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L’Ancien Trésor. 245
Le 9 novembre 1780, l'Évêque, adresse au Chapitre une lettre pour l'inviter à envoyer à la Monnaie toute l'argenterie de l'église, qui n'est pas indispensable au service divin, afin de subvenir aux besoins de l'État. Une commission est nommée à cet effet (').
La révolution acheva la ruine du trésor avec une exactitude désespérante : tout le reste fut jeté au creuset national. |
Un seul objet antérieur à cette funeste époque nous est parvenu : c'est un bras-reliquaire en bois, plaqué d'argent avec quelques cabochons et qui vient de St-Aubin ou de St-Martin: il date du XV° siècle. (Voir p. 187.)
Je serais toutefois incomplet. si Je ne mentionnais pas les pr//erres et volleries des Huguenots ». Bien qu'ils n'aient pas entièrement saccagé la cathédrale d'Angers comme celle de Bayeux et tant d'autres, ils détruisirent la châsse de S. René et plusieurs autres objets précieux (‘), entre autres les statues de bronze du tombeau de Jean de Rély et du doyen . du Mas.
Pour en revenir à la révolution, elle enleva tout ce qui restait de l'ancien trésor : en voici le tableau, dressé le 8 oct. 1790 (:).
S. Maurice, Chapitre et paroisse : 7 bassins, 1 bâton, 3 bénitiers, 2 boîtes, 4 bras, 12 burettes, 1 coquille, 1 crosse, 1 aiguière, 2 bustes, 12 calices, 20 chandeliers, 2 bougeoirs, 4 châsses, 1 ciboire, 1 suspension, 12 croix, 4 encensoirs, 4 textes, 1 collectaire, 1 lampe, 3 navettes, 2 paix, 18 reliquaires, 2 soleils, 1 niche, 11 statues, 1 pupitre, 2 œufs, pierre garnie.
En 1790 et 1791 on supprime bon nombre d’églises (celles des couvents et quelques paroisses). On centralise alors à St-Maurice l’argenterie de St-Aubin, de St-Martin et de St-Pierre.
La spoliation marcha lentement, mais sûrement :
Les opérations commencent le 7 avril 1791 et finissent le 16 mars 1792, dirigées par Michel François Viot, fils, orfèvre de la ville, “en présence de M. Barthon et Hortode, membres du district. [l s'agit de soustraire des reliquaires tous les corps étrangers, tels que de bois, le plomb, le cuivre, le fer el le ciment, puis, après en avoir pesé le revenu net, de les envoyer aux hôtels des monnaies avec distinction de l'argent d'avec l'argent doré,
On assure qu'à St-Maurice, les reliques arrachées des châsses furent jetées par-dessus la boiserie au milieu de la poussière et des toiles d’araignée.
La première opération, du 7 au 28 août 1791, comprenait : Argent doré 216 marcs. Argent blanc 431 marcs.
La seconde, du 29 sept. au 14 oct. 1791 : idem 405 marcs. idem 422 marcs. La troisième, du 30 déc. 1791 au 23 fév. 1792: ss ssssssssncessscéescee idem 292 marcs. La quatrième le 16 mars 1702: idem DIT MATOS unies hunter
858 marcs. 1145 marcs.
1. Archives départementales. Conclusions du chapitre, 1786-1790, p. 485.
2. Dans une déposition sur les méfaits des Huguenots, il est dit ceci : Un nommé Pinault, archer, fut vu dans l'église portant un panier, auquel il y avait plusieurs pièces d'argenterie de la rupture des chasses et joyaulx, disant que C'était bonne mercerye.
Jean Tillon, leur capitaine, rendit quelque temps après au chapitre, ce qu'il avait pu recouvrer de la châsse de S. René, montant à 67 marcs d'argent doré. (Privilèges, t. XVII, p. 19.)
3. Ce tableau et quelques autres existent au Musée diocésain.
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246 onograpbie De la cathédrale d'Angers.
Quatre procès-verbaux du s' Thomas, directeur de la Monnaie de Nantes et du sieur Retours, de la Monnaie de Paris, attestent l'arrivée en leur hôtel de 2003 marcs, 12 onces, 4 g. ‘/, tant en argent, qu'en vermeil, envoyés par le sieur Viot, fils.
Ainsi périt misérablement, avec ceux des autres églises du district, le trésor de la cathédrale, dilapidé vingt fois par ceux qui auraient dû veiller à sa conservation et enfin englouti dans le creuset national.
Comment a-t-on laissé tout confisquer par la Nation ? entend-on dire quelquefois. Pourquoi n'avoir pas caché certains objets précieux ? C'était chose absolument impossible. Agir lentement, pour agir sérement n'est pas une doctrine politique nouvelle. On la mit en œuvre avec le plus grand succès au commencement de la Révolution.
Dès 1789, les fabriques sont forcées de donner à l'État l'inventaire de leur argenterie avec la signature des marguilliers responsables.
La spoliation des églises était décidée, mais il fallait ménager les apparences au premier moment, du moins. Le 9 nov. 1789 ('), l'évêque d'Angers (comme tant d’autres, hantés des grands mots de liberté, d'humanité, de patrie et des idées de réforme qui étaient dans l'air) demande au chapitre d'envoyer à la Monnaie toute l'argenterie de l'église, qui n'était pas indispensable au culte, afin de subvenir aux besoins de l'État.
On supprime toutes les églises de couvents et quelques paroisses en 1790 et 1791 : nouveau butin pour la nation, qui adjoint avec force procès-verbaux, inspections et surveillance continuelles, ces objets précieux à ceux qui ne peuvent plus lui échapper dans les églises conservées quelques mois encore.
Enfin, le 18 septembre 1790 (°) le chapitre autorise M. de Villeneuve, doyen, et Guillon, chanoine, dans le cas où ils seraient requis (ce qui ne tarda guère) par le district, d'ouvrir les portes de leur chapitre et Chartrier de répondre à la réquisition, «qu'ils ne peuvent plus être lenus responsables des vases sacrés êt ornements énumérés dans le procès-verbal « du 4 mai, comme apportés de l'église St-Aubin... que s'ils étaient forcés de quitter leur € église avant un inventaire du mobilier, ils ne peuvent se porter garants des objets qui « pourraient en être distraits.. qu'ils réclament la chappe qui leur appartenait individuel- « lement et leurs ornements particuliers, etc... » Vaines réserves, précautions inutiles : qu'importait à la nation l'avis du chapitre ? Tout fut sacrifié en 1791.
Depuis deux ans, le vol était commis »zoralement ; d'ailleurs, les idées nouvelles ayant des partisans nombreux dans l'Épiscopat et le clergé, il eût été impossible à un fabricien (eût-il voulu même y risquer sa tête), de vaincre l'opposition de ses confrères, toujours enclins aux dons patriotiques et de leur persuader de soustraire quoi que ce fût. Voilà comment rien, pour ainsi dire, n'a pu échapper à cette confiscation habilement dirigée et facilitée au début par l'aveuglement de ceux qui auraient dû s'y opposer
avec le plus d'énergie.
1. Archives de Maine et Loire. Conclusions du chapitre 1780-1790, p. 458. 2. bidem, p. 594. |
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Reliquaire en ébène, orné d’appliques d'argent. Travail d’Augsbourg. Commencement du XVII: siècle.
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OUS ce titre un peu prétentieux, il faut bien l'avouer, je décrirai les objets d'art anciens Où modernes, achetés par la fabrique ou donnés à l’église pendant le
XIXe siècle.
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Première JPartice. — Objets d'art anciens.
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STATUE D'ÉVÊQUE, EN BOIS SCULPTÉ, POLYCHROMÉE. HAUTEUR OM,52, Fin du XIII° siècle.
Cette charmante statuette, vient de la chapelle de la Papillaye, près Angers. La polychromie en était assez bien conservée pour pouvoir être reproduite très exactement. M. Blanchart, de Malte-Brugge, à la porte de Gand, lui a rendu avec les conseils de M. Jules Helbig, l'éminent directeur dela Revue de l'Art chrétien, son antique splendeur. La crosse et le piédestal sont modernes. — Don de M. l'abbé Choyer.