‹ Monographie de l'hypogée-martyrium de PoitiersChapitre 4 sur 43 · MARCHE SUIVIE DANS LES FOUILLES · texte numérisé non relu

MARCHE SUIVIE DANS LES FOUILLES

Assuré, comme nous 1 avons dit plus haut, que la troisième partie de la nécropole païenne, bordée d’un côté par le Chemin-des-Martyrs et de l’autre par la voie Romaine, recélait des sépultures nombreuses, nous commençâmes les fouilles avec méthode(i). Dix terrassiers, sousl’habile direction de notre dévoué chef de chantier Auguste Gatellier, furent employés à ce travail et ouvrirent les tranchées parallèlement à la voie romaine en remontant de AB vers CD, ne laissant pas un seul pouce de terrain sans le remuer jusqu’au solide. La terre végétale n’avait généralement que 50 ou 40 centimètres d’épaisseur, et le dessous étant le calcaire friable, il était facile de constater s’il avait été remué ou non, puisque toutes les sépultures ne comptaient pas moins de 60 centimètres en contre-bas du sol actuel. Après avoir fouillé de cette façon les 2,640 mètres carrés compris entre A, B, C el D> nous arrivâmes, à partir de la ligne CD, sur un terrain qui se trouvait, jusqu en 1852 couvert par un immense amas de pierres de toutes natures et qui n avait alors pas moins de 7 mètres de hauteur dans sa partie la plus e evee. fort heureusement qu’à cette époque l’administration des ponts et c aussées détruisit cet immense tumulus (2) que l’on nommait Chiron-Martyrs, et en porta les matériaux sur la nouvelle route de Poitiers à Limoges pour

sunerfiV*r I ^f'880™60'- DePuis ce terrain fut cultivé. Il occupait une supeifice de 1,815 mètres carrés et était limité au sud et à l’ouest parla nécropole païenne, au nord par des terrains vagues que nous avons explorés sans

(1) V. planche I.

par dessous |a Parti® principale du lieu dit : Chiron-Martyrs, et que

du-ous plus loin ; il faut également noter ZaS’Z ^prTsentait eèTu T""" ChtéU”«“ ^ ‘'«"^raient, comme nous le au ois, sous lesquels se sont si souvent rencontrées des sépultures ^ US aVGC t0US les tumulus Gaulois et même Romano-

résultats, et à l’est par le Chemin-des-Martyrs qui reliait la voie romaine de Poitiers à Bourges à celle de Poitiers à Tours. Le décapement de ce champ offrit des particularités que nous n’avions pas rencontrées jusque-là dans la nécropole : certaines parties, assez vastes, ne fournirent aucune sépulture; d’autres nous révélèrent des sarcophages qui n’avaient aucune analogie avec ceux rencontrés précédemment et qui se rapprochaient au contraire des sarcophages que l’on attribue généralement aux vie et vue siècles; d’autres enfin contenaient des sépultures faites dans le rocher, sans sarcophages; dans ces sépultures, il fut impossible de trouver aucun indice du paganisme, quoique nous fussions habitué à cette sorte de découverte, même à peu de distance de la bordure CD. Poursuivant plus avant nos recherches, nous arrivâmes sur une superficie considérable de terre sous laquelle le solide ne se trouvait pas à la profondeur habituelle; j’ordonnai de suite le déblai en grand à une profondeur de 40 centimètres, puis, rencontrant des débris de tuiles à rebord, des fragments de pierres taillées, ainsi que des morceaux d’enduits peints, je conclus à l’existence d’une substruction importante dont je fis rechercher les délimitations qui me paraissaient devoir être formées par le rocher (1). Ce premier déblai terminé laissa voir une fosse d’environ 60 mètres carrés sur une profondeur de 40 centimètres. Certain alors d’avoir rencontré quelque chose d’intéressant, je fis continuer la fouille par couches de 30 centimètres d’épaisseur, en partant du centre pour rayonner vers les parois connues. Nous déblayâmes de cette façon, avec le plus grand soin, ne laissant pas même une seule pelletée de matériaux de construction sans examiner ce qu’elle contenait, toute cette cavité artificielle, jusqu’à son fond, travail qui nous découvrit les restes d’un Hypogée dans l’état que nous allons décrire.

(1) C’était le 24 décembre 1878.

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