‹ Monographie de l'hypogée-martyrium de PoitiersChapitre 7 sur 43 · RENSEIGNEMENTS PUISÉS DANS LA NÉCROPOLE PAÏENNE ENTOURANT L’HYPOGÉE · texte numérisé non relu

RENSEIGNEMENTS PUISÉS DANS LA NÉCROPOLE PAÏENNE ENTOURANT L’HYPOGÉE

On aura sans doute remarqué sur la planche I, dans la partie de la nécro¬

pole Romano-Gauloise située au sud-ouest du Chiron-Martyrs ou Champ des Martyrs, une grande et une petite tranchée; toutes deux intéressent trop vivement notre sujet pour les passer sous silence.

La grande tranchée mesure 8 5 m 50 de longueur, 80 centimètres de profondeur, im8o de largeur à l’orifice et 1 mètre à sa base; toutes les terres qui la remblayaient avaient certainement été remuées à une époque postérieure à 1 usage de la nécropole pendant l’occupation romaine, car, d’une part, elles n avaient pas la consistance de celles qui recouvraient les sépultures païennes, et, de 1 autre, on n’y avait placé aucune sépulture depuis sa fondation; elle ne contenait aussi que quelques débris de vases funéraires de verre et de terre cuite, sans aucun ossement. On voyait, au fond de cette tranchée, deux sépulluies par inhumation et une par ustion, complètement intactes, et dans son talus deux autres également par ustion, mais légèrement endommagées (1). L ustion, ainsi que les objets trouvés, semblent indiquer d’une manière certaine que ces substructions étaient païennes et antérieures à la tranchée ellemême. Peut-être a-t-on lieu de penser que celle-ci faisait jadis partie de quelque

système de défense, puisqu elle est fort longue et placée sur des hauteurs qui

dominent l’ensemble de la ville et sur lesquelles on s’est battu à diverses époques (2). Mais elle est seule sur un vaste terrain, elle ne pouvait par Là meme appartenir à des retranchements qui en réclament généralement plusieurs;

noire celles par inhumation.

s qui existèrent entre les rois francs ; il fut aussi assiégé

elle est aussi placée perpendiculairement à la face de la ville et tout en longueur, ce que ne peut admettre l’art militaire en semblables circonstances. Je serais donc porté à ne voir dans cette tranchée qu’une longue fosse commune, d’où on aurait retiré, à une époque inconnue que nous rechercherons plus loin, les restes des ossements qu’elle aurait pu contenir.

Quant à la petite tranchée (petite relativement à l’autre), distante de l’Hypogée de po mètres, elle avait, à sa partie supérieure, 4m40 de longueur, 2m2j de largeur; à sa base, }m8o de longueur, i m6 5 de largeur et i"’8o de profondeur. Des débris de constructions, tels que moellons parfaitement taillés, de différentes dimensions, carrés ou allongés, en tout semblables à ceux employés pendant les premiers siècles, — grosses pierres brutes, — fragments de pierres taillées et moulurées ayant pu servir aux monuments funéraires, — mortiers, — la remplissaient entièrement; mais pas un ossement ne s’y voyait. C’est parmi ces démolitions que furent trouvées les deux dalles figurées sur la planche XI, dalles qui, d’après les dessins et leur mode d’exécution, devaient jadis faire partie de l’Hypogée.

Il paraît assez difficile de déterminer, d’une manière précise, la date de cette fosse, ainsi que l’usage auquel elle était primitivement destinée. Toujours est-il que, d’après la façon dont elle était taillée et creusée dans le rocher et sa position au milieu de la nécropole païenne, elle doit lui être postérieure. Il est également à remarquer qu’elle se trouvait remplie de matériaux vraiment nuisibles à la culture des terrains voisins, et, partant, il serait possible que les propriétaires s’en fussent servi comme de décharge. Cette culture a dû, pendant de longues années, être celle de la vigne, si l’on s’en rapporte du moins à la tradition et aux nombreux et gros sarments rencontrés dans cette fosse, ainsi que dans celles qui servaient aux sépultures voisines; d’après les titres de propriété, ces terrains n’auraient été mis en culture ordinaire que vers 1 78 j .

Après nous être forcément éloigné pour quelques instants de l’Hypogée, revenons-y et exposons en détail les particularités que présentent les enduits et la peinture, la sculpture et l’architecture; car ce sont bien là les parties les plus caractéristiques et les plus importantes de l’édifice, celles qui nous aideront davantage à en fixer la date.

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