UNE DES TORCHES DE LA PROCESSION DU SACRE
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Œbapitre i. — Les fêtes d'obligation en l'Eglise D'Angers. 181
Le jour de la Fête, après le son de Tierce, les dignités, les chanoines, les curés-cardinaux de Saint-Pierre, de Saint-Maurille, de Saint-Maimbœuf ou de Saint-Denis, de Saint-Martin, de Saint-Michel de la Palud, de Sainte-Croix, de Saint-Évrould, de | lP'Esvière, de Saint-Laud, de Saint-Samson, de Saint-Michel du Tertre, tous revêtus de chapes de soie, les diacres et les sous-diacres en aubes et dalmatiques, s’en allaient chercher l’Évêque x capella curata, à la chapelle paroissiale, où il attendait avec ses appariteurs et ses aumôniers, mais seulement trois fois l’an, aux grandes fêtes de Noël, de Pâques et à la Saint-Maurice. Quand il était prêt, deux enfants de chœur en aubes, avec des cierges allumés, venaient devant le prélat entonner le Salve festa dies, que l’on continuait en marchant ; la procession s’arrêtait dans l’église quand le chœur reprenait l’antienne.
L’'Évêque était précédé de ses quatre appariteurs en habit noir, marchant deux à deux, portant sur le bras un bâton de trois pieds de long couvert de velours noir et orné des armes épiscopales, de ses quatre aumôniers, marchant eux aussi deux à deux, le porte mitre, le porte crosse, ceux qui avaient le livre et le bougeoir. Avant Michel Le Pelletier, les appariteurs portaient une simple baguette de baleine au bout de laquelle était une petite plaque d’argent. — Le prévôt d'Angers et ses sergents, en gants blancs et portant leurs bâtons, étaient tenus de faire écarter la foule de la chapelle paroissiale à la porte du chœur « et de choro per claustrum et per ecclesiam. » — Le Lieutenant de police, à la porte du Chœur, où il n’avait pas le droit d’entrer, donnait à l’évêque « chirotecas honestas secundum tempus, » une paire de gants de la couleur du jour, et, cela fait, il se retirait.
La messe se déroulait avec toute la solennité de la Liturgie, l’évêque officiant au milieu des grands diacres et sous-diacres, des petits diacres et sous-diacres, entouré des dignités, des chanoines, des curés-cardinaux de la ville et de tous les officiers du Chœur. Une gravure superbe, qui représente une grand’messe, célébrée par l’archevêque de Paris à Notre-Dame au XVII° siècle, peut nous donner l’idée de la somptuosité du même office à Saint-Maurice, à la veille de la Révolution. Nous la reproduisons en ce volume. C’est un document du plus haut intérêt.
Après la grand’messe on sonnait le Pardon de midy, comme on appelait l’Angelus, rendu obligatoire dans toutes les églises de France par ordonnance du roi Louis XI ('). Au repas du fêtage, que l’Évêque devait aux chanoines et à tous les officiers du Chœur les jours où il célébrait ix pontificalibus, le lieutenant de police assistait avec ses sergents.
Dans la soirée, les secondes vêpres de la fête épiscopale et les Complies se chantaient avec la même majesté et le même luxe d’encensements que la veille. ;
Le jour de Pâques, chanoines, curés-cardinaux, corbelliers, maires-chapelains, chapelains, enfants de chœur et de la Psallette devaient se trouver au Chœur avant la fin de Tierce et de Vêpres. À l’heure voulue, ils allaient au Palais chercher l’Évêque qui attendait dans la grande salle, assis, mitre en tête, la crosse au poing. Au départ, les enfants entonnaient le Salve festa dies, et la procession descendait le grand degré en chantant, traversant la foule des fidèles, faisant les pauses voulues, et menant l’Évêque au Chœur. Quand il était assis À son trône, on répétait encore le Salve festa dies, et l'office de Tierce, la Messe, les Vêpres et les Complies étaient chantés, comme on faisait aux autres jours de fête où l’Évêque célébrait ir pontificalibus (*).
1 Archives du Chap. Conclus., 17 mai 1472.