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L'Ancien Trésor. 175 € in rondellis... — In ultimo buto seu posteriori parte dictæ cassæ sunt tres ymagines, « vero Crucifixi, beatæ Mariæ et Johannis. — Et in superiori parte ymago majestatis…
«et sunt in dicto buto tres pometæ... ».
On remarquait sur le devant un bas-relief représentant S. Maurille à l'autel et trois personnages portant S. René au baptême. Le pignon était occupé par six statuettes figurant la résurrection de S. René. À l'extrémité opposée, l’orfèvre avait placé le Christ entre S. Jean et la Ste Vierge, au-dessus l’image de Dieu bénissant. Quatorze arcatures, remplies par les statues des apôtres, de Notre-Seigneur et de la Vierge, décoraient les côtés de la châsse, dont la toiture était enrichie, à droite et à gauche, de trois grands médaillons, alternés avec quatre petits. Enfin, sept pommes de métal, trois à chaque pignon et une au milieu du faîtage, complétaient l’ornementation.
Ce beau reliquaire, qualifié jusque-là de capsa processionalis, fut placé en 1440 au milieu du retable de l'autel de Saint-René, et porté sur un pilier de pierre construit en arrière aux frais de la fabrique ().
L'évêque de Marseille, confesseur du Roï, demanda, le 16 février 1507, une relique de S. René au chapitre : il la lui refusa (°).
La dévotion à S.René était très grande au commencement du XVIe siècle. Louis XII et Anne de Bretagne firent en 1508 une neuvaine à son autel pour obtenir un enfant. A cette occasion, le roi donna un calice d’or de trois marcs et dix écus à la couronne, et la reine dix écus au soleil. lis revinrent en pèlerinage l’année suivante et la reine en 1510 (:).
L'évêque, François de Rohan, fit ériger le 16 mars 1509 par le souverain pontife une confrérie en l’honneur de S. René, qui en peu de temps devint très nombreuse. La bulle sur parchemin (dont l'en-tête enluminé des armes du pape, de l'évêque, du chapitre et d'une image du saint, existe encore au musée d'antiquités), figurait au jubé pendant la neuvaine de la fête de S. René. |
La châsse était en mauvais état en 1541 ; nous lisons dans les lettres patentes de François Ier, ordonnant la publication des indulgences pour la restauration de l'église d'Angers, embrasée par un incendie, qu'il est Üesoin de rééadifier les capses, renfermant les corps de S. Benoît, de S. René et de S. Sérené.
Le 6 Avril 1562 (+). « Ceux de la nouvelle religion ayant pris l'église cathédrale, y firent de grands bris et ruptures... même la chässe, où reposait le glorieux corps de Monsieur saint René, celui corps firent ardre, brusler et reduire en cendres, laquelle chässe fut du tout brisée et l'argent, qui en fut tiré ou partie d'icelut fut vendu par ceux de la dite religion avec saint Maurille d'or, qu'ils endommagèrent fort. Au regard de la chasse de saint René, elle est du tout rompue et en pièces, et nous en ont élé les dites pièces présentées, lesquelles avons fait peser par Mathurin Moreau, orfévre,… qui nous a rapporté les diles pièces peser 67 marcs 1|2 deux gros d'argent. Un soldat du partit calviniste, qui était là et s'appelait René, eut regret de voir cette profanation et retira du feu quelques reliques du corps de saint René avec les cendres, qu'il rendit aux catholiques. Ce reste de reliques resta enveloppé
1. Bib. d'Angers, ms. n° 656, t. II, Fabrique. 2. Ibid., n° 628.