C. Port, Dictionn. de M.-et-I., T, p
Œbapitre vi. — Relations vu Œbapitre. 131
branlantes ; l’eau filtrait à travers les planches ; les gouttières avaient besoin d’un gros nettoyage. Dans la grande salle 28 soliveauxà pourir et gastez ne tenaient qu’à potences, nombre de vitres étaient cassées, beaucoup de fenêtres étaient dégarnies de leur menuiserie, de leurs gonds et crouillets. » — Voilà, ajoutaient les chanoines, « la responce aux beaux bâtiments et réparations que se vante le défendeur d’avoir faits en ladicte maison épalle, et cependant il a joui pendant 30 ans des revenus de l'évêché, qui peuvent monter à 250.000 I. et plus ». Messieurs du Chapitre exagéraient sans doute à plaisir les dégâts et grossissaient à l’excès le chiffre des revenus, et puis la grande salle ne devait pas être en si mauvais état, puisque Jean Olivier, successeur du Cardinal de Rohan, y donna, le 10 novembre 1532, « le disner solempnel de sa nouvelle entrée et bienvenue (*}. » Les chanoines dans leur zèle passionné avaient dû additionner les revenus de toutes les années de l’épiscopat de François de Rohan, car du temps de ce prélat, le revenu annuel ne dépassait pas 80.000 1. — En tout cas, après la mort du Cardinal, son successeur dut remettre en état l'évêché, grâce aux 3.000 écus d’or qui lui furent « baillés et payés à la suite d’un accord passé entre lui, le seigneur de Gié et le Chapitre d’Angers.Les chanoines ausdi touchèrent sur la succession 2750 1. pour les frais, despenses et poursuites du procès, et 2000 I. pour des réparations concernant l’église (?). »
Jean Olivier, successeur de François de Rohan, dès le début de son épiscopat, se rendit compte que les chanoines d'Angers étaient vraiment peu endurants. Ils chicanèrent quelque peu sur les termes de la Bulle d’investiture du nouvel évêque, et les colères de Messieurs les chanoines contre Rohan étant à peine éteintes, le nouvel évêque pouvait dire avec raison dans une lettre au Parlement de Paris, dès le premier incident désagréable qui lui arriva personnellement : « I1 n’y a Chapitre en ce royaume plus ingrat, plus rebelle et plus irrévérent que celui d'Angers. » — Il avait été obligé, après les difficultés soulevées par les chanoines, d’en appeler aux premiers magistrats du royaume « pour que la petite porte de la grande salle de l’Évêché donnant sur la cathédrale lui fust ouverte quand il voudrait entrer dans l’église, sans qu’il fust tenu envoyer vers le sacristain. » — Les chanoines avaient laissé faire ; mais quand il réclama « que l’entrée du Chapitre fût semblablement ouverte, et qu’il lui fust permis y mener avec 4 hommes d’Église, tels que bon lui semblera, » les chanoines réclamèrent. « Demander, disaient-ils, que pour la sûreté de sa personne « il luy fust loisible mener 4 hommes, koc ultimum erat ab ea
. honestate et modestia que son Chapitre avait montré tant à luy qu’à tous les autres et n’y portaient les défendeurs ny couteaux ny glaives (*}. »
Les difficultés avec Jean Olivier venaient de finir, qu’elles recommencèrent de plus belle quand Charles Miron, âgé de dix-huit ans, fut nommé par Henri III à l’Évêché d'Angers. Le Chapitre, appuyé par la municipalité de la ville, commença par faire opposition à sa prise de possession. Il fallut que le Maréchal d’Aumont, maître de la ville, forçât les récalcitrants à céder devant la force. Son séjour continuel à la Cour l’ayant rendu odieux à tout le monde, et sentant lui-même son impopularité, Charles Miron avait songé à se démettre en faveur de René Benoît; mais il ne donna pas suite à son projet, et alors ce fut une guerre épique entre le prélat, les chanoines, son clergé tout entier, à propos du Bréviaire, de la loi diocésaine, de l’exemption du Chapitre vis-à-vis de la juridiction épiscopale, qu’il voulait supprimer. — Les démêlés à propos