‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Le mobilierChapitre 181 sur 437 · Bib. d'Angers, ms. N° 862. I, p · texte numérisé non relu

Bib. d'Angers, ms. N° 862. I, p

3. Lehoreau, liv. V, p. 17. On lui fit une couverture vitrée. 4. Quel dommage qu’on n’ait pas pris le même parti qu’à Saint-Germain-des-Prés. (Voir la gravure de l'autel à bal-

daquin et la disposition de la châsse dans l’ouvrage de Dom Bouillart, Wisioire de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés) 5- Bib. d'Angers, ms. 672. |

€ pas exposer cet ouvrage ainsi défiguré qu'il est, l'on y a rétabli et suppléé les pièces les € plus apparentes que l'on a fait faire de bois doré. » | «€ Le 3 mai 1747, on la descendit de dessus du tombeau de Guillaume de Beaumont,

170 | Sonograpbie De la cathédrale D'Angers.

{ avec bien de la peine. Quand on voulut refaire le chœur, on trouva qu'il en coûterait € plus de 3,000 livres pour y faire les réparations nécessaires ().

€ Le jeudi 21 décembre 1747, fut placée vis-à-vis le petit buffet d'orgues, au fond du «€ chœur, la châsse de saint Maurille sur un encorbellement de menuiserie. « MT Surugue « a donné le dessin de l'ouvrage et en a fait la sculpture avec sa capacité ordinaire. On à fait « dorer celle menuiserie par un doreur étranger contre toute justice. Cet ouvrage, com- « mencé le lendemain de la Saint Maurice 1749, a été achevé pour la fête de Pâques 1750 (*).»

Entr’ autres ornements, il y avait au milieu un trophée d'évêque et un cartel sur lequel était écrit : Sanclus Maurrllus.

Tous ces travaux de menuiserie et de sculpture coûtèrent 650 livres, plus 19 livres

pour les poids, placés au-dessus des voûtes pour la couverture vitrée de la châsse (:). Voici dans quel triste état elle se trouvait le 22 décembre 1747 :

ÉTAT DES PIERRERIES ET DES PIÈCES D'OR ET D'ARGENT DORÉ, SERVANTS A LA DÉCORATION DE LA CHASSE DE S. MAURILLE, ÉVÊQUE D'ANGERS, SITUÉE PROCHE LE PETIT ORGUE DE S. MAURICE ET DE CE QU'IL Y MANQUE SAVOIR.

€ Fasse, pièces présentes.

« En bas, trois pierres d'agafonix grandes, celle du milieu représentant un ange tenant « un buste entre ses mains, et les deux autres chacune une teste humaine, toutes trois de € prix, au-dessus desquelles sont trois statues en bosse, savoir, celle du milieu représentant € saint Maurille assis et donnant sa bénédiction (ce qui n’est pas ordinaire) ayant sa mittre « d'or émaillé garnie d'un grenat fin un peu gros de chaque costé et de petits aussi fins € généralement tout autour. Au costé droit de cette statue est celle de la sainte Vierge, € tenant l'enfant Jésus entre ses bras, et au costé gauche est celle de sainte Anne avec « la sainte Vierge, son enfant. Ces trois pièces sont surdorées et ces deux dernières sont € posées sur des pilastres terminées en galleries : sur le nœud de la chappe de S. Maurille « est un saphir en cœur, monté en or, sur une rosette d'or émaillée.

€ Autour de saint Maurille, savoir en dedans de sa niche, sont six petits saints comme « des apôtres, couronnés d'ornements autour desquels règnent tour à tour perles d'argent « et plusieurs sortes de pierres, comme cornalines et autres de même valeur ; quatre cas- « ques en forme de feuilles d'épines, font le couronnement au-dessus de l’impériale de la € chaise parée dudit saint Maurille; les deux saintes susdites sont couronnées d’ornements « à jour, le fonds bleu. Entre elles et la niche dudit saint, sont deux pilliers avec leurs € couronnements. Et au-dessus de sa niche sont deux étages de fenestres en mosaïque ; « le premier est surdoré, et autour desquelles règnent tour à tour perles d'argent, corna- « lines, cailloux fins, et pierres de composition. Au-dessus des deux saintes deux petites « galleries en forme lozange le tout d'argent doré et sur un fond de plaques fortes qui « sont aussi d'argent doré.

1. Manuscrit des héritiers Dubois, appartenant à M. Godart, p. 16. 2. Archives de la Sarthe. Copie des épitaphes de l’église d'Angers. 3. Fab. II, p. 482.

L’Ancien Œrésor. 171

{ Autour de la châsse, pièces présentes.

€ Trente-huit niches ornées de pilliers carrés, avec leurs arboutans, dans lesquelles sont € trente-trois statues en bosse assez entières, et une sans tête à laquelle on a rapporté € une teste de bois doré, et un autre saint de bois doré, qu'on a mis en place d’un autre ; € nous expliquerons ci-dessous ce qui manque ; et quatorze flèches garnies de leurs cou- { ronnements de petites feuilles, assez imparfaits parce qui y manque et qu'on ne peut « dire, le tout d'argent doré sur un fonds aussi d'argent doré.

€ Fasses de la croix, pièces présentes.

€ Aux fasses de la croix en bas sont rapportées une histoire de chaque costé en bas « relief, et au haut sont un évangéliste de chaque costé en bosse, entourés générallement « et par ordre de grands cristeaux, de cailloux du Poitou et de fausses pierres, et d'un « costé de la dite croix est une pièce d'agatte représentant une teste humaine et qui n’est € point de prix. Les deux couronnements de la croix sont en feuilles d’épines en forme « de casques, et de deux pilastres, ornés aux quatre coins de grosses feuilles d'épines en « forme de casques, le tout d’argent doré et sur un fonds de même d'argent doré.

« La couverture, pièces présentes.

« La couverture est toute de plaques très fortes en fleur de lis de bas relief, un grand € cristal de chaque costé du derrière, et pour dernier couronnement sont des fleurs de lis « debout en bosse et des fleurons sur une moullure qui règne tout au long et en travers « de ladite châsse, et le tout d'argent doré, cloué et arresté par des clavettes et des cloux € d'argent, de cuivre et de fer. Il est à remarquer que toutes les pierreries sont montées € en argent doré.

PIÈCES DE MANQUE, € Fasses, pièces de manque.

« 1° La crosse de S. Maurille ; 2° au-dessus de S. Maurille l'impériale ou couronne ; € 3° au pillier de son costé gauche la plate-bande et son couronnement, au-dessus desquels « manquent aussy comme au-dessus du couronnement de Îa niche trois petites statues, { deux cornalines et deux autres pierres ; 4° tout l'ornement en feuilles d'épines du cha- { piteau ou pignon susdit au-dessus du couronnement de Îa sainte Vierge, comme aussi « deux pièces une de chaque costé au-dessus des petites galleries mentionnés cy-dessus ; € 5° le bas du gros pillier de support du costé gauche dégarni jusqu'au premier étage.

€ Autour, pièces de manque.

€ 1° Trois grandes statues en bosse dans les niches cy-dessus énoncées ; 2° une teste € d'argent manquant, comme il est dit cy-dessus, laquelle on a remplacé en bois, et une € statue qui est aussi remplacée par une de bois, ce qui fait voir qu'à proprement parler, {il en manque cinq, qui font les trente-huit, comme il est porté qu'il y a trente-huit niches ; € 3° dix-neuf flèches et deux arboutans de pilliers parallèles aux quatorze portées cy-des- € sus, et quantité de leurs nœuds ; 4° tous les piliers à la réserve de trois dépouillés de € leurs douilles, triangles et de leurs couronnements en fleurs d'épines, qui en faisaient € tout l'ornement ; 5° deux chapeaux de cardinaux. Au dernier couronnement deux bouts { de fleurs de lis. Non compris ce que j'ai écrit de l'autre part des pièces de manque € j'estime qu'il a esté cassé ou pillé, tant des plaques, qui couvrent la châsse, qu'aux autres € pièces aux environs de sept à huit marcs, sauf à meilleur avis. »

172 gBonograpbie de la cathédrale D'Angers.

€ Par ordre de Messieurs, après avoir mûrement examiné ladite châsse, j'y ai trouvé ce € présent état conforme... le 23 décembre 1747. » — A. CLOHAUT.

Le 21 sept. 1782, le support de la châsse, enrichi d'ornements dorés, fut mis en vente avec le jubé et la menuiserie de l’ancien chœur dans les Annonces d'Angers (”).

On descendit la châsse en 1783 pour démolir le jubé et les anciennes stalles.

Elle fut déposée dans la salle du chapitre, et nettoyée par Æ/ardye, orfèvre (°).

Les chanoines, ayant l'intention de placer la châsse en long comme elle l'était depuis 1748, tandis qu'auparavant elle avait toujours été placée dans l'axe de l’église, firent enlever l'argent doré dans toute la longueur d'un côté, sous le prétexte qu'on ne le verrait pas dans la nouvelle position de la chasse (*). Ce vandalisme, doublé du désir secret de battre monnaie pour les dépenses énormes du nouveau chœur, parut tout simple.

Le steur Hardye remit au chapitre, le ref juillet 1783, la somme de 3072 I., prix des 53 marcs d'argent doré arrachés d'une des faces de la châsse (*).

Un dessin de menuiserie, orné d'attributs, fut proposé par Gaufier, maître menuisier du chœur en 1783, il ne fut pas exécuté ; on établit au-dessus de la porte du trésor une sorte d'attique sur laquelle la châsse fut déposée jusqu'à la grande Révolution. Celle-ci acheva l'œuvre de destruction commencée par les huguenots et les chanoines.

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