‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 121 sur 212 · Bibl. m. d'Angers. M°*° 665, p · texte numérisé non relu

Bibl. m. d'Angers. M°*° 665, p

Œbapitre ii. — La Psallette De la Cathédrale d'Angers. 155

dait aux villes voisines. Parfois des musiques de régiments offraient leur service, comme celle des dragons à la procession du Sacre de 1780.

| Quelle était la valeur des chants et de la musique des enfants de la Psallette? A la veille de la Révolution « tout cela était dans le goût du temps, musique.savante, mais froide, alambiquée. (*). » Les chanoines durent se plaindre plus d’une fois de la longueur des Te Deum et des psaumes.

Cependant la réputation des petits chanteurs de Saint-Maurice fut telle qu'on les demanda à maintes reprises hors de la cathédrale. Le roi René les obtient pour la représentation des Mystères ; ils sont à la représentation de la Passion de Notre-Seigneur par Jehan Michel. — Le 24 septembre 1635, ils vont aux Ardilliers de Saumur, à un

enterrement présidé par. l’évêque Claude de Rueil, et auquel assiste le révérendissime”

archevêque de Paris. — Le 16 septembre 1748, la Psallette reçoit la permission des Messieurs du Chapitre .« .d’assister, pour y chanter, à la bénédiction des Dames du Ronceray, qui se fera dans. leur église abbatiale, le 1“ dimanche d’octobre, sans tirer à conséquence pour l’avenir (*). » — Le 14 novembre 1774, les petits chanteurs d'Angers sont à Flèche pour. y.prendre part, avec ceux de Tours et du Mans, sous la direction de leur maître, l’abbé Roze, au grand service funèbre célébré pour le repos de l’âme de Louis XV. — Le 14 mars 1786, ils prennent part à un concert spirituel, donné à Angers au profit des pauvres de la ville.

La voix des enfants était parfois si belle qu’elle était l’occasion d'événements assez étranges. En 1692, Frédéric, prince héritier de la couronne de Danemark, de passage à Angers, était venu à la cathédrale entendre l'office du Chapitre. Il avait été frappé par la beauté des chants et remué tout à fait par la voix d’un petit soliste, nommé Simon Abellard. Ravi d’un si joli timbre, il voulut enlever l’enfant et lui donner une place parmi les chanteurs de sa Cour. Le petit résista aux offres que lui fit le Prince, et, dès que le rapt fut connu, les Chanoïnes envoyèrent à la poursuite du ravisseur et le forcèrent à rendre l’enfant (*).

D'ordinaire l’admiration n’avait pas de telles conséquences, heureusement. Le 11 février 1673, Nourry, un maire-chapelain, ravi lui aussi de la beauté des chants de la Psallette, fondait des petits pâlés pour augmenter l’ordinaire de ses petits amis aux jours de fête, à condition « qu’il serait enterré près de la porte des cloîtres, et que l’on chante sur sa fosse le verset Requiescat in pace. » 2 juin 1721 (*).

La maison de la Psallette, installée primitivement près de l’Évêché, sur l’ emplacement de la chapelle du Crucifix, ne pouvait pas s’agrandir, le terrain qu ’elle occupait étant de tout côté limité ; elle ne tarda pas à être transférée de l’autre côté de la cathédrale, près du Chapitre. Il est douteux que le confort y fût jamais considérable, et souvent .on y constata des abus. En 1651, les commissi puerorum constatent dans un rapport au Chapitre que leurs pupilles sont mal élevés. Ils ajoutent : « cameras earumdem sordidas ac lectulos immundos et male instructos, cum angustis et brevibus linteis, nulla propemodum palea substracta, in quibus lectis bini decumbunt cum octo lecti'subministrati fuerint, alia

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