‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 142 sur 212 · LES FÊTES ÉPISCOPALES · texte numérisé non relu

LES FÊTES ÉPISCOPALES

La Veille. — La veille de chacune des fêtes épiscopales, les cloches de la cathédrale sonnaïient une heure durant avant les premières vêpres : « le petit signe un quart d’heure seul, puis Guillaume à branle pendant un demi quart d’heure, les deux dindelles jusqu’à la demie ; les deux ordinaires un demi quart d’heure, aux trois quarts Innocent et Marie, et pour le dernier son toutes les cloches ensemble. — Alors les dignités, les chanoines, les maires-chapelains, les corbelliers, les enfants et les hommes de la Psallette, tous en leurs costumes de cérémonie, se rendaient au chœur et attendaient à leur place; le maître chantre tenant son bâton (*), assisté de ses ailes, était au pupitre. — Quand l’Évêque, accompagné

1. Il ÿ avait autrefois deux bâtons de chantre. On lit dans une Conclusion du 30 octobre 1438 : « Le chantre aux fêtes à cinq chapes moins solennelles portera le petit bâton d'argent et aux plus belles le bâlon doré. » — Lehoreau, Cérém., t. I, p. 2.

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de ses aumôniers, était arrivé et avait pris place à son siège, l'office commençait. — Après le chant du 5° psaume, l’Évêque chantait le capitule, et l'orgue commençait l’hymne qui continuait en musique. Alors le Chantre venait porter l’antienne du Magnificat. L’Évêque l’entonnait debout, la crosse à la main. Pendant le A/agnificat, les deux plus anciennes dignités, précédées des deux grands bedeaux, sortaient du Chœur, allaient se chaper à l’autel, et, après avoir reçu des enfants de chœur chacun un encensoir, ils l’encensaient chacun de leur côté, puis le baisaient, à moins que le Saint-Sacrement ne fût exposé. Ils se séparaient ensuite, et allaient, chacun de son côté, encenser les autels de la Chapelle des Chevaliers et de celle des Évêques. S’il y avait des reliques exposées sur les autels, ils les encensaient. — De retour au Chœur, les Dignités encensaient l’autel de Saint-René, la châsse de Saint-Maurille au milieu du Chœur, puis, après avoir fait renouveler l’encens par les deux enfants de chœur, ils venaient encenser l’Évêque debout, crossé et mitré, puis le chantre accompagné de ses quatre ailes. Cela fait, se séparant de nouveau, les deux dignités allaient encenser les autres dignités à leurs stalles, le lieutenant du Roi, gouverneur du château, s’il était là. Et alors ils retournaient au bas de l'autel pour se déchaper, et ils revenaient à leur place. — Pendant le chant du MWagnificat. au milieu des encensements, le petit diacre, l’ostenseur, ostensior lectionum, annonçait pour les Matines la 9° antienne à l’Évêque ; la 8° au grand archidiacre ; au trésorier, la 7°: à l’archidiacre d’Outre-Loire, la 6° : à l’archidiacre d'Outre-Maine, la 5°; au maître-école, la 4° ; aux plus anciens chanoines, la 3°: Ja 2° et la 1. — Le Pénitencier et le chanoine qui assistaient l’Évêque n'avaient rien à faire à loffice. — Après l’oraison qui suivait le WMagnificat, le Grand Chantre chantait les mémoires, s’il y en avait, puis l’Évêque et le Chapitre sortaient du chœur dans la nef pour l’antienne de la Station qui se chantait devant le grand Christ du Jubé. Alors, au son des orgues, défilaient deux grands acolytes, deux dignités (qui encensaient les autels de saint Louis et de saint Nicolas, puis ceux de la nef,) le chantre et ses quatre aïles, les chapelains non prêtres, les officiers non prêtres, les officiers de l’autel, les deux maires-chapelains hors d'office, les corbelliers, les chanoines, les dignités marchant deux par deux. le doyen seul, deux acolytes, enfin l'Évêque accompagné de ses deux assistants, suivi de ses quatre aumôniers et de quatre appariteurs. Deux lignes parallèles. marquées sur le dallage de la cathédrale, indiquaient à chacun sa place et indiquaient les distances des deux rangs qui se faisaient face. Quand tout le Chœur était en station, l’orgue cessait de jouer, et la musique chantait l’antienne. Après la reprise, l’Évêaue chantait le verset et l’oraison, et l’on revenait au Chœur. L’Évêque donnait sa bénédiction. et, pendant que le Grand Chantre et ses quatre ailes rentraient à la sacristie, par l’une des petites portes du Chœur, accompagné des chanoines jusqu’au grand decré, il regagnait l’Évêché.

De retour au Chœur, les chanoines chantaient les complies. Un enfant de chœur disait le Jube D* bencdicere. Le Corbellier d’office débitait le Noctem quietam, et les chanoines, appuyés à leurs miséricordes. répondaient gravement Amen. L'enfant de chœur disait la lecon Sobrä estote, le Corbellier chantait, en se signant, Adjwlorium. Pendant que le Corbellier et les chanoines disaient à voix basse le Pater noster, tous les enfants de chœur, à genoux devant lui, récitaient le Confiteor. Le Corbellier prononçait le Misereatur et chantait le Converte nos. Alors, le célébrant faisant le signe de la croix, entonnaïit le Deus in adjutorium. L'office continuait, et, quand il était fini, les enfants par la porte du bas de la nef rentraient à la Psallette et les Chanoines en leur logis.

À l'heure fixée par le règlement de la fête, l’évêque. les chanoines, les autres bénéficiers se retrouvaient à l’église pour les Matines. Après on sonnait le couvre-feu, en tintant neuf coups de la grande ordinaire, et chacun allait se reposer.

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