Bib. mun. Ms. N° 495, t. V. Description de la cathédrale
7. Comptes et Mémoriaux du Roi René, par Lecoy de la Marche, n° 176.
‘158 gonograpbie De la cathédrale D’Angers.
anges faisant entendre les sons de la redoutable trompette, et à ces sons, les lombeaux se brisent, les morts se lèvent et se débarrassent de leurs suaïres (*). »
En quelle année le trésor de l'église fut-il déposé dans ce magnifique Sacraire ? Il y était certainement en 1495 ; probablement un peu auparavant.
Protégé par une forte grille de fer, gardé, la nuit, par les veilleurs, qui couchaient dans l'église près du jubé et par les chiens du sacristain, le Ae/zqguarre, reçut plusieurs fois les joyaux mis en gage ou en dépôt par l'évêque Hardouin de Bueil en 1428 (‘), par le roi René et par la reine Jeanne de Laval. Ainsi, René d'Anjou emprunta aux chanoines, en 1465, deux mille deux cents écus sur deux bassins d’or, semés de pierreries, retirés en 1483 par la reine. Le 12 mars 1473, il leur avait confié {sa grant croix d'or > avec défense d'en faire parement et ne la fit revenir en Provence qu'en 1476 (*). Dix ans plus tard, Jeanne de Laval mit dans le Xe/iquaire sa couronne, ses bagues et ses joyaux pendant près d’une année (+).
Le Trésor était ouvert aux rois, aux dignitaires ecclésiastiques, aux personnages de distinction et à la prise de possession des évêques d'Angers (5). Le cardinal Spada, nonce d'Urbain VIII, le visita en 1626, à l'issue de la grand’ messe (°).
On y renfermait le Saint-Sacrement pendant l’octave de la Fête-Dieu, en ayant soin de placer une lampe devant la porte (’); enfin, on l'encensait en certains jours, comme les autels et les tombeaux.
Au changement du chœur, en 1699, les stalles furent avancées à deux mètres environ de la porte du Reliquaire, mais sans en gêner l'accès (°).
En 1781, le Xel/iquaire fut démoli. Les ornements d'architecture et les statues de Pons Poncet pouvaient être conservés sans inconvénient pour la boiserie, distante en cet endroit d'environ un mètre. Quel stupide vandalisme, parce que ces sculptures étaient gofhiques, de s’acharner contre elles! Plusieurs débris d'une merveilleuse délicatesse et tout dorés, ont été retrouvés dans les décombres : les enragés de Grec et de Romain les avaient employés à caler la boiserie du chœur.
Au milieu du XVe siècle, il y avait trois Xe/iquaires ou Sacraires à la cathédrale :
1° L'armarium magnum, remplacé par le Xe/iquaire dont je viens de parler.
2° Un autre, construit en 1450 par le roi René, de l’autre côté du chœur, monument de près de vingt pieds d'élévation, destiné à renfermer l’Urne de Cana. Cette « jexéfre y ou placard coûta 40 écus d'or ; elle fut démolie en 1699 sans aucune nécessité.
3° Un Sacraire, creusé dans l'épaisseur du mur de la sacristie, pour les reliques dont on ornait le maître-autel ou qu'on portait aux stations du dimanche « 2# guadam magna fenes- (tra revestarii >», d'après l'inventaire de 1539. Le garde-reliques veillait à la conservation des objets renfermés dans le chœur, et le sacristain répondait du reste