Bibl. Nat. Paris, n
Œbapitre ii. — fêtes de Œonfréries en l'église De Baint-Mautice. 173
nonas marti, le Saint-Père informait « les révérends Evesques d’Angiers, par leur zèle et conseil, bon zèle et conseil de nobles personnages, » qu’il donnait à chacun qui serait d'icelle confrérie Monsieur S* René quarante jours de pardon par chacun an et associe tous les frères et sœurs d’icelle en toutes les oraisons, prières et bienfaits qui se font par toutes les églises du diocèse d’Angiers. Licence leur était donnée « eslire confesseur séculier ou régulier, demandant congié à leur curé et vicaire, seullement avec puissance de soy faire absoudre de tous cas à eulx réservés. »
En 1533, « octavo idus martii » le Pape Clément VIT s’empresse de confirmer les privilèges accordés aux membres de la Confrérie de Saint-René et de les amplifier encore considérablement. Il les étend à tous les confrères demeurant hors du diocèse d'Angers. Outre lesdits 40 jours d’indulgence, Notre Saint Père le Pape « concède 25 ans et 25 quarantaines de pardon, tous les ans, à perpétuité, à ceulx et à celles qui sont et seront de ladite confrérie, et qui, chascun an, la continueront et élargiront de leurs biens. Il donne et concède à tous chrétiens, à perpétuité, non seulement aux frères et sœurs, mais à tous aultres de qq côté ou diocèse qu’ils soient, vrays confessés et repentants, ou ayant propos de se confesser, et qui lad. église d’Angiers et 7 autels à ce deputez « par l’Évêque, le Doyen et le Chapitre » visiteront depuis les premières vêpres du dimanche de la Passion jusqu'aux deuxièmes vêpres du jour de Quasimodo, et, devant chacun des 7 autels à genoux disant dévotement 3 fois Pater noster et 3 fois Ave Maria. Et donneront de leurs biens pour l’entretenement de ladite église toutes et chacunes les indulgences et remissions de péchés que l’on gagnerait si l’on visitait les sept églises principales et autres églises de Rome, et hors Rome, au temps du caresne et aultre temps et jour de l’an deputez pour gagner les stations et indulgences. — Et le jour de la feste Monsieur S' René, qui est le jour d’après la feste S' Martin d’iver, en disant aux sept autels Pater noster et Ave Maria, comme dit est, et donneront de ses biens en ladite église y a pareilles indulgences et pardon qui commencent aux premières Vespres et finissent aux dernières Vespres. — Item le S' Père voudrait que tous malades et vieilles gens, qui seront détenues d’empeschements légitimes ou aultre empeschement, en léguant et en envoyant de leurs biens pour l’entretenement de laditte fabrique de laditte église, gaignent tous lesdits pardons et indulgences. Et lesdites grâces sont étendues à tous dessusdits, encore à 12 festes, c’est assavoir le Vendredi Saint et les 4 festes principales de N. Dame, les fêtes du Sacre, de S. Séréné qui est le XXI juillet, de S. René, de S. André, de S. Jean qui est le deuxième jour après Noël, et le mardi d’après la Penthecoste, 100 ans et 100 quarantaines de pardon qui est à chacune desdites festes, plus de 4000 jours. »
Dans une autre Bulle, postérieure aux dommages causés par le feu à la cathédrale, au mois d'octobre 1532, Clément VII ajoute de nouvelles grâces à tous les confrères de la confrérie de Saint-René, « qui ne pouvant venir à la cathédrale, diront dans les conditions voulues les Pater noster et Ave devant trois autels de leur église paroissiale, et aussi à tous vrais catholiques de qq Royaume, pays ou diocèse qu ils soient, vrays pénitents et confès de leurs péchés, ou qui auraient intention de se confesser en temps ordonné, qui, le jour de la consécration du corps de N. S., dit le Sacre, visiteront ladite église d’Angers et v départiront et donneront de leurs biens pour la réparation d’icelle. Et ce pourra gaisner iceluy pardon de plaine rémission depuis le commencement des 1* vespres qui se disent en la vigille de ladite feste et jusque au soleil enclos dudit jour du Sacre. Et cela par chascune feste du Sacre jusqu’à $ ans prochains venans. » Faculté aussi était donnée « de commuer tous vœux au profit de ladite Fabrique de S* Maurice. »
Et les Bulles pontificales, d’après des ordres donnés par Mgr d’Angers aux curés et
vicaires du diocèse, devaient être publiées aux messes des dimanches précédant « chascun ; jour qui gaigne lesdites indulgences. » Les originales, écrites sur parchemin, se mettaient auxdites fêtes des pardons devant l’autel de Saint-Luc, « sur un tapis de velours vert (*). » — Celle de Léon X, conservée au Musée Saint-Jean, écrite en belles lettres gothiques, porte les armes de France sommées de la couronne fermée et supportées par deux anges, celles du Chapitre, et celles du Pape avec les clefs et la tiare.
Tant et tant de si précieuses prérogatives devaient valoir à la Confrérie de Saint-René de nombreux associés. Il est difficile de dire combien ils furent aux diverses époques de ; son Histoire. En 1513, l’année de la Bulle de Léon X, ils étaient sept mille, parmi lesquels on comptait le roi Louis XII, François de Rohan, archevêque de Lyon, évêque : d’Angers, tous les dignités et chanoines du Chapitre de Saint-Maurice, des fidèles de toute condition, et leur chiffre ne fit que grandir avec le temps, comme le montrent les | Registres de la Confrérie. |
De tout côté on se recommande à saint René. Le 27 avril 1515, les habitants de la. paroisse de la Chapelle d’Augeron, au diocèse de Bourges, ayant eu à souffrir de la peste, firent de grandes promesses à saint René et envoyèrent à son autel, en notre cathédrale, « un vœu de bougies de cire dont ils avaient entouré leur église, et de l’argent pour y faire célébrer des messes, ce qui ayant été exécuté, la peste cessa aussitôt (*). » — En 1506, Louis XII et Anne de Bretagne viennent à Angers, le 18 août, pour l’accomplissement d’un vœu, dans notre cathédrale, devant l’autel du Saint. — Le 31 mars 1510, de nouveau la reine Anne vient en notre église faire un voyage à saint René. — Le 8 janvier 1582, Henri III, qui a demandé que l’on fit dans toute la France des prières et des processions « ad obtinendum regine Blanche fæœcunditatem, » écrit à Guillaume Ruzé la lettre suivante :
« M. l'Evêque, je désire assister de tout mon cœur la sainte et particulière dévotion : que la reine, ma compagne, démonstre avoir à S. René pour obtenir de Nostre Seigneur la lignée, qu’elle et moy, avec tous nos bons et loyaux sujets supplions à sa divine Majesté nous accorder au bien et repos de nostre royaume, et notre particulière consolation. | A l’occasion de quoy, je vous prie grandement, qu’outre les processions et prières que j’ay ordonnées estre faites généralement par tous les diocèses de mon dit Royaume, vous faciez faire une neuvaine solennelle en vostre église cathédrale et dire une messe, laquelle j’ay entendu avoir été instituée pour pareil effet dès le temps de la reyne Anne, ma bisaveule. A cette fin vous la ferez réimprimer, d’autant qu’elle est à Angers, en un vieil Missel desjà fort ancien, et me la renvoyerez pour la faire dire et célébrer en d’autres églises, selon ma dévotion et celle de madite compagne la Reine. Je vous prie d’y user de soin et diligence et me ferez un singulier service de m’en donner au plustôt advis. Nostre Seigneur vous ait en sa garde. À Paris, ce huictième jour de janvier 1582. » — | « Signé Henrv. et plus bas Neufville. »
De suite on fit faire à l’autel Saint-René la neuvaine demandée par le Roi, solemnissino | ritu, et le Chapitre fit imprimer le texte de la messe demandée dont il envoya les exemplaires à Henri III (*). |
La confrérie de Saint-René continua de se développer pendant le XVII siècle. Alors, la fête du Saint était de cinq chapes. On y sonnait le gros Guillaume, puis, à partir de 1703, /nnocente, pour annoncer les premières vêpres, et, À la fin du chant du dernier