinés au pêne et à la clef d’une seconde serrure.
Les quatre murs, ainsi que leurs trois arcosolium et la fenestella, sont également ceux de la construction primitive, et les peintures seules ont été refaites, ainsi que les inscriptions, hormis pourtant une partie de celle qui paraît au fond de Yarcosolium de gauche, comme nous l’avons fait remarquer au chapitre des inscriptions ( SS i et 2). Nous avons dit en effet que, sous toutes les peintures apparentes lors de l’achèvement du déblai, il en existait d’autres presque semblables. Quant au mur de droite et à ceux qui formaient ses arcosolium, nous sommes convaincu qu’ils existaient lors de la restauration; car, en déblayant, nous avons retrouvé, sur les sarcophages nos 1 et 2 (PI. II) et à leur pied, les moellons qui les composaient; nous avons aussi recueilli dans les décombres les moellons et les enduits de la voûte, et ces derniers, comme Lous ceux des murs, étaient recouverts de deux couches de peinture ; il y avait donc alors une voûte, et cette voûte ne pouvait se soutenir que si le mur de droite existait.
La grande marche, la marche inférieure, les colonnettes et l’autel ayant appartenu au premier édifice, furent conservés dans le second ; mais on
ne remit pas le dallage, et on se contenta même de niveler, tant bien que mal, le sol naturel composé de rocher.
La châsse n° 13, ayant été mutilee, fut remise un peu en 01 die, afin d’en rendre l’aspect plus convenable, et on plaça le pied de 1 ancien bas-relief ( PI. I), représentant deux hommes attachés à des croix, dans un trou pratiqué exprès dans le rocher, sans doute pour conserver cet intéressant souvenir de la première construction ; mais on ne prit pas le soin de remettre en vue le fragment de statue qui semble lui avoir appartenu , car nous l’avons retrouvé employé en moellon, dans un raccord de maçonnerie de gauche, en compagnie du petit fragment qui portait les lettres INI) HAP. et que nous avons mentionné au chapitre des inscriptions.
Nous sommes aussi persuadé que les fosses portant les nos 5, 6, 8, 9, 10, 12,13 et 14, creusées dans l’aire, sont contemporaines de la restauration, puisque trois d’entre elles avaient pour couvercles les fragments sculptes et inscrits ayant appartenu au premier monument, et que les autres leur sont entièrement semblables. Il est aussi croyable qu’on n’a pas mis en dépôt ces devantures anciennes de capsa, jusqu’au moment où l’occasion de les utiliser se présenterait. Ajoutons encore que, si les faces sculptées de ces capsa ont été mises en vue, c’est qu’on tenait sans doute à montrer leurs sculptures aux visiteurs, comme de précieux témoins du passé. Nous croyons également que les gros sarcophages nos 1,2, 3 et 4, ainsi que le petit n° 11, ont été introduits dans l’édifice successivement et à des époques différentes ; c’est ce que semblent prouver leurs formes, la taille qu’ils ont reçue, ainsi que les places qu’ils occupent. On pourrait cependant objecter à ce que nous venons de dire que le sarcophage d’enfant n° n était recouvert par un morceau de la devanture d’une des capsa et que la partie sculptée était cachée ; cela est vrai, mais nous répondrons : i° que la partie sculptée n’offrait aucun intérêt, puisqu’elle ne comportait qu’un rinceau de lierre et une bordure semée de trous jadis garnis par de la verroterie, en un mol, aucun sujet important comme des personnages et des inscriptions; 20 que la place qu’il occupe indique clairement qu’il n’a été mis qu’après l’introduction du gros sarcophage n° 2 dont l’entrée dans le monument est postérieure à la confection de toutes les fosses creusées dans le sol ; 30 que, probablement, cette couverture a été prise à l’une des fosses, parce qu’elle avait les dimensions nécessaires, et qu’elle fut remplacée par un autre morceau de pierre.
Un mot encore au sujet des sarcophages nos 1 et 2. Il est visible qu’il a fallu un travail particulier pour les mettre en place, puisque leur longueur dépassait la largeur des arcosolium et que leur épaisseur était plus forte que ne le permettaient les profondeurs destinées à les recevoir. Voici comment,
croyons-nous, après de nombreuses observations, on a opéré ; n’oublions pas qu’étant de dates différentes, ils ont été introduits successivement : on a d’abord démoli le mur de fond de l’ ar cosolium n° 2, ainsi que son extrémité est, sans toucher à sa voûte, puis, après avoir introduit le sarcophage, et l’ayant collé contre le rocher, on a refait le mur de fond en le faisant reposer, à l’ancien alignement, sur le couvercle du sarcophage. Plus tard, on agit de même pour l’autre, et ainsi la solidité de l’édifice n’en souffrit pas. C’est ce qui résulte de nos observations.
Nous ne parlons pas de l’extérieur du monument, puisque ses parties intérieures essentielles sont celles de la construction. Nous renvoyons aussi au paragraphe suivant la discussion relative aux ossements des trente-cinq personnes renfermées dans ces fosses, ainsi que dans les sarcophages, parce qu’elle fait partie intégrante de ce qui concerne les translations, et qu’il nous suffisait de prouver ici que les fosses seules ont été faites à 1 époque de la restauration de l’Hypogée et que l’introduction des sarcophages leur est antérieure.
Voilà, ce semble, un exposé clair et succinct de l’état que présentait l’édifice après son entière restauration ; nous pouvons, croyons-nous, en conclure cpie sa dévastation n’avait été qu’une violation ou profanation qui eut pour but de briser les châsses ou capsa qui renfermaient les ossements d’Hilaire, de Sosthène et de leurs compagnons dans le martyre, et de jeter ces ossements au vent, puisque, à part ces trois objets, tout le reste du monument primitif était demeuré en place et intact.
Voyons maintenant en quoi consistèrent les translations.